Audrey Leduc (droite) s’entraîne présentement dans les Caraïbes où Athlétisme Canada cherche la combinaison parfaite en vue des prochains Jeux, cet été, à Tokyo.

Audrey Leduc se rapproche déjà des Jeux olympiques

Son mois de janvier, Audrey Leduc devait le passer à Québec à étudier la psychologie sur les bancs de l’université Laval. La sprinteuse se retrouve plutôt depuis une semaine dans les Caraïbes, loin du pelletage et des études.

L’équipe canadienne d’athlétisme l’a invitée à s’entraîner à la Grenade avec cinq autres femmes au sein de son relais 4 x 100 m.

« Ça tombe bien que je sois ici », lance en riant Leduc.

La Gatinoise de 20 ans était de bonne humeur. Elle est la plus jeune des six sprinteuses sur place depuis une semaine.

La plus connue est la championne canadienne et double olympienne, Crystal Emmanuel.


« C’est une expérience d’une vie, surtout que je ne m’attendais vraiment pas à avoir cette chance dès 2020 à Tokyo. »
Audrey Leduc

Ce camp d’entraînement se veut, en quelque sorte, une période d’essais. Athlétisme Canada cherche la combinaison parfaite en vue des prochains Jeux, cet été, à Tokyo.

« On cherche à voir si je peux faire l’affaire, si je peux me débrouiller à recevoir et donner un témoin. On veut voir entre quelles filles la chimie peut se créer. »

Si tout va bien, on la convoquera pour un autre camp, en mars, en Floride.

« C’est une expérience d’une vie, surtout que je ne m’attendais vraiment pas à avoir cette chance dès 2020 à Tokyo. J’essaie d’en profiter au maximum et de continuer à m’améliorer. »

Un produit du club d’athlétisme de Gatineau, Audrey Leduc a été championne canadienne junior au 100 m en 2018. L’an dernier, à ses débuts chez les seniors, elle a terminé septième de la finale nationale.

L’espoir de l’Outaouais se disait alors que les Jeux olympiques de 2024 représentaient un objectif réaliste. Mais ses performances ont capté l’attention. Elle a d’abord aidé le Canada à rafler l’argent au relais 4 x 100 m aux championnats des moins de 23 ans de la NACAC, au Mexique.

Ses coéquipières et elle ont battu le record canadien avec un chrono de 44,28 secondes.

« Mon nom s’est rendu jusqu’aux oreilles des gens de l’équipe nationale avec ce temps de 11,48 secondes aux championnats canadiens, c’est sûr. Ça m’a aidée à mettre mon nom dans le bassin olympique. J’ai progressé toute la saison. J’ai eu de bons commentaires. »

La saison 2020 devait être initialement une « année d’adaptation » dans sa carrière et sa vie personnelle.

Ce fut le grand déménagement l’automne dernier, partant de Gatineau à Québec afin de poursuivre ses études universitaires. Du même souffle, il y a eu le changement de club et d’entraîneur. Apprendre aussi à vivre loin du nid familial.

« Disons que ça vient de prendre une autre tournure. Ça pourrait être la plus grosse année de ma vie, surtout que tu ne sais pas ce qui pourrait se produire dans quatre ans », avoue Leduc.

Audrey Leduc devra continuer à courir plus vite et effectuer de bonnes remises pour convaincre Athlétisme Canada de la retenir au sein du relais olympique.

En Grenade, elle a pu faire la connaissance des autres sprinteuses. Du même coup, elle a aussi perfectionné son anglais rudimentaire, car tout se passe dans la langue de Shakespeare.

Lundi, Audrey Leduc a passé une partie de l’entraînement à remettre le témoin du relais à Emmanuel.

« On commence à voir ce qu’ils veulent, dit-elle des instructeurs de l’équipe canadienne. Au début, je pratiquais avec l’autre recrue. »

Il reste que le Canada doit assurer sa place en relais aux Jeux dans les prochains mois. Puis les sprinteuses qui voudront faire partie du voyage à Tokyo devront finir parmi les premières lors des championnats canadiens en juillet, à Montréal.

En attendant, Leduc va profiter du reste de la semaine en Grenade avant de revenir au Québec. « J’aurais pu rester jusqu’au 30 janvier, mais j’ai de l’école », rappelle-t-elle.