Antoine Cyr s'entraîne dans le parc de la Gatineau en compagnie de 150 autres skieurs.
Antoine Cyr s'entraîne dans le parc de la Gatineau en compagnie de 150 autres skieurs.

Antoine Cyr s’amuse dans «son» parc

Marc Brassard
Marc Brassard
Le Droit
Antoine Cyr ne passe pas souvent dans son patelin, encore moins quand son terrain de jeu, les promenades du parc de la Gatineau, sont libres comme l’air.

En raison de la pandémie, le skieur de fond gatinois et près de 150 autres skieurs provenant de partout au Québec prenant part à un camp d’entraînement organisé cette semaine peuvent prendre toute la place sur les routes fermées aux automobiles dans le parc géré par la Commission de la capitale nationale.

Pour les membres du centre national Pierre-Harvey, dont fait partie Cyr, ça leur permet de travailler leur technique et leur vitesse en ski à roulette, quand ils ne font pas des entraînements en course à pied à travers les bois.

«Je m’entraîne énormément à Québec et un peu partout au Canada, mais revenir ici, je redécouvre les beautés de la région. Les gars capotent solide, le parc de la Gatineau fermé, c’est fantastique. On a une piste de 5 km au Mont Sainte-Anne, alors qu’ici, on parle de 45 km au total de terrain de jeu. C’est vraiment le fun pour des grosses semaines d’entraînement comme on fait», a-t-il raconté au Droit avant un entraînement de vitesse prenant le départ à l’aire de stationnement P8 de Chelsea, mercredi en fin d’après-midi.

«C’est plate ce que je vais dire, mais pour nous, souvent, pas de voiture, ça veut dire pas de problème. C’est fantastique pour nous, on peut reproduire des scénarios qui arrivent l’hiver au niveau de l’intensité», a-t-il ajouté.


« Les gars capotent solide, le parc de la Gatineau fermé, c’est fantastique. »
Antoine Cyr

L’athlète qui aura 22 ans le mois prochain, considéré comme le meilleur skieur senior au pays à l’heure actuelle, s’est remis de la déception d’une fin de saison décevante, alors qu’il avait terminé au 33e rang de la course sur 30 km style libre lors des Championnats mondiaux pour les moins de 23 ans tenus à Oberwiesenthal, en Allemagne, au début de mars dernier, après une 15e position au 15 km style classique et une 28e aux sprints. Il visait obtenir au moins un top–10 lors de ces courses.

Ensuite, c’est le coronavirus qui s’en est mêlé.

«Ça s’est terminé en queue de poisson pour tout le monde, comme le sait. En ski de fond, ce n’était pas si mal, ça nous a coupé la saison courte. Je suis revenu d’Europe et j’étais supposé faire trois fins de semaine en Coupe du monde ici sur le Continent. Finalement, tout a été annulé. C’est certain que ça, c’est décevant. Je reste un peu amer de la fin de saison dernière, mais ça me motive beaucoup pour la prochaine», affirme-t-il.

Cyr s’attend à une reprise à peu près normale des activités sur le circuit de la Coupe du monde, qu’il entend rejoindre cet automne. «J’ai réussi à me faire sélectionner pour les Coupes du monde en début de saison, donc comme c’est là, je me prépare pour faire la période un avant les Fêtes en Europe, soit quatre fins de semaine de Coupes du monde. Ce sont souvent les quatre plus difficiles de l’année, elles dictent beaucoup le reste de la saison, donc cette année, j’ai l’intention de mettre mes souliers d’athlète de Coupe du monde élite. J’ai tout fait en mon possible pour aller là-bas prêt, et en venant ici, c’est une bonne étape de cette préparation-là», dit-il.

L’entraîneur-chef du centre national Pierre-Harvey, Louis Bouchard, a dirigé Alex Harvey jusqu’à sa retraite en 2019, et il voit de la graine de Harvey en Cyr.

«Antoine va vraiment bien cette année. Il a une bonne progression depuis quelques années, remarque. Mais cette année, on voit qu’il devient un homme, un senior aguerri de plus en plus. Actuellement, il est le meilleur Canadien sur les différentes distances, le numéro un. C’est le fun pour lui et dans un camp comme ça, c’est bien pour les plus jeunes de voir la vitesse qu’il atteint et pouvoir se comparer à lui afin de pouvoir aller à cette vitesse-là un jour eux aussi», a-t-il commenté.

Antoine Cyr souhaite participer aux Jeux olympiques de Pékin en 2022.

Antoine Cyr, qui a pu poursuivre ses études collégiales en ligne malgré la pandémie, continue donc sa progression en vue d’une participation possible aux Jeux olympiques de 2022 à Pékin, en Chine.

«Si tu parles à n’importe quel athlète, ils vont tous dire que c’est encore loin (les Olympiques). Moi, je regarde juste la saison prochaine. Participer aux Championnats du monde senior, ça va être un bon step. J’aimerais aussi retourner aux Championnats mondiaux pour moins de 23 ans. J’ai ces deux gros objectifs là et ensuite, 2022 va s’en venir vite», laisse-t-il tomber avant de se lancer dans le parc.