Félix Auger-Aliassime, victime d’une blessure au poignet qui l’a empêché de participer à la Coupe Rogers en août, a beaucoup appris des hauts et des bas qu’il a vécus au cours de la dernière saison.

Auger-Aliassime vise le top 100 pour 2018

L’année 2017 aura été forte en rebondissements pour Félix Auger-Aliassime, qui a connu un début de carrière canon sur le circuit de l’ATP avec des sacres aux Challenger de Lyon et de Séville, entrecoupés d’une blessure au poignet. Plus jeune raquette à entrer dans le top 200 depuis Rafael Nadal, l’athlète de 17 ans place la barre encore plus haut pour 2018.

Passant du 613e au 162e échelon mondial au cours de la dernière saison, Félix Auger-Aliassime a fait une arrivée pour le moins remarquée chez les professionnels, malgré la blessure qui a ralenti son bel élan en cours de campagne.

À l’aube de la saison 2018, le natif de L’Ancienne-Lorette a maintenant des visées sur le top 100 de l’ATP. Un objectif pour lequel il amorcera sa préparation en compagnie de Roger Federer, qui l’a invité à s’entraîner en compagnie d’autres professionnels et lui, à Dubaï, la semaine prochaine.

«L’horaire se précise tranquillement, mais pour l’instant, on sait que c’est une période de deux semaines, du 5 au 20 décembre. Je vais principalement m’entraîner avec lui. Après, il n’y a pas de garantie sur ce que je vais faire», a raconté le jeune homme, qui traçait son bilan de saison, mercredi.

Il s’agira de la réalisation d’un rêve d’enfance pour Auger-Aliassime qui, comme le reste de la planète tennis, tient l’étoile suisse en très haute estime. «J’admire tout ce qu’il fait sur le terrain, hors du terrain, la personne qu’il est. Pour moi, ça va être juste une chance d’apprendre des meilleurs.

«Et le fait que mes entraîneurs [Guillaume Marx et Frédéric Fontag] seront là, on pourra discuter de plus près et voir ce qui le rend capable de jouer à un aussi haut niveau. Alors c’est sûr que ça va être une belle expérience, même si je n’en sais pas encore beaucoup sur lui, mais j’ai très hâte d’y arriver», a admis Auger-Aliassime.


« J’admire tout ce qu’il fait sur le terrain, hors du terrain, la personne qu’il est. Pour moi, ça va être juste une chance d’apprendre des meilleurs »
Félix Auger-Aliassime, à propos de son entraînement avec Federer à Dubaï

Une base physique

En plus de raffiner ses techniques tennistiques, le jeune prodige profitera de l’entre-saison pour améliorer sa condition physique, en vue du long calendrier de 2018. «J’ai beaucoup joué dans la deuxième moitié de saison, après le US Open, alors je pense que je dois me rebâtir une bonne base physique, que ce soit mon endurance, le haut de mon corps, le bas de mon corps, mon explosivité, etc. Et je dois continuer de travailler sur ma technique, parce que je suis encore jeune. Je veux devenir plus précis dans ce que je fais. Si je peux stabiliser ces éléments, je pense que ça m’aidera à faire un bon saut dans le classement.»

Remis d’une blessure au poignet qui l’a privé d’une participation à la Coupe Rogers en août, Auger-Aliassime dit avoir beaucoup appris des hauts et des bas de la dernière saison.

«Ce sont des choses qui, on ne l’espère pas dans le cas des blessures, vont peut-être se reproduire pendant ma carrière, donc d’apprendre à dealer avec ça à un jeune âge, ça m’a donné beaucoup d’expérience. C’était un peu décevant de manquer les tournois au Canada, mais ça m’a permis d’améliorer des choses techniquement, au revers, pour aider mon poignet. D’une façon, j’ai perdu du temps, mais à la fin, j’en ai regagné parce que ça m’a fait progresser», a-t-il jugé.

Motivation de Shapovalov

Copain avec l’autre prodige canadien Denis Shapovalov, qui a fait son entrée dans le top 50 de l’ATP cette année, Auger-Aliassime trouve beaucoup de motivation dans les exploits de son compatriote — et de la «dangereuse» nouvelle génération de raquettes mondiales —, mais évite de se comparer à lui.

«On est très compétitifs chacun de notre côté, alors c’est sûr que tu regardes ça et tu aimerais pouvoir performer toi aussi comme il le fait. Après, je pense qu’il faut toujours se rappeler que chacun a son parcours. […] Je suis content du travail que j’ai fait cette année.»

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UNE PARTICIPATION À LA COUPE DAVIS EN VUE

Pour la première fois de sa carrière, Félix Auger-Aliassime pourrait être appelé à défendre les couleurs du Canada lors du tournoi de la Coupe Davis, dont la ronde préliminaire sera disputée du 2 au 4 février, à Osijek, en Croatie.

Après sa participation à l’Omnium de l’Australie en ouverture de calendrier, le Québécois de 17 ans pourrait rejoindre l’équipe nationale ayant pour capitaine Martin Laurendeau, afin d’affronter la Croatie au premier tour du Groupe mondial de la Coupe Davis. «Il y a eu des discussions à ce sujet, mais personne ne peut être certain, parce que c’est après l’Omnium d’Australie. On verra comment je jouerai en Australie, mais c’est dans l’air, surtout que les matchs seront disputés sur terre battue. J’ai eu du succès sur la terre battue dernièrement. Ce serait un rêve devenu réalité pour moi. J’ai toujours voulu jouer à la Coupe Davis», a révélé Auger-Aliassime, mercredi.

À ce jour, les chances du natif de L’Ancienne-Lorette de faire partie de la sélection canadienne sont considérées comme très bonnes. «Il y a cinq joueurs sur l’équipe. En ce moment, je suis le cinquième joueur canadien le mieux classé sur le circuit de l’ATP, donc ça se discute, mais en même temps, il y a un tournoi en Australie avant d’aller en Croatie, alors on verra bien», a-t-il répété.

Outre une participation à la Coupe Davis, il a plusieurs objectifs dans la mire en vue de la prochaine saison, qu’il amorcera justement à Melbourne, le 16 janvier. «Déjà en jouant les qualifications en Australie, l’objectif serait de me qualifier pour un grand chelem. Évidemment, j’aimerais me qualifier pour tous les grands chelems l’année prochaine, mais je vais commencer par me qualifier pour un grand chelem. J’aimerais aussi être tableau principal au US Open et peut-être finir l’année dans le top 100. Je pense que ce sont des objectifs ambitieux, mais assez réalistes de mon côté. Si je mets les bonnes choses en place, ça va être très accessible.»