La Néerlandaise Jackie Groenen a d’abord été judoka, sport dans lequel elle a été championne des Pays-Bas chez les juniors et les moins de 20 ans, avant de faire carrière au soccer.

Après l’or en judo, Jackie Groenen vise le sommet en soccer

LYON, France — Le parcours de la milieu de terrain néerlandaise Jackie Groenen jusqu’à la finale de la Coupe du monde de soccer féminin est pour le moins inhabituel. Un parcours qui l’a d’abord vu devenir une étoile du judo avant de tenter de jouer au soccer sous les couleurs d’une autre nation.

Née aux Pays-Bas, l’athlète de 24 ans a grandi dans un petit village belge, dans la province d’Anvers. Elle a remporté deux titres aux Championnats de judo des Pays-Bas au niveau junior et un autre chez les moins de 20 ans. Elle a aussi mérité une médaille de bronze aux Championnats d’Europe cadets en 2010. Mais après avoir subi une fracture à une hanche, elle a concentré ses efforts sur le soccer.

Pour la Belgique

Étonnamment, peut-être, elle n’envisageait pas jouer pour les Pays-Bas au niveau senior. Il y a cinq ans, la FIFA a rejeté sa demande de représenter la Belgique.

Elle est probablement soulagée que l’organisation qui gouverne le soccer mondial ait refusé sa requête. Parce que son but marqué en prolongation dans une victoire de 1-0 contre la Suède, mercredi, a propulsé l’équipe féminine des Pays-Bas vers sa première finale en Coupe du monde, et la quatrième dans l’histoire du pays si l’on ajoute les trois revers de la formation masculine. Lors du match ultime dimanche, les Pays-Bas affronteront les États-Unis.

La première de ces finales remonte à 1974, lorsque Johan Cruyff, un joueur au talent inimaginable, était la personnalité de l’heure au soccer mondial. Les Néerlandais avaient pris l’avance 1-0 à la deuxième minute de jeu sur un penalty, après que Cruyff eut été accroché à la suite d’une course spectaculaire. Les Pays-Bas ont cependant perdu 2-1 contre l’Allemagne de l’Ouest.

C’est aussi lors de ce tournoi que Cruyff a réalisé une feinte magique maintenant imprégnée dans le folklore du soccer : le «Cruyff Turn». Après avoir reçu le ballon près de la ligne de fond, avec un défenseur suédois sur son dos, il a changé le ballon de pied tout en tournant sur lui-même à pleine vitesse.

Ce jour-là, Cruyff a complète décontenancé la Suède, et comme il se doit, il y avait un peu de saveur néerlandaise lors du but victorieux de Groenen contre la Suède mercredi soir.

Trois joueuses ont uni leurs efforts pour compléter des passes rapides, permettant à Groenen de décocher de l’extérieur de la surface de réparation un tir bas et d’une précision chirurgicale. «J’ai seulement vu un angle favorable», a déclaré Groenen, modeste, après la rencontre.

Une modestie qui s’explique par le fait qu’il s’agissait seulement de son troisième but en 53 sorties internationales.

«Depuis deux semaines, on en parlait; je dois tirer davantage. Le ballon est arrivé vers moi de belle façon et je me suis dit : “Allons-y”», a-t-elle raconté avec un sourire qui est devenu sa marque de commerce.

«J’ai l’impression que [la milieu de terrain] Danielle Van de Donk est très fière de moi, parce qu’elle m’a dit d’effectuer ces tirs.»

Après ce premier but en carrière en Coupe du monde, Groenen a un autre objectif : donner aux Pays-Bas un premier triomphe en Coupe du monde. La tâche sera imposante.

Dimanche, les Néerlandaises devront battre les États-Unis, les championnes en titre et favorites pour mettre la main sur un quatrième titre.

«J’espère que nous serons capables d’appliquer notre style de jeu, a déclaré Groenen. C’est agréable de jouer dans une équipe où vous avez cette confiance en vos moyens. À cet égard, nous sommes très bonnes.»