Anne-Catherine Tanguay affiche déjà ses couleurs en prévision de la prochaine saison de la LPGA.

Anne-Catherine Tanguay voit grand

Anne-Catherine Tanguay est membre de la LPGA depuis seulement 10 jours, mais elle présente déjà des objectifs précis pour la prochaine saison, sa première à temps plein sur le meilleur circuit de golf féminin au monde.

Participer aux cinq tournois majeurs, réussir deux tops 10, finir parmi les 60 premières au classement des boursières. Voilà, c’est dit. Des objectifs ambitieux, mais la golfeuse de Québec déborde de confiance.

«Je crois vraiment en mes capacités de réussir. Je pense que j’ai le niveau de jeu pour être compétitive dans ce calibre-là», a affirmé Tanguay, mercredi, en marge d’une conférence à l’hôtel Le Bonne-Entente, tout près de son ancienne école primaire.

Pour parvenir à ses fins, elle compte garder la même recette qui lui a permis de terminer la saison du circuit Symetra au huitième rang, classement dans lequel les 10 premières obtenaient une carte de la LPGA. Un piège à éviter : disputer trop de tournois de façon consécutive, sans prendre de pause.

«On va continuer de faire la même chose», indique Tanguay. «On a une formule qui fonctionne vraiment bien. Ça m’a pris trois ans à trouver cette recette-là. Et il y a beaucoup, beaucoup de gens qui nous conseillent ça : ne change rien.» 

La golfeuse de 26 ans est assurée de participer à au moins 16 rendez-vous de la LPGA en 2018. Sa présence lors des majeurs n’est pas garantie : tout dépend de son rang au classement des boursières. Un bon début de saison lui ouvrirait donc les portes du premier de la liste, l’ANA Inspiration, disputé du 29 mars au 1er avril.

Entre 80 000 $ et 100 000 $

L’ancienne du Collège St. Lawrence a déjà goûté à la LPGA grâce à un statut conditionnel. En 2016, elle avait participé à 10 tournois du grand circuit, faisant la coupe cinq fois et décrochant une 44e place. Cette année, elle a disputé deux autres épreuves. Elle profite déjà des conseils de deux autres Québécoises ayant goûté aux plaisirs (et frustrations) du circuit, Sara-Maude Juneau et Maude-Aimée Leblanc.

Tanguay se lance maintenant dans une nouvelle recherche de partenaires d’affaires, de commanditaires. Ses coûts de voyage pour une saison seront de 80 000 $ à 100 000 $, estime-t-elle. La LPGA coûte cher, mais la présence de ces quatre lettres à côté de son nom devrait lui faciliter la tâche.

«Il y a beaucoup d’entreprises de Québec qui vont l’encourager, j’en suis convaincu», a d’ailleurs lancé son ami Patrick Roy, président d’honneur de sa dernière campagne de financement.

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LE MESSAGE DE SON AMI ET MÉCÈNE PATRICK ROY

Ami et mécène d’Anne-Catherine Tanguay, Patrick Roy n’a pas caché sa fierté, mercredi, de voir la golfeuse de Québec atteindre le circuit de la LPGA à sa troisième saison chez les professionnels.

«On est ici à Québec et on parle de golf… Mais des golfeuses, on donne un coup de pied dans une poubelle et il en sort un paquet aux États-Unis, en Asie et un peu partout dans le monde. C’est un bel accomplissement de sa part», a illustré l’ancien gardien de la LNH, qui a joué plusieurs fois au golf avec Tanguay l’hiver dernier, en Floride.

Pendant ces rondes, il a été beaucoup question de l’aspect mental du jeu, a révélé le membre du Temple de la renommée du hockey. L’ex-numéro 33 était reconnu pour son talent, mais aussi (voire surtout) pour sa confiance débordante. «Ce que j’essayais surtout de passer comme message, c’est que je voulais qu’elle joue avec confiance. Car peu importe le sport dans lequel on évolue, ça joue un très grand rôle dans nos succès», a souligné Roy, qui jongle avec l’idée d’assister au premier tournoi de la prochaine saison de Tanguay, aux Bahamas.

L’ancien entraîneur de l’Avalanche et des Remparts voit son implication avec la golfeuse comme une chance de redonner au suivant. «J’ai été un des privilégiés. Je me considère chanceux d’avoir eu le support, d’avoir fait carrière dans un sport pour lequel j’étais passionné. Elle est passionnée [par le golf]. Souvent, on a besoin d’encouragements, alors tant mieux si je peux être là.»  

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DERRIÈRE CHAQUE GRANDE FEMME...

Le fiancé, cadet et gérant d’Anne-Catherine Tanguay, Jean-Hubert Trahan, a été submergé par l’émotion, mercredi, pendant la conférence de presse soulignant la conquête d’une carte de la LPGA par sa copine. La saison qui vient de se terminer a été épuisante pour le couple, malgré les succès. Trahan a passé toute l’année avec Tanguay pour la première fois depuis le début de la carrière professionnelle de son amoureuse. «Je suis très émotif. Je suis très près d’Anne-Catherine. Je vois tous les efforts qui sont derrière ça. Je vois tous les hauts et les bas; et les bas, ce n’est pas facile. Donc, avoir ce succès-là, c’est vraiment un bon feeling», a-t-il affirmé devant le micro du Soleil. Pendant la conférence de presse, la golfeuse a affirmé que son homme «fait 50 % du travail».