Belle ambiance sur la rue Bank avant le match de la Coupe Grey.

Au rythme de la Coupe Grey

Hôtesse de la 105e édition de la Coupe Grey, la ville d’Ottawa a vibré au rythme du football tout au long de la semaine. Les partisans étaient nombreux à graviter autour du parc Lansdowne et avaient chacun une histoire à raconter...

Jeannine Ritchot, 40 ans, et son mari sont plus que mordus de football. Année après année, ils visitent religieusement les villes canadiennes qui accueillent la Coupe Grey. Ils en sont à leur 11e Coupe Grey, cette année, et l’hôtel est déjà réservé pour Edmonton l’an prochain. Rien à voir pourtant avec une de leurs connaissances qui en est à sa 35e coupe ! 

« J’aime ça depuis ma naissance, je pense », explique-t-elle.

Cette année, puisque le match se déroule dans sa propre ville, Ottawa, Jeannine a été nommée ambassadrice des fans par l’organisation de la Coupe Grey, une initiative qu’elle trouve fort louable puisque les amateurs ont longtemps été peu consultés par les hautes instances des équipes professionnelles et par les organisateurs des festivals sportifs.

Selon Graeme Ivory, de l’Ottawa Sports and Entertainment Group (OSEG), plus d’un quart de million d’amateurs auront foulé le site du parc Lansdowne durant la semaine des festivités d’avant-match ; ce nombre inclut également la foule assistant au match lui-même, soit près de 40 000 personnes. L’organisation estime que des Canadiens de toutes les provinces ont débarqué à Ottawa pour l’occasion, même ceux issus de provinces et territoires qui n’abritent pas d’équipes de football de la Ligue canadienne. 

Plus de 950 bénévoles se sont activés durant toute la semaine pour l’occasion et ont été sélectionnés parmi les 2200 candidatures reçues par les autorités sportives.

Plus d’une trentaine d’activités gratuites ou nécessitant des achats de billets attendaient les fans durant la semaine d’avant-match.

Belle ambiance sur la rue Bank avant le match de la Coupe Grey.

Des premières

Selon Mme Ritchot, les festivités à Ottawa offraient cette année des premières : d’abord, la veille du match, samedi, le centre Shaw fut l’hôte du Gridiron Gals (« Femmes de football ») qui accueillit environ 200 femmes qui ont ainsi pu participer à des sessions d’entraînement ludiques et à des formations sur les mystères du football. L’événement permettait aux femmes non initiées à ce sport d’interagir avec de vrais entraîneurs et des joueurs de la LCF à travers des exercices et différentes manœuvres stratégiques propres au football.

Cette année aussi, pour la première fois, estime Mme Ritchot, dans un souci d’inclusion, l’organisation de l’événement avait planifié une soirée Capital Pride, s’adressant à la communauté LGBT.

L’événement Bring It In, destiné aux familles, mercredi dernier, sur le site Lansdowne, tentait, lui, de rejoindre les enfants et de les initier à un nouveau sport, pour créer chez eux un certain éveil.

Belle ambiance sur la rue Bank avant le match de la Coupe Grey.

Des classiques

Du côté des classiques, deux déjeuners étaient servis, samedi, aux partisans par les Stampeders : 5000 crêpes et 3000 saucisses ont, paraît-il, été distribuées pour l’occasion.

Deux éléments sont à retenir à Ottawa cette année, mais aussi en général dans la Ligue canadienne de football, selon l’ambassadrice des partisans, Jeannine Ritchot : l’incroyable accessibilité aux joueurs et aux entraîneurs durant les fêtes et les événements publics. Nombre d’entre eux se mêlent avec humilité aux partisans et partagent même avec eux des pans de leur vie personnelle. 

« Je ne connais pas une autre ligue professionnelle de sport où les joueurs vont sortir avec les fans, où les entraîneurs vont parler aux fans. Les entraîneurs et les joueurs pourraient partir immédiatement après les entraînements, mais ils restent, pour jaser avec nous, pour prendre un petit verre avec nous, pour parler de sport, mais aussi pour parler de leur vie privée. » 

Une journée dévolue aux femmes au centre Shaw, dans le cadre de la Coupe Grey.

Autre fait exceptionnel : l’aspect tribal de la chose, l’identité purement canadienne de la ligue...

« Il y a des gens de tout partout au pays qui viennent ensemble pour fêter une ligue canadienne, un sport canadien ; on vient pour fêter dans cet esprit canadien. C’est l’occasion chaque année où je me sens encore plus Canadienne qu’aux fêtes du Canada », explique-t-elle encore.

En des termes plus prosaïques, le maire d’Ottawa, Jim Watson, parlait de retombées économiques de près de 105 millions de $ pour Ottawa, grâce à cette semaine exceptionnelle. Chacun ses priorités.