Félix Auger-Aliassime disputera l'Omnium de Miami à compter de la semaine prochaine, avant de se diriger vers l'Europe pour la saison des tournois sur terre battue.

Auger-Aliassime veut tracer son chemin

Premier joueur né dans les années 2000 à remporter un match dans un tournoi de l’ATP, Félix Auger-Aliassime n’a pas l’intention de se contenter de cette première victoire dans un tableau principal. Si l’année 2017 a été celle de son ami Denis Shapovalov, les prochains mois pourraient être ceux du jeune homme de 17 ans de L’Ancienne-Lorette.

La voix fatiguée au terme d’un voyage entre la Californie et la Floride qui fut écourté par une escale imprévue à Dallas, Auger-Aliassime est revenu sur son expérience vécue au tournoi d’Indian Wells et ce qui l’attend à celui de Miami, à compter de lundi.

«Depuis deux ans, à chaque fois que je vis une première, c’est un pas de plus en avant. Avec quelques jours de recul, quand je regarde mon match contre Milos [Raonic], je ne suis peut-être pas si loin de ce niveau-là. Avec quelques ajustements au service, j’aurais peut-être pu aller en trois sets, et qui sait ce qui serait arrivé», disait-il en conférence de presse téléphonique à propos de sa défaite 6-4, 6-4 contre le joueur canadien qui occupait le troisième rang mondial, en janvier 2017.

Après ce match, Auger-Aliassime a reçu un message de l’entraîneur de Roger Federer qui l’invitait à s’entraîner avec le célèbre joueur suisse. En décembre, il avait passé deux semaines à s’entraîner avec lui, à Dubaï.

«Mon entraîneur m’a demandé si je voulais échanger des balles avec lui. C’était une belle occasion d’être près du maître, mais il n’y avait rien de spécial. J’essaie de rester serein avec tout ça, mais tout se passe vite et ça peut nous bouleverser. Oui, ça fait drôle pour un jeune comme moi de fréquenter des légendes du tennis, mais c’est aussi à ce dont je rêve depuis que je suis enfant. Je veux juste en profiter», cherchait-il à relativiser.


« Même si on veut tous être au niveau de Federer, il faut trouver sa voie, le faire à sa façon, et surtout, savoir que personne ne le fera pour toi. »
Félix Auger-Aliassime

Quand même, frapper des balles avec Federer et discuter avec lui, ce n’est pas donné à tout le monde.

«À Dubaï, on avait jasé de son début de carrière, du mien. La chose la plus importante que j’ai retenue, c’est que chacun fait son propre chemin. Même si on veut tous être au niveau de Federer, il faut trouver sa voie, le faire à sa façon, et surtout, savoir que personne ne le fera pour toi.»

Il a mis cette suggestion à profit, la semaine dernière, au tournoi de niveau Masters 1000. Il a d’abord franchi avec succès les qualifications pour accéder au tableau principal, où il a vaincu son compatriote Vasek Pospisil au premier tour avant de s’incliner contre Raonic.

«Le fait d’être passé par les qualifications et d’affronter des joueurs parmi les 130 meilleurs au monde m’a donné la confiance que je pouvais, peut-être, battre Vasek. Après, il y avait encore beaucoup à faire.»

Motivé par son ami

Et il lui en reste encore pas mal à réaliser, mais le jour n’est pas loin où il accédera directement aux tableaux principaux des grands tournois. Comme Shapovalov, qui était encore son coéquipier avant son éclosion récente.

«On est encore amis, comme dans le junior, rien n’a changé, à part qu’il joue contre les grands et dans les plus importants tournois du circuit. Il trace un peu la voie et prouve que c’est accessible. C’est motivant. Lui, il a explosé à Montréal [l’an passé]. Moi, ce sera peut-être avant, après, ou l’an prochain, on verra. Mais j’ai confiance que d’ici quelques années, je vais me retrouver au niveau où il est, en ce moment», ajoutait celui qui sait que chaque tournoi se veut un nouveau chapitre à écrire.

Félix Auger-Aliassime n’a pas l’intention de modifier son calendrier pour les prochains mois. Après l’Omnium de Miami, il devrait se rendre en Europe pour la tournée des tournois sur terre battue, notamment plusieurs de niveau Challenger, parce qu’il a des points ATP à garder et à gagner.