Phillippe Aumont reçoit l’accolade de son gérant Doug Mientkiewicz chez les MudHens de Toledo dans la Ligue internationale AAA, là où le Gatinois a passé la majorité de sa dernière saison.

Aumont pense déjà à sa saison 2019

Son contrat avec le club-école des Tigers de Détroit est échu. Phillippe Aumont est redevenu un agent libre le 2 novembre dernier.

À 29 ans, après avoir repris goût à jouer au baseball avec les Champions d’Ottawa en 2017, il a été si près et en même temps si loin d’atteindre son rêve de retourner dans les Ligues majeures.

Le lanceur gatinois a cogné à la porte des Majeures dès le début de la saison 2018. Après un bon camp avec les Tigers où il avait été parfait dans le match où il avait été utilisé, il avait connu un excellent départ chez les Mud Hens de Toledo au niveau AAA.

« À un moment donné, mon cœur battait fort quand le téléphone sonnait. Ça allait bien pour moi, puis ils ont eu des blessures “en haut”. L’appel pouvait être moi ou Louis Coleman. C’est lui qu’ils ont choisi. Il le méritait. J’étais content pour lui. Ç’aurait pu être moi aussi... », a raconté Aumont au Droit lors d’une courte séance d’entraînement au Complexe Branchaud-Brière lundi.

Coleman n’est jamais redescendu dans les mineures. Puis, les statistiques d’Aumont ont piqué du nez à partir du mois de juillet. Le 9 août, après une dernière sortie difficile, il a été placé sur la liste des blessés. Il n’est jamais revenu au jeu.

Le géant de 6’7’’ a complété l’année 2019 avec une fiche de 2-4 et une moyenne de points mérités de 6,58. En 53 manches, il a retiré 62 frappeurs sur des prises, alloué 57 coups sûrs et 25 buts sur balles. Sa moyenne a souffert de son dernier mois où il a commencé à éprouver des douleurs à un genou, au dos, puis à son épaule droite. C’est une tendinite à son biceps droit qui a mis fin à sa saison.

Malgré tout, l’heure de la retraite n’a pas encore sonné pour lui. L’équipe nationale canadienne l’a invité à participer à un tournoi de qualifications aux Jeux panaméricains au Brésil en janvier 2019. Les Jeux olympiques de 2020 au Japon sont également dans sa mire.

« Je ne ressens plus de douleur. Je suis rétabli à 100 %. Je suis en gymnase depuis un mois et j’ai lancé 3-4 fois. Je rencontre Équipe Canada à West Palm Beach le 20 janvier. On va avoir un tournoi au Brésil du 27 janvier au 4 février. Je me prépare pour ça. Je veux me donner une dernière chance. Il y a les Jeux olympiques en 2020. C’est la seule compétition que je n’ai pas encore faite. J’aimerais ajouter ça à mon “résumé” et pouvoir dire que j’ai été olympien à mes enfants plus tard. »

Aumont n’est pas satisfait de la façon dont s’est terminée sa saison et souhaite se ressaisir en 2019.

« Je sais qu’il ne me reste plus gros de temps, mais je ne suis pas prêt à arrêter. Avec mon agent, on étudie plusieurs options. Je vise encore un camp dans les Ligues majeures. On regarde aussi du côté de l’Asie. En Corée ou au Japon, ce sont de bons endroits pour terminer une carrière. C’est payant, mais c’est à l’autre bout du monde. C’est un sacrifice que je pourrais m’imposer. Si rien ne fonctionne, je ne ferme pas la porte à un retour avec les Champions d’Ottawa. J’ai adoré ma saison ici. J’y pense encore. »

Aumont sait que ses statistiques seront difficiles à vendre à certaines équipes, mais ses performances ont commencé à tomber en même temps que celles de toute l’équipe des Mud Hens.

« À un moment donné, il y a eu beaucoup de mouvements entre les Tigers et nous. Nous avons vécu un bout où nous manquions de lanceurs partants. Je faisais le yo-yo entre un poste de partant et l’enclos de relève. Nous avons été surutilisés. J’ai joué en dépit des blessures, mais tout a fini par me rattraper. Je n’arrivais plus à freiner l’hémorragie. Je donnais trop de points. Le hamster s’est mis à pédaler fort. Des fois, quand tu essayes trop, tu finis par perdre ce que tu as construit. »

N’empêche, Louis Coleman a été rappelé dans les Majeures à 32 ans. L’an prochain, c’est peut-être Aumont qui recevra l’appel tant attendu.