Toute la crème des fondeurs de la planète, à l’exception du Russe Sergei Ustigiov, sera de la fête sur les Plaines en fin de semaine. Et Alex Harvey n’a pas l’intention de leur rendre la partie facile.

Alex Harvey veut reconquérir les Plaines

À l’aube de son dernier tour de piste en carrière, Alex Harvey rêve de reconquérir les plaines d’Abraham comme il l’avait fait en 2017 sur 1,5 km, un moment que le fondeur de 30 ans considère encore aujourd’hui comme le plus beau de sa carrière.

«Je dirais que cette victoire chez moi à Québec en 2017, c’est là que j’ai vécu le plus d’émotions, plus encore que quand j’ai remporté le championnat du monde. C’était un rêve que je vivais et je voulais vraiment le faire», a-t-il déclaré lundi en entrevue téléphonique avec Le Soleil, entre deux avions à l’aéroport Lester B. Pearson de Toronto. Le fait qu’un de ses avions soit décollé en retard lui a fait rater une correspondance qui l’a empêché d’atterrir dans la capitale avant minuit lundi soir.

«J’ai hâte d’être à Québec, ça va être vraiment l’fun. C’est quelque chose d’unique que je vais vivre là. Déjà que ce n’est vraiment pas tout le monde qui a la chance de courir dans sa ville natale. Par exemple, beaucoup de skieurs sont Norvégiens, mais combien ont une course dans la ville où ils sont nés? Moi, j’ai la chance de terminer ma carrière chez moi, car je suis né ici, à Québec. Je me considère chanceux», poursuit-il en précisant qu’il ne voit pas sa prochaine course que comme une tournée d’adieu.

Stimulant

«C’est difficile de planifier à l’avance, mais c’est certain que je vise un top 5 et même un podium. Je vais essayer de rester dans ma bulle pour bien performer mais, en même temps, je vais aussi essayer d’utiliser toutes ces émotions que je vais vivre pour m’aider dans ma performance. Et il y a aussi la foule locale qui est importante. En 2016 et 2017, les spectateurs étaient tellement bruyants, ça me stimulait beaucoup.»

Alex connaît aussi très bien le parcours des plaines d’Abraham pour y avoir enregistré de bons résultats par le passé, mais il sait que quelques modifications y ont été apportées cette année. «C’est un parcours similaire. Le sprint sera encore l’un des plus toughs du circuit, ce qui est moins favorable aux sprinters purs et très bon pour les skieurs de distance comme moi. J’ai vraiment hâte d’essayer le parcours pour voir quels seront les changements.»

Toute la crème des fondeurs de la planète sera également de la fête à l’exception du Russe Sergei Ustigiov, malade.

«C’est une lutte à finir pour la Coupe du monde entre le Norvégien Johannes Høsflot Klæbo et le Russe Alexander Bolshunov, que seulement 14 points séparent au classement, alors ils n’ont pas le choix d’être là, eux. Cependant, j’aimerais bien ça brouiller les cartes. Ce n’est pas vrai que je vais leur laisser tout le gâteau!» illustre-t-il.

Terminer son bac

Une fois que le rideau sera tombé sur cette dernière étape de la Coupe du monde dans la carrière d’Alex Harvey, le skieur de 30 ans fera tranquillement la transition vers une vie où son sport n’occupera pas la place centrale. «Comme d’habitude, de la fin mars à la fin avril, je vais passer beaucoup de temps avec mes amis et ma famille, mais en mai, au lieu de reprendre l’entraînement pour le ski, je vais me concentrer sur mes études. Il me manque quatre cours pour terminer mon baccalauréat en droit», indique-t-il.

Harvey ne tombera pas des nues non plus avec ce «retour aux études» puisqu’il avait toujours gardé une place pour sa formation universitaire pendant sa carrière de skieur.


« J’ai hâte d’être à Québec, ça va être vraiment l’fun. C’est quelque chose d’unique que je vais vivre là. [...] J’ai la chance de terminer ma carrière chez moi, car je suis né ici, à Québec. Je me considère chanceux »
Alex Harvey

«Je faisais un ou deux cours par session. J’ai toujours fait des cours d’été à l’Université Laval de mai à la mi-juin. Ensuite, je faisais la session d’automne jusqu’aux examens de mi-session et l’Université Laval me permettait de faire mes examens finaux à Zurich chaque année. Non seulement mes études ont toujours été importantes pour moi, mais ça me permettait aussi de me changer les idées», explique-t-il.

Cette année, Alex prévoit suivre un cours cet été pour compléter sa formation avec trois cours à l’automne et ensuite entrer à l’École du Barreau après les Fêtes. S’il pense de plus en plus à sa deuxième carrière, le skieur avoue toutefois qu’il n’a pas encore décidé dans quel domaine du droit il aimerait pratiquer.

«Je dirais que j’y suis surtout allé par élimination. Le droit criminel et le droit de la famille ne sont pas ce qui m’intéresse le plus. Par contre, oui, j’ai un intérêt pour le droit des affaires», termine-t-il en ajoutant qu’il n’écarte pas non plus la possibilité de devenir agent dans le domaine du sport étant donné l’expérience qu’il a acquise au fil des années.