Après avoir connu la saison la plus satisfaisante de sa carrière en 2019, le Gatinois Phillippe Aumont espère qu’il pourra à nouveau goûter aux Ligues majeures en 2020.

Aumont débute sa nouvelle aventure

Le temps presse pour Phillippe Aumont ces jours-ci.

À quelques jours de son départ pour le camp d’entraînement des Blue Jays de Toronto à Dunedin en Floride, il multiplie les visites dans les lieux rustiques de l’Outaouais afin de préparer un mariage qu’il aimerait célébrer en novembre 2020 avec Frédérique Déry, la femme derrière son bonheur retrouvé.

« On veut faire quelque chose de bien et nous réalisons déjà que le temps va jouer contre nous ! », a-t-il expliqué au Droit après un passage à Montebello vendredi.

La semaine prochaine, le Gatinois qui vient d’avoir 31 ans va mettre le cap sur la Floride et prendre part à son 12e camp des Ligues majeures en carrière. Après une saison 2019 où il a été dominant avec les Champions d’Ottawa et avec l’équipe nationale canadienne, il a signé un contrat des Ligues mineures avec les Blue Jays de Toronto en décembre.

Plus mature, plus confiant et dans un meilleur état d’esprit, le droitier de 6’7’’ va se rapporter au camp des lanceurs avec l’intention d’être encore avec le grand club pour ses deux derniers matches préparatoires contre les Yankees de New York au Stade olympique de Montréal les 23 et 24 mars prochains.

« Je ne veux pas m’imposer de pression ou me créer des attentes. Je vais prendre ça relaxe. Il arrivera ce qu’il arrivera. Je vais me présenter en confiance, mais avec humilité. Frédérique et Gabrielle (sa fille née l’été dernier) seront avec moi. Nous sommes tissés serré. C’est sûr que si je pouvais lancer au Stade olympique, ça deviendrait un moment fort de ma carrière. J’aimerais bien expliquer les sensations que ça pourrait me procurer, mais c’est dur à dire tant que je ne l’aurai pas vécu. »

Physiquement, Aumont se dit dans une forme splendide.

« Je peux faire des rénovations, jouer deux matches de hockey par jour et aller au gymnase sans problème ! Plus que jamais, je pense être mieux outillé pour ce camp d’entraînement. J’ai amélioré mon approche au monticule. J’ai raffiné mes tirs. J’ai sacrifié de la vélocité pour aller chercher de la précision. Je ne vais pas réinventer la roue. J’arrive d’une grosse saison avec les Champions et avec l’équipe canadienne, mais je dois rester honnête avec moi-même. J’ai fait ça dans la Ligue Can-Am et sur la scène internationale. Le baseball majeur rassemble les meilleurs joueurs au monde et j’ai encore des devoirs à faire pour me rendre là. »

Lanceur partant

Phillippe Aumont ne fait pas partie de la liste des 40 joueurs actifs des Blue Jays. Pour y arriver, il devra déloger quelqu’un, de préférence, un lanceur partant. Il a confiance en son étoffe et quand on lui demande ce qui pourrait bien l’arrêter, il trouve une seule réponse. « Les blessures. Elles peuvent tout changer. »

Son bras droit a été en santé pendant toute la saison 2019 où il a été le lanceur par excellence de la Ligue Can-Am avec une fiche de huit victoires, quatre défaites et sa moyenne de 2,65 points mérités par match. Il a retiré 145 frappeurs sur des prises en 118 manches. Il n’a alloué que 23 passes gratuites. Sur la scène internationale, il vient d’être choisi le joueur le plus utile du Canada en 2019. Il a blanchi ses adversaires pendant 24 manches où il n’a accordé que sept coups sûrs aux Jeux panaméricains au Pérou (médaille d’argent) ainsi qu’au Premier 12 en Asie.

Aumont a loué son nid familial à Dunedin jusqu’au 22 mars. Après, il va refaire ses valises sans savoir où il va aboutir. D’ici là, il a hâte de côtoyer les nouvelles vedettes des Jays : Vladimir Guerrero Jr., Cavan Biggio et Bo Bichette.

« Je vais me payer la traite pendant les BP (pratique au bâton) et aller me placer de l’autre côté de la clôture pour voir où les balles vont tomber ! Je serai aussi excité que les partisans. »

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LARRY WALKER, WILMER FONT ET... DAZZY VANCE DANS LA TÊTE

L’Asie fait encore partie de ses plans de carrière, mais pour l’instant, Phillippe Aumont veut se permettre de rêver à percer les Ligues majeures en permanence.

Chez les Blue Jays de Toronto, il n’aura pas à chercher bien loin pour trouver un modèle d’inspiration. Lui aussi un ancien des Champions d’Ottawa, Wilmer Font fait partie du personnel des lanceurs des Jays. Il a 30 ans.

À 31 ans, Phillippe Aumont affirme qu’il peut s’identifier à l’histoire de Wilmer Font, mais indirectement, il raconte que l’intronisation de Larry Walker au Temple de la renommée du baseball cette semaine a touché une autre corde sensible chez lui.

« J’ai côtoyé Larry à plusieurs reprises avec l’équipe canadienne dans les cinq dernières années. Quand tu connais personnellement quelqu’un qui est admis dans la fraternité du baseball pour l’éternité, ça t’amène à vérifier certaines choses de plus près. »

Larry Walker, dans l'uniforme des Rockies du Colorado

Quand Larry Walker est devenu le deuxième Canadien de l’histoire à faire son entrée à Cooperstown, la curiosité d’Aumont a été piquée. Par pur plaisir, il s’est mis à feuilleter les profils des autres immortels. Quand il est tombé sur celui du lanceur Dazzy Vance, son corps a été envahi par les frissons.

« Ce lanceur-là avait été ralenti par les blessures et il avait 31 ans quand il a enfin trouvé sa niche dans le baseball majeur. Quand il s’est enfin établi, il a connu sept saisons consécutives où il a mené la Ligue nationale pour les retraits au bâton. Il est devenu le king des strike outs de 31 ans à 38 ans. C’est mon âge ça ! Bon, les temps ont changé. Il a accédé aux Ligues majeures en 1924, mais c’est une histoire vraie. C’est donc encore possible et ça me motive encore plus ! »

Repêché en première ronde il y a une éternité (en 2007), Phillippe Aumont a vécu des hauts et des bas dans sa carrière. Il n’a pas lancé dans les Ligues majeures depuis 2015, mais à 31 ans, il ne s’est jamais aussi bien senti sur le plan physique et mental.

L’année 2019 a été la plus satisfaisante de sa carrière. Et si 2020 était l’année où tout rentrait en place pour qu’il atteigne son plein potentiel ?

« Ça serait un conte de fées, mais chaque année au baseball, il s’écrit de nouveaux contes de fées. »