Harry Kane sera l'une des têtes d'affiche de l'Angleterre au Mondial de soccer 2018.

Angleterre: la face positive de la mondialisation

SAINT-PETERSBOURG - Et si la mondialisation était à l’origine de la bonne forme de la sélection d’Angleterre? La grande majorité des convoqués pour le Mondial-2018 joue sous les ordres de techniciens étrangers qui, de Guardiola à Klopp, apportent une autre manière de penser le jeu.

«Je dis toujours que nous ne sortons jamais de notre île», apprécie Gareth Southgate, le coach des Trois Lions. «C’est génial que des entraîneurs soient venus sur notre île pour nous aider.»

Parmis les 23 hommes qu’il a choisis pour la Russie, quinze sont issus des quatre premiers du Championnat, Manchester City et United, Liverpool et Tottenham... soit autant de géants entraînés par des managers stars venus d’un autre pays: l’Espagnol Pep Guardiola, le Portugais José Mourinho, l’Argentin Mauricio Pochettino et l’Allemand Jürgen Klopp.

En ajoutant les joueurs d’Arsenal, de Leicester et de Chelsea, également coachés par des étrangers, cela fait un total de 20 sur 23...

A City, Guardiola a fait progresser de manière impressionnante les Raheem Sterling, Kyle Walker, John Stones et Fabian Delph, tous appelés en Russie.

Pour ce dernier, le Catalan a même été à l’origine de sa propre renaissance.

«Absolument», assure Delph. «Pour moi, c’est un génie.»

Milieu central, le joueur de 28 ans a passé la majeure partie de la saison comme latéral gauche, «Pep» ayant adapté ses qualités à un nouveau poste.

L’impact du Barça 

«Il m’a ouvert les yeux sur tant de choses. Je n’ai jamais imaginé le football comme Pep l’a fait», confie le Citizen à l’AFP. «Je suis un Anglais très traditionnel. Je crois au travail et au dévouement, et je donne absolument tout. Tout le monde sait que je suis là pour me battre, pour récupérer les deuxièmes ballons et jouer à l’anglaise. Maintenant, il s’agit d’être calme et intelligent avec le ballon.»

Pour Southgate, c’est une aubaine. Selon le sélectionneur, Guardiola et ses deux victoires en C1 entre 2009 et 2011 avec le FC Barcelone ont influencé le football mondial.

«L’impact de cette équipe de Barcelone il y a sept ans a été énorme», estime Southgate. «C’est un innovateur. Quand je regarde le football des enfants maintenant, quand ils peuvent monter sur des terrains qui ne sont pas inondés ou gelés, je les vois jouer de l’arrière. Je ne vois pas (les entraîneurs) avec la tête dans les mains en train de crier: +Balancez devant!+ Je pense que c’est l’impact de son équipe, avec des gens comme Andrés Iniesta et Xavi.»

Mais Guardiola n’est certainement pas le seul à avoir changé les habitudes britanniques.

A Tottenham, Pochettino a développé bon nombre des jeunes vedettes anglaises: Harry Kane, Dele Alli, Eric Dier, Danny Rose et Kieran Trippier, tous biberonnés au football de possession et de pressing.

Kane «a beaucoup appris»

«J’ai beaucoup appris dans ce court laps de temps», a révélé Kane à propos de ses débuts sous la direction de l’Argentin, arrivé dans le Nord de Londres en 2014. «C’était un défenseur, donc il sait ce que l’attaquant doit faire pour avoir l’avantage.»

A Liverpool, Trent Alexander-Arnold (19 ans) a explosé cette saison. L’arrière droit a fait ses débuts en Angleterre jeudi lors de la victoire en match amical contre le Costa Rica (2-0) après une saison exceptionnelle sous la houlette de Klopp.

«En tant que joueurs, nous sommes très honorés de jouer sous la direction d’un entraîneur comme lui, car on apprend beaucoup de lui», raconte ainsi son capitaine chez les Reds et coéquipier chez les Trois Lions, Jordan Henderson.

Du côté d’Old Trafford, pas de feu d’artifice comme à City ou Anfield, mais grâce à Mourinho, les Red Devils ont retrouvé une certaine assise défensive.

Et l’Angleterre devrait en profiter avec les défenseurs Phil Jones et Ashley Young. Ce dernier, ancien ailier repositionné à 32 ans comme arrière gauche par «Mou», a convaincu Southgate. Suffisamment pour compter sur lui en Russie et laisser le talentueux Ryan Bertrand, titulaire pendant les qualifications, au pays.