Martine Roy et sa famille ont eu beaucoup de plaisir à accueillir Bianca Andreescu dans leur demeure au cours des trois dernières années, lors de sa participation au Challenger Banque Nationale de Saguenay.

Andreescu, une championne simple et attachante

Peu de gens peuvent se targuer d’avoir hébergé une championne des Internationaux de tennis des États-Unis. Mais au Saguenay, Patrice Arseneault et Martine Roy font partie de ce petit groupe qui a eu le bonheur d’accueillir Bianca Andreescu au cours des trois dernières années, dans le cadre du Challenger Banque Nationale de Saguenay.

En entrevue téléphonique, le couple n’avait que de bons mots à l’égard de la jeune championne qui est devenue, samedi, la première Canadienne à remporter un titre du Grand Chelem. D’autant plus qu’ils ont gardé contact avec la jeune femme et la nouvelle notoriété de leur protégée n’a pas affecté leur lien. «Elle ne nous a pas encore rayé de ses contacts!», référant aux textos qu’ils se sont échangés.

Pour les Roy-Arseneault, le succès de l’athlète de 19 ans n’est ni un coup de chance ni un feu de paille. «Bianca était tellement prête! On dirait que tous les astres se sont alignés. Elle est arrivée avec vraiment une belle confiance. Elle y a toujours cru!», assure Martine Roy qui a pu établir de bons liens lors des séjours de Bianca. «Elle n’est pas très grande, mais physiquement, elle est très forte et elle a développé beaucoup de puissance. Je pense qu’elle ne peux que s’améliorer.»

Bianca Andreescu avait peine à réaliser qu’elle venait  de vaincre son idole, Serena Williams , en finale des Internationaux de tennis des États-Unis. Mais pour ceux qui ont pu la côtoyer, ce n’était pas vraiment une surprise.

Confiance

«Je me souviens très bien que la première fois qu’elle est venue au Challenger Banque nationale de Saguenay, il y a trois ans. On sentait une belle force tranquille en elle. Elle n’avait pas l’obsession de devenir numéro un au monde, même si c’était son objectif. C’était: ‘‘Je fais mon petit bonhomme de chemin et je crois en mes chances.’’ Elle avait raison, mais elle a été super bien entourée par Tennis Canada.»

Dans l’esprit de Mme Roy, il faut plus que juste du talent pour avoir une championne. «Du talent, il y en a plein qui en ont. Ça prend une équipe autour et tout un cheminement qui l’amène jusque-là. C’est pierre par pierre que ça s’est construit. Ça prend aussi le tempérament, une bonne équipe et le temps. Elle a été chanceuse d’avoir été repérée par Tennis Canada. Je pense que c’est aussi une belle personnalité à entraîner parce qu’elle n’a jamais eu de conflit avec ses entraîneurs. (...) Tennis Canada a appris des autres athlètes qui ont eu du succès avant elle. Je trouve qu’ils l’ont tellement bien préparée. Je ne peux même pas imaginer la pression qu’elle a. Sa vie vient de basculer», énonce Mme Roy qui croit que le plus difficile, pour Bianca, sera de gérer ses blessures.

Le fait qu’elle ait dû se retirer de Roland-Garros et renoncer à Wimbledon n’a pas été facile. «Ç’a probablement été l’un des premiers gros murs qu’elle a frappés jusqu’à maintenant, même s’il y en aura d’autres, estime-t-elle. Parce que ça va bien quand on monte, mais c’est difficile de rester en haut. Mais encore là, Tennis Canada l’a bien entourée et a pris les bonnes décisions. Son entraîneur Sylvain Bruneau est calme et il m’a l’air cool comme elle.»

Force mentale

À force de la côtoyer durant ses séjours, les Roy-Arseneault ont découvert une jeune femme dotée d’une belle force tranquille. «L’une des choses qui la définit vraiment, c’est sa capacité de relaxer entre les efforts très intenses. Sur le terrain, elle semble parfois un peu désinvolte entre chaque manche. C’était la même chose à la maison. Quand elle arrivait, elle s’assoyait par terre et jouait avec le chien et le chat. Aux repas, on discutait de tout et de rien, mais vraiment d’autres sujets que le tennis. Après, elle s’écrasait sur le divan du salon et écoutait un peu la télé avant de téléphoner à sa mère. C’est une ‘‘easy going’’. C’est vraiment une jeune fille pas compliquée: donner le travail, fournir l’effort et les résultats vont venir. Elle fait confiance aux gens autour d’elle.»

Pour le couple, le Challenger de Saguenay est l’un des tournois les plus appréciés des joueuses, notamment parce qu’elle peuvent être hébergées dans des familles et manger des repas faits maison au lieu des restaurants. Les succès de Bianca pourront sans doute mousser encore plus la notoriété du tournoi qui accueille les championnes de demain, mais aussi faciliter le recrutement de familles d’accueil durant le tournoi. Car sait-on jamais, quand une autre championne du Grand Chelem sera hébergée à Saguenay?