Le Gatinois Simon Fournier est le nouvel espoir régional sur la Coupe du monde de ski alpin.
Le Gatinois Simon Fournier est le nouvel espoir régional sur la Coupe du monde de ski alpin.

Au tour de Fournier de prendre la relève

Martin Comtois
Martin Comtois
Le Droit
Simon Fournier sait que tous les yeux de son patelin seront rivés sur lui cet hiver en Coupe du monde.

Le skieur alpin originaire du secteur Hull, à Gatineau, est maintenant le seul produit local chez les hommes sur le grand cirque blanc. Le vétéran Dustin Cook a pris sa retraite en mars dernier.

« Je ne suis pas inquiet pour Simon. Il possède des habiletés techniques intéressantes. Le potentiel est là », souligne Cook.

« C’est le fun de voir que la région demeure présente en Coupe du monde », ajoute-t-il.

Car Cook s’est déjà retrouvé dans les souliers de Fournier en 2013. Âgé de 24 ans à cette époque, il était seul à son tour après la retraite de trois skieurs locaux, Ryan Semple, Patrick Biggs et Jean-Philippe Roy.

« Tous des gars qui m’avaient inspiré », se rappelle Cook, dont le parcours a été suivi attentivement par... Fournier durant sa jeunesse.

Le cheminement des deux hommes vers l’équipe nationale se ressemble. Reste à voir si les résultats seront au rendez-vous.

Fournier en sera à son deuxième hiver à temps plein en Coupe du monde après une saison recrue difficile en 2019-2020. En huit slaloms, il n’a jamais réussi à se qualifier en vue de la deuxième manche.

« Je n’avais pas eu un bon été de préparation. Canada Alpin n’avait pas organisé de camp. J’étais donc parti avec l’équipe américaine en Nouvelle-Zélande où je n’avais que pratiqué le slalom géant. »

Le hic ? À la veille de la saison, les entraîneurs de l’équipe canadienne lui ont annoncé qu’il se taperait seulement les épreuves en slalom.

« Mais je n’en avais pas fait à l’entraînement. Puis la pression est embarquée. Ce fut très difficile. C’était négatif. »

Mais Fournier a tiré une leçon importante.

« J’ai 23 ans. Je dois prendre le contrôle de ma carrière, prendre mes propres décisions et non suivre aveuglément les directives de mes entraîneurs », dit-il.

On aura droit aussi à un athlète plus mature. Plus confiant aussi en piste.

« L’aspect mental est important à mes yeux. Je me suis raffiné de ce côté-là. »

Déjà, sa préparation est bien différente de la saison précédente. Simon Fournier a participé à deux camps d’entraînement en Suisse et en Autriche durant l’été.

Ses deux coéquipiers de l’équipe technique canadienne, Erik Read et Trevor Philp, ont décidé de rester en Europe. Ils ont participé au premier slalom géant de la saison à Sölden, en Autriche, le mois dernier.

« Moi, je suis revenu au Canada. Je suis dans l’ouest du pays avec l’équipe du Québec pour m’entraîner. »

À poursuivre sa préparation en vue de sa première course le 21 décembre à Alta Badia, en Italie. Il restera en Europe jusqu’au début de février avant de rentrer en Amérique du Nord pour disputer des épreuves du circuit Nor-Am.

« C’est sûr que toute la saison se veut un peu un pari avec tout ce qui se passe. Il y a tellement d’incertitudes. »

Il reste que l’enjeu s’avère important. Le processus de qualification olympique est enclenché.

« Et les Jeux de 2022 se trouvent parmi mes objectifs. Je me dis que je suis capable. Le potentiel est là. »

Simon Fournier devra terminer deux fois dans le top 30 dans les 14 prochains mois afin d’obtenir son billet olympique à Pékin.

Une cible réaliste pour lui qui avait terminé 24e au slalom des championnats du monde en février 2019, et 30e en slalom géant.

+ COOK NE REGRETTE PAS SON CHOIX

Huit mois plus tard, Dustin Cook ne regrette pas sa décision de mettre un terme à une carrière de dix ans en Coupe du monde.

L’ancien vice-champion du monde en super-G adore sa vie dans l’Utah avec sa conjointe Abby, loin de la compétition. «Je ne m’ennuie pas du tout, encore moins de me lever tôt et soulever des poids et haltères», lance-t-il en riant.

«J’ai fait le bon choix, surtout quand je vois tout ce qui se passe avec la COVID-19. Ce n’est pas facile pour les gars qui skient toujours au sein de l’équipe. C’est un cauchemar au point de vue de la logistique de leur saison. Cette pandémie m’aurait convaincu d’arrêter cet automne si je n’avais pas pris ma retraite à la fin de la saison dernière. Je sympathise beaucoup avec les athlètes en ce moment.»

L’ancien vice-champion du monde en super-G, Dustin Cook

Âgé de 31 ans, Cook a été membre de l’équipe nationale canadienne pendant 13 saisons. En plus de l’argent aux Mondiaux, le produit du Mont Sainte-Marie avait terminé sur le podium en Coupe du monde à deux reprises, gagnant l’or à Meribel en 2015.

Ce dernier n’aura jamais eu droit à des adieux officiels en piste. Ce qui devait être sa dernière course le 8 mars à Kvitfjell, en Norvège, avait été annulé en raison d’une épaisse brume.

«Je n’ai pas jamais eu eu droit à un dernier tour de piste. Mais avec tout ce qui se passe, c’est correct.»

Canada Alpin lui a tout de même envoyé un cadeau pour souligner sa fructueuse carrière. Un montage de photos de ses divers exploits dans la dernière décennie, dont sa deuxième place aux Mondiaux.

«Ce cadre s’est retrouvé rapidement sur le mur de mon bureau ici», relate Dustin Cook.

Son seul regret jusqu’ici ? Le premier projet qu’il caressait une fois à la retraite a été mis sur la glace en raison de la pandémie.

«Ma femme et moi, nous voulions effectuer un gros road trip, mais ça devra attendre. En attendant, nous avons fait du vélo et je me suis inscrit à divers cours de finance en ligne.»