Le cycliste d’Ottawa, Alex Cataford, dispute une première saison à plein temps en Europe. Il fait partie de l’équipe continentale professionnelle Israel Cycling Academy.

Alex Cataford: plus rapide et plus vivant que jamais

Une voiture l’avait heurté, il y a cinq ans, quand il roulait en bordure d’une route avec ses coéquipiers en Arizona. Alex Cataford s’était retrouvé avec une mâchoire fracturée et plusieurs points d’interrogation au sujet de son avenir sportif.

Les médecins avaient dû insérer de multiples plaques de métal et une trentaine de vis pour réparer son visage. Une de ses vertèbres avait aussi été cassée durant cet accident.

Trois chirurgies avaient été nécessaires dans les semaines qui avaient suivi. Le cycliste d’Ottawa avait finalement pu recommencer à rouler, huit mois plus tard.

« J’avais quand même été chanceux. J’étais encore en vie », souligne Cataford au bout du fil.

Ce dernier se trouve à Girona, en Espagne où il habite en vue de la saison 2019.

Sa première année à temps plein en Europe. Ses premiers mois au sein de l’équipe Israel Cycling Academy.

Comme son nom l’indique, il s’agit d’une formation israélienne. Elle court avec une licence continentale professionnelle.

Ses dirigeants, dont le milliardaire canadien Sylvan Adams, ont été très actifs durant l’hiver en recrutant des cyclistes d’un peu partout. Cinq proviennent d’équipes World Tour. D’autres s’avèrent des espoirs tels que Cataford, qui a été six fois champion canadien junior.

« Nous faisons plusieurs courses du World Tour », a noté l’athlète âgé de 25 ans, dont le meilleur résultat en 2018 a été une troisième place au classement général du Tour de Taihu Lake.

Le Giro dans la mire

Tiens, le jeune homme parfaitement bilingue attend justement une réponse de ses patrons dans les prochains jours. Ces derniers doivent choisir leurs alignements en vue de deux rendez-vous qui auront lieu en même temps.

D’un bord, il y a le Giro d’Italie qui se déroulera du 11 mai au 2 juin. Puis en Amérique du Nord, ce sera place au Tour de la Californie du 12 au 18 mai.

Israel Cycling Academy y déléguera respectivement huit et sept de ses cyclistes.

« Nous sommes 30 dans l’équipe, souligne Cataford en riant.

La bonne nouvelle pour ce grimpeur qui excelle aussi au contre-la-montre ?

«Je sais déjà que je ferai une de ces deux courses, dit-il.

«J’aimerais bien participer au Giro, mais le Tour de la Califonrie s’avère aussi une grande course. Ce sont deux belles options !»

Cataford était membre de la formation UnitedHealtcare lors des deux saisons précédentes. «On venait deux fois en Europe par année. Chaque fois, c’était pendant un mois pour faire quatre ou cinq courses», relate-t-il.

Le changement d’équipe lui permet de rouler plus souvent sur le Vieux-Continent.

«Je fais des courses presque chaque fin de semaine. Ça me permet d’améliorer ma forme physique. J’apprends aussi beaucoup tactiquement, surtout comment rouler dans le peloton. Les routes européennes sont plus petites. Elles ne sont pas comme à Ottawa et Gatineau.»

La leçon de l’Arizona

Ça fera presque déjà cinq mois qu’il est arrivé en Europe.

«Ça me manque de ne pas être chez nous. Mais en même temps, j’aime cette aventure. J’espère qu’elle va durer plusieurs années.»

Un truc qui lui sert de carburant ? Cet accident qui a failli lui coûter sa carrière et sa vie.

«Ça permet de mettre parfois les choses en perspective. Ça m’a permis de devenir un meilleur cycliste. J’ai eu droit à une leçon de persévérance. J’ai dû travailler fort pour revenir.»

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Son ami Michael Woods lui sert d’inspiration

Au fil de la dernière décennie, Alex Cataford a appris que tout est possible dans la vie.

Ses débuts en cyclisme se sont faits sur le tard. Plus précisément à l’âge de 16 ans.

« J’avais reçu un vieux vélo des années 1990 de la part d’un ami de la famille », se souvient-il.

Ses premières courses ? Des épreuves de contre-la-montre qui se déroulaient les jeudis soirs à Almonte. « Ce n’était pas trop loin de chez moi. Je demeurais à Kanata. »

Rapidement, entraîneurs et adversaires l’ont dirigé vers le programme junior du Ottawa Bicycle Club. Son saut international est survenu en 2013 quand l’équipe Garneau-Québec l’a recruté.

Cataford a défendu ensuite les couleurs d’Amore-Vita de même que Silber Pro Cycling.

Il s’agit de sa troisième année chez les pros. Une année durant laquelle il aimerait relever plusieurs défis.

En juin, il y aura les championnats canadiens seniors. « Ça fait trois fois que je termine sur le podium. J’aimerais bien enfin gagner », précise Cataford.

« Il y a plusieurs autres grandes courses par étape en Europe. J’aimerais aussi participer aux championnats du monde. »

On l’a vu souvent aux Mondiaux, mais chez les juniors et les moins de 23 ans. « Jamais chez les seniors », note-t-il.

Qui sait, Alex Cataford roulera peut-être aux côtés de son ami et autre produit de la capitale nationale, Michael Woods, au sein de l’équipe canadienne à ces championnats du monde.

Le même Woods qui a gagné une étape du Tour d’Espagne l’été dernier. Le même Woods qui s’avère un de ses voisins à Girona, tout comme le cycliste québécois Guillaume Boivin, aussi membre de l’équipe Israel Cycling Academy.

« Moi pis Michael, nous sommes de bons amis. On s’entraînait déjà ensemble à Ottawa. On s’entraîne maintenant ici ensemble. Il est devenu un des meilleurs. Quand je roule avec lui, je me rends compte que je ne suis pas si loin que ça. Ça me motive. Je me dis que s’il est capable, pourquoi pas moi ? »