Lépine, celui qui est surnommé CarGo est passé d’une centaine de bâtons brisés par année à environ trois depuis qu’il utilise B45. Ce serait l’une des plus importantes diminutions des majeures à ce niveau.

B45: dans le top 10 des majeures

Profitant de l’engouement pour les bâtons de baseball en bouleau jaune, l’entreprise B45 vient tout juste de percer le top-10 des fournisseurs des ligues majeures en terme d’unités vendues. L’entreprise de Québec, dont l’ex-lanceur des majeures Éric Gagné et le voltigeur des Indians de Cleveland Carlos Gonzalez font partie des actionnaires, est passée cette année du onzième au huitième rang.

«Le classement de 5 à 10 est assez serré, mais il y a quand même de gros joueurs. Et ceux qui sont en tête, les Marucci Sports, Louisville et Old Hickory, seront assez durs à dépasser», explique Marc-Antoine Gariépy, directeur du développement des affaires et du marketing chez B45, au sujet des plus importants fournisseurs des majeures. L’entreprise a appris son classement lors des dernières assises d’hiver du baseball majeur.

«L’attrait pour le bouleau jaune est certainement pour quelque chose dans cette progression. Quand nous avons commencé, nous étions les seuls à fabriquer des bâtons en bouleau jaune. Maintenant, plusieurs autres compagnies en font. Cette essence de bois est même passée du troisième au deuxième rang parmi les essences les plus populaires, devant le frêne et derrière l’érable qui représente 78 % des bâtons des majeures», poursuit M. Gariépy. 

Production

L’agrile du frêne, qui fait trembler plusieurs municipalités du Québec et d’ailleurs dans le monde, pourrait aussi avoir indirectement donné un coup de pouce à B45, selon Olivier Lépine, directeur de la production. «À cause de l’agrile du frêne, beaucoup de frênes ont été coupés ces dernières années, ce qui a mis beaucoup de bois sur le marché. Les cargaisons sont cependant en train de s’épuiser. Je ne serais pas surpris qu’éventuellement, le bouleau jaune représente près de 30 % des bâtons des majeures alors que l’érable chuterait à 70 %.

L’usine de la rue Léon-Harmel fabrique près de 20 000 bâtons par année, soit à peu près les deux tiers de sa capacité selon Olivier Lépine. «Nous sommes un des rares fournisseurs qui puisse fournir des bâtons de bouleau jaune en grande quantité. Plusieurs compagnies font des bâtons de bouleau jaune, mais la plupart ont des problèmes d’approvisionnement. Nous avons la chance d’avoir de bons fournisseurs», explique l’ancien receveur des Capitales de Québec.

L’une des forces des bâtons de bouleau jaune est qu’ils se brisent beaucoup moins. Le fait que les ligues majeures de baseball aient mis certaines restrictions sur les bâtons en érable aurait stimulé les ventes d’entreprises qui misent sur d’autres essences comme B45. «Les jeunes joueurs qui n’ont pas joué dans les majeures avant 2011 n’ont pas accès à la clause grand-père qui permet encore aux plus âgés d’utiliser jusqu’à la fin de leur carrière des bâtons d’érable de basse densité, réputés pour briser plus facilement, alors ils n’ont pas le choix de se tourner vers d’autres essences», indique Marc-Antoine Gariépy.

Clientèle

Ces restrictions ont atteint leur objectif puisque l’on compte de moins en moins de bâtons brisés dans la plus puissante organisation de baseball au monde. La popularité du bouleau jaune n’est pas étrangère à cette statistique et B45, qui compte près de 25 clients réguliers dans les ligues majeures et entre 300 et 400 clients dans les ligues mineures, profite de cet attrait.

«Parmi ses caractéristiques intéressantes, le bouleau jaune a une meilleure durabilité. Ce n’est cependant pas le facteur numéro un pour les joueurs des majeures, qui ne paient pas leurs bâtons. C’est au niveau de la performance que ça devient intéressant : plus tu frappes avec un bâton de bouleau jaune, plus il va devenir solide, une dureté qui va s’apparenter à celle de l’érable», indique M. Gariépy.

Parmi les joueurs des majeures qui ont adopté B45, on compte bien sûr Carlos Gonzalez, le receveur des Angels d’Anaheim Jonathan Lucroy, qui frappe avec les bâtons fabriqués à Québec depuis 2010, Eduardo Escobar des Diamondbacks de l’Arizona, Ender Inciarte des Braves d’Atlanta et Mallex Smith des Mariners de Seattle. 

Au total, ce sont 75 joueurs ayant disputé au moins un match dans les majeures qui ont commandé des B45, notamment Robinson Cano, Chris Davis et Manny Machado. Même Ronald Acuña Jr., recrue de l’année dans la Ligue nationale, en a commandé quelques-uns puisque son contrat avec la compagnie Louisville lui permet d’utiliser aussi d’autres bâtons.

Parmi les joueurs des majeures qui ont adopté B45, on compte le frappeur de puissance Carlos Gonzalez, le receveur des Angels d’Anaheim Jonathan Lucroy, qui frappe avec les bâtons fabriqués à Québec depuis 2010, Eduardo Escobar des Diamondbacks de l’Arizona, Ender Inciarte des Braves d’Atlanta et Mallex Smith des Mariners de Seattle. Au total, ce sont 75 joueurs ayant disputé au moins un match dans les majeures qui ont commandé des B45.

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UN ACTIONNAIRE «MAJEUR»

Comme le défunt homme d’affaires Victor Kiam, qui avait tellement aimé les rasoirs Remington qu’il avait acheté la compagnie, le voltigeur Carlos Gonzalez, qui compte 231 coups de circuit à son actif dans les majeures, a tellement aimé les bâtons B45 qu’il est devenu actionnaire de la compagnie québécoise!

«C’est par son ancien coéquipier chez les Rockies du Colorado, le receveur Wilin Rosario [qui évolue maintenant au Japon], que Carlos a connu les bâtons B45», explique Olivier Lépine, directeur de la production. «Il a décidé d’essayer un des bâtons de Rosario et il a frappé trois doubles, alors il l’a gardé et est devenu l’un de nos clients!», poursuit-il à propos du voltigeur qui a signé un contrat avec les Indians de Cleveland. 

Le passage de l’érable au bouleau jaune a aussi fait chuter de façon dramatique le nombre de bâtons que le cogneur vénézuélien fracassait chaque année. Selon Olivier Lépine, celui qui est surnommé CarGo est passé d’une centaine de bâtons brisés par année à environ trois depuis qu’il utilise B45. Ce serait l’une des plus importantes diminutions des majeures à ce niveau.

Comme Éric Gagné, devenu propriétaire de B45 avec d’autres actionnaires québécois en 2015, a le même agent que Gonzalez, l’ex-releveur et le frappeur de puissance se sont rencontrés autour d’un déjeuner il y a un an et demi. «Carlos lui a dit qu’il voulait faire partie de notre compagnie et c’est comme ça qu’il s’est joint à nous», résume le directeur de la production de B45. Ian Bussières

L’une des forces des bâtons de bouleau jaune est qu’ils se brisent beaucoup moins.

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DEMAIN, LE MONDE

De plus en plus reconnu à travers le baseball professionnel, B45 part maintenant à la conquête du monde, où l’entreprise a détecté plusieurs territoires où ses bâtons de bouleau jaune pourraient trouver un marché potentiel.

«Le but est d’augmenter le volume de production et de produire le plus possible. Notre usine a la capacité de produire 30 000 bâtons par année», indique Olivier Lépine. Celui-ci indique qu’il aimerait beaucoup aller chercher des parts de marché du côté de l’Ontario, la province voisine où les B45 pourraient être plus présents.

Marc-Antoine Gariépy, directeur du développement des affaires, voit encore plus grand, mentionnant les marchés des États-Unis et de l’Europe. «Oui, nous avons une grosse visée sur le marché américain, qui a tellement de potentiel et que nous n’exploitons présentement pas beaucoup en dehors du baseball professionnel. Justement, après avoir mis beaucoup d’emphase sur le marché pro, on veut profiter de notre essor dans le baseball majeur pour percer d’autres marchés.»

Le marché européen représente aussi un potentiel intéressant puisque les fabricants de bâtons américains sont moins portés à aller sur le vieux continent. «Il se joue du baseball en Europe, et pas seulement aux Pays-Bas et en Italie, des pays qui ont une tradition dans ce sport depuis plusieurs décennies, mais de plus en plus en France et en Allemagne, où le succès du Berlinois Max Kepler avec les Twins du Minnesota a stimulé l’intérêt pour le baseball», explique Marc-Antoine Gariépy.

Même les pays de l’Est, plus connus pour leur excellence au hockey, au soccer et au basketball, commencent à prendre le virage baseball. «La République tchèque a investi dans des programmes de baseball et on joue aussi au baseball en Serbie», indique M. Gariépy. D’ailleurs, B45 a déjà un ambassadeur de choix du côté de la République tchèque puisque le receveur Martin Cervenka, natif de Prague et dans l’organisation des Orioles de Baltimore, a déjà adopté les bâtons fabriqués à Québec. Ian Bussières