Andrew Gardiner (à droite) et Eleider Alvarez, un boxeur québécois d'origine colombienne.

Andrew Gardiner veut un combat revanche

Son adversaire et favori local a peut-être gagné, mais il s'est fait huer chez lui par la foule montréalaise. Quant à Andrew Gardiner, il a eu droit à une ovation malgré la défaite.
Visiblement, le boxeur d'Ottawa a gagné le coeur et le respect des amateurs de boxe, samedi soir, au Centre Bell. Il combattait en préliminaire du choc Bute-Pascal contre Eleider Alvarez (14-0, 8 K.-O.), un droitier montréalais d'origine colombienne qui est classé parmi les cinq meilleurs mi-lourds par la WBA et la WBO.
Ce dernier l'a emporté par décision unanime des juges (99-91, 96-93 et 97-93) à l'issue des 10 rounds. Une annonce impopulaire auprès d'une bonne partie des 20000 spectateurs sur place, qui ont fait connaître leur mécontentement.
«Les gens m'encourageaient, scandaient mon nom. C'était incroyable», a avoué Gardiner (10-1, 6 K.-O.), hier, au lendemain de sa première défaite chez les pros.
Ce dernier n'avait jamais monté dans un ring devant autant de gens. Dans la dernière année, il s'était battu devant plus de 1000 amateurs de boxe à trois reprises au Hilton du Casino Lac-Leamy, à Gatineau.
«J'ai eu plusieurs commentaires de gens après le combat. Les amateurs étaient sous le choc de m'avoir vu performer de la sorte.»
Le nom de Gardiner, qui s'entraîne au club franco-ontarien Final Round, ne figure dans aucun classement des principales fédérations de boxe. Il était négligé face à Alvarez, dont il était jadis son partenaire d'entraînement.
Victoire «garantie»
Ajoutez à cela que Gardiner avait accepté à la dernière minute d'affronter le pugiliste de 26 ans.
«Je crois que les gens ont eu un avant-goût de ce dont je suis capable», a-t-il dit.
Il reste que le jeune homme âgé de 29 ans avait les émotions partagées en revenant dans la capitale.
Oui, la foule s'est rangée derrière lui. Mais il estime qu'il aurait pu sortir victorieux.
«Il n'a pas vraiment gagné. C'est plutôt moi qui a perdu ce combat. J'aurais pu en donner beaucoup plus dans les deux derniers rounds. La victoire était là pour moi... J'aimerais bien obtenir une revanche. Je garantis que je gagnerais.»
Pas sûr qu'Alvarez en a le goût. Il a même refusé de serrer la main à son vis-à-vis après le combat, n'ayant pas apprécié un commentaire formulé par l'entraîneur de Gardiner, Éric Bélanger, sur Twitter dans les jours précédant.
«C'est la première fois que ça m'arrive, a avoué Gardiner. Il (Alvarez) ne semblait pas content... Il a le droit de faire ce qu'il veut.»
Marc Ramsay s'est porté à la défense d'Eleider Alvarez qu'il dirige chez GYM.
«Mon boxeur était très fâché de ce commentaire, au point où il voulait le voir dans son vestiaire pour lui régler son cas», a-t-il dit à TVA Sports.
Selon la chaîne sportive, les deux individus ont discuté plus tard afin de mettre les choses au clair.