Contrairement à l’an dernier, où il devait tout apprendre, l’ancien du Rouge et Or Antony Auclair s’estime en mesure d’exploiter davantage son talent, lui qui connaît bien les entraîneurs et le système de jeu en place chez les Buccaneers de Tampa Bay.

Antony Auclair prêt pour son deuxième camp à Tampa Bay

«C’est un monde vraiment différent de l’an dernier. Je connais tout le monde, je connais le système de jeu de l’équipe, je connais la ville. J’ai un char!»

À une semaine de son deuxième camp présaison dans la NFL, Antony Auclair sait beaucoup mieux ce qui l’attend qu’à pareille date, l’an dernier. Auclair et ses coéquipiers des Buccaneers de Tampa Bay se rapporteront à l’entraîneur-chef Dirk Koetter le mercredi 25 juillet, au One Buc Place, quartiers généraux de l’équipe nouvellement dotés d’un terrain intérieur climatisé.

Car comme chaque été sur la côte ouest de la Floride, le mercure surpasse souvent 35 °C et le taux d’humidité peut atteindre 90 %. Mais il semble que les Bucs ne s’entraîneront à l’air frais qu’un jour sur quatre, au désespoir d’Auclair. Les coachs veulent conserver l’avantage physique et psychologique lors des matchs locaux disputés dans la fournaise du stade Raymond James.

Le Beauceron de 25 ans est justement de retour dans la canicule floridienne depuis deux semaines. Après avoir soigné à Québec un ligament déchiré à la cheville, frousse du camp de printemps qui aurait pu compromettre une partie de sa saison par une opération. Mais la guérison a été meilleure que prévue et l’ailier rapproché de 6’5” et de 273 lb s’attend à être à 100 % pour l’ouverture du vrai camp.

«Ça fait un an que je suis ici, alors c’est complètement différent de l’année passée, dit-il au Soleil. J’ai fait de grands pas en un an et les entraîneurs l’ont vu aussi. Je joue plus vite, je pense moins. Je suis meilleur, mais les attentes sont aussi plus élevées pour la deuxième année. Je devrai vraiment amener mon jeu à un niveau supérieur», prédit-il avec conviction.

Se battre pour sa place

Au contraire de 2017, il n’est plus ce gars avec un drôle d’accent venu du Grand Nord. Il est juste Antony, ailier rapproché qui excelle au bloc. «Maintenant, c’est plus facile de communiquer, dans le vestiaire comme sur le terrain. Et j’ai des amis dans l’équipe, alors je peux jaser avec eux de ce qui va bien ou mal», confie Auclair.

Juste derrière l’un des meilleurs duos d’ailiers rapprochés de la NFL formé d’O.J. Howard et de Cameron Brate, le natif de Notre-Dame-des-Pins occupe une position-clé dans le schéma de jeu des Bucs avec Alan Cross comme quatrième as.

Mais voilà qu’à l’instar du Québécois l’an dernier, les recrues Donnie Ernsberger, Tanner Hudson et Jason Reese, embauchés comme agents libres, s’amènent dans l’intention de faire leur place et, si nécessaire, de lui voler son emploi.

«Dans la NFL, il y a toujours de la pression. Si tu ne fais pas ta job, il y a tout le temps quelqu’un de plus jeune ou de moins cher pour la prendre. C’est là que tu te mets à te demander si tu dois aider les autres gars! Et s’il te dépasse parce que tu l’as aidé?» réfléchit-il à voix haute.

«Bien moi, je me dis tant pis. Si je vois quelqu’un qui fait une erreur, je vais lui dire. Au moins, s’il se fait retrancher ou quelque chose comme ça, je ne me sentirai pas mal de ne pas l’avoir aidé. Et au pire, il sera meilleur que moi.»

Quant aux prévisions de classement pour 2018, Auclair souligne à quel point la ligne est mince. Sur les 16 rencontres des Bucs l’an dernier, 10 se sont soldées par un écart d’un touché ou moins. Tampa n’en a remporté que 3 sur 10, encaissant quatre revers consécutifs en décembre par des marges de six points (en prolongation), puis trois fois par trois points.

«On était très déçus. Si on avait été 7-3 au lieu de 3-7 sur ces 10 matchs, ç’aurait été complètement différent», regrette-t-il.

Le quart-arrière Jameis Winston est suspendu pour les trois premiers matchs réguliers de 2018, soit les rendez-vous des 9, 16 et 24 septembre contre La Nouvelle-Orléans, Philadelphie (champions en titre du Super Bowl) et Pittsburgh. Les Bucs joueront auparavant quatre parties préparatoires les 9, 18, 24 et 30 août.

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QUEL RÔLE?

Après n’avoir disputé qu’un seul des neuf premiers matchs en 2017, Auclair a été utilisé dans les sept dernières rencontres des Bucs, occupant même un poste de partant à trois reprises. Il a capté deux passes pour 25 verges de gains.

«C’est dur de dire où ils me voient cette année, mais le plan de match devrait être sensiblement le même qu’en fin de saison passée avec des jeux spécifiques où j’embarque. On a des ailiers rapprochés aux styles différents et l’idée est d’utiliser tout le monde à son plein potentiel», explique le numéro 82.