Marc-André Barriault estime avoir fait bonne impression auprès de ses nouveaux patrons malgré ce revers contre Andrew Sanchez alors qu’il se voyait à quelques secondes de la victoire.

Barriault a manqué de temps lors de son premier combat dans l'UFC

Marc-André Barriault s’avérait le héros local dont la foule scandait le nom durant son premier combat dans l’UFC, samedi soir, au centre Canadian Tire. C’est toutefois son adversaire qui est sorti victorieux de l’octogone sous les huées.

Andrew Sanchez a joué les vilains en gagnant cet affrontement chez les poids moyens par décision unanime des juges (29-28, 29-28 et 29-28). 

Un résultat qui a choqué une bonne partie des 10 960 amateurs sur place.

Un verdict auquel Barriault, qui a grandi à Gatineau, ne s’attendait pas non plus. La réaction sur son visage quand le maître de cérémonie Bruce Buffer a annoncé le pointage en disait long.

« C’est surtout frustrant », a-t-il soutenu après ce revers.

Ce dernier a dominé le second round après avoir perdu le premier durant lequel il était surtout immobilisé au sol par Sanchez. 

Il avait notamment asséné plusieurs coups au visage de son adversaire, dont quatre crochets et deux solides combinaisons gauche-droite.

La cloche est toutefois venue sauver Sanchez, qui titubait.

« La seule chose qui m’a surpris, c’est qu’il a résisté aux coups parce que je l’ai atteint solidement. »

Sanchez s’est accroché à lui au troisième et dernier round, l’amenant au sol. Ce qui a joué en faveur de l’ancien lutteur.

Une tactique qui a frustré Barriault. « Je lui ai presque dit dans l’oreille de se décoller et on va se battre. Mais ce n’est pas ça qu’il voulait faire », a-t-il relaté.

« J’ai juste manqué de temps. J’ai le sentiment que ça passait juste à un coup. »

Son vis-à-vis, lui, l’a avoué. Il a eu peur d’échapper ce combat au second round.

« Geez, ma tête bougeait comme une poupée bobblehead. Il m’a ébranlé », a soutenu Andrew Sanchez.

« J’étais fatigué mentalement et je commençais à me poser des questions... »

Le vainqueur s’est pointé devant la presse le visage amoché. Il disait avoir « vécu l’enfer ».

Et les huées dans tout ça ?

« La foule aurait pu même me lancer des jurons. Ça ne change rien. Je suis juste heureux d’avoir gagné. »

Parlons de cet appui indéfectible de la foule. Cela a ému Marc-André Barriault, qui s’est pointé vers l’octogone sous la musique « Kill Your Conscience » du groupe Shindown.

On l’a vu saluer les spectateurs, surtout ceux situés dans les sections 102 et 103 où se trouvaient plusieurs amis et parents.

« C’était incroyable », a-t-il précisé.

Cette défaite met fin à sa série de huit victoires de suite chez les pros. Il était double champion chez TKO avant de faire le saut dans l’UFC.

Que se passera-t-il maintenant dans son cas ?

« PowerBar » est sous contrat pour trois autres combats au sein de la puissante organisation d’arts martiaux mixtes. Est-ce qu’il voudra prendre plusieurs mois avant de renouer avec l’action ?

« Oh que non. Je veux me battre le plus rapidement possible. »

Barriault estime avoir fait bonne impression auprès de ses nouveaux patrons malgré ce revers. « Ils ont pu voir quel genre de gars que je suis », a-t-il dit.

Des adversaires potentiels ont sûrement aussi pris des notes.

« C’est sûr qu’ils vont tous vouloir se coller. Ils vont tous avoir peur de ce qui a failli arriver ce soir », a-t-il affirmé.

« Je suis fier de moi. Je n’ai qu’à continuer à travailler sur un peu tout. J’ai montré que lorsque je touche un adversaire, je peux être très dangereux. »

Ce dernier a marqué de précieux points chez les médias qui ont couvert le gala. Rares sont les athlètes dans ce domaine qui acceptent de participer à une mêlée de presse après une défaite.

« Je le fais parce que je suis un gars généreux et j’ai besoin également de pratiquer mon anglais, a expliqué Barriault en riant. J’ai aimé ma semaine ici. Je crois que vous allez aimer ma personnalité. »

+

L'UFC EN BREF

Pitbull castré et visage ensanglanté

Du sang, un cowboy, un bébé et de la musique classique. Il y a eu un peu de tout durant cette soirée d’arts martiaux mixtes. 

Où commencer ? Par la victoire de Donald « Cowboy » Cerrone en finale du gala Fight Night. 

Une image a résumé la domination du combattant âgé de 36 ans. Pendant que Cerrone célébrait en tenant d’une main son fils Danger et de l’autre une boisson énergisante, son adversaire Al Iaquinta était assis dans l’octogone le visage ensanglanté. Tout ça, le résultat de nombreux coups de poing et coups de pied encaissé durant l’affrontement entre deux des meilleurs poids légers de l’UFC. 

« Je fais ça pour toutes les vieilles personnes comme moi. Ça donne de l’espoir », a lancé Cerrone, qui espère se battre maintenant pour le titre de la division. 

Plus tôt durant le gala, il y a eu cette victoire du poids lourd canadien Arjan Singh Bhullar, qui a aussi offert une des meilleures déclarations. 

« Il y a un pitbull que j’aimerais castrer », a-t-il lancé, défiant l’ancien champion, le Biélorusse Andrei « The Pitbull » Arlovski, à un futur combat. 

Quant à la combattante de La Louisiane, Macy Chiasson, elle a offert l’entrée la plus remarquée, se pointant dans la cage sous les airs d’une des symphonies de Beethoven.

***

L’UFC tient au marché d’Ottawa

L’UFC compte revenir à Ottawa. « Plus tôt que tard », a précisé un de ses dirigeants. Pas question d’attendre trois autres années pour présenter un autre gala. 

C’était le message du vice-président des affaires internationales, David Shaw. 

Une première soirée avait eu lieu en juin 2016 à l’aréna de la Place TD. Cette fois-ci, l’organisation avait opté pour le centre Canadian Tire. 

« Nous sommes satisfaits de notre semaine ici », a répété Shaw. 

L’UFC va tenir deux autres galas en sol canadien d’ici la fin de l’année 2019, a-t-on appris. Probablement en été à Vancouver. Puis à l’automne. Est-ce que ce sera à Montréal ? 

Ça fait un bout de temps qu’il n’y a pas eu de gala dans la métropole québécoise. Depuis le 25 avril 2015 au centre Bell. 

« Nous voulons être dans le plus grand nombre de villes possibles à travers le Canada », a rappelé David Shaw.

Puis l’UFC poursuit son expansion internationale. Elle va ouvrir son peu un centre de haute performance à Shanghai afin d’attaquer le marché asiatique. « Et nous avons présenté deux galas en l’espace de sept mois en Russie. »