Andre De Grasse était destiné à amasser trois médailles à Londres, au 100 mètres, au 200 mètres et au relais 4 x 100 mètres.

Andre De Grasse compte revenir plus fort

Au lieu de livrer bataille à Usain Bolt pour une dernière fois, Andre De Grasse a joué les touristes à Londres pendant les Championnats du monde d'athlétisme, au début du mois d'août.
Le sprinteur de 22 ans a assisté à un match de soccer entre Arsenal et Chelsea au stade Wembley. Il a circulé sur le pont de Londres et sur le Tower Bridge et il est allé voir deux films.
«C'était la première fois que je pouvais faire des activités dans une ville, parce que toute mon attention est toujours tournée vers la piste. Je n'ai donc jamais la chance de sortir et visiter des lieux. J'essayais seulement d'être heureux, positif et de trouver d'autres choses à faire.»
Et il a regardé, de sa chambre d'hôtel, la dramatique finale du 100 mètres, et il n'a pu s'empêcher de se dire: «si jamais...».
De Grasse, qui a connu une spectaculaire progression dans les rangs du sprint mondial avant de subir sa première blessure d'importance, est de retour à Toronto afin de se remettre d'une déchirure d'un muscle ischio-jambier. Il se dit résolu à rebondir et revenir meilleur que jamais.
«Je suppose que tout arrive pour une raison», a déclaré De Grasse, qui dit ne pas avoir été trop bouleversé d'avoir manqué ce qui aurait pu être, à ses yeux, un important chapitre de sa carrière.
«Je suis jeune. Pour moi, il s'agit de me relever à temps pour 2018 et d'être prêt pour les prochains championnats du monde (à Doha, en 2019) et les Jeux olympiques de 2020.»
L'athlète originaire de Markham, en Ontario, était destiné à amasser trois médailles à Londres, au 100 mètres, au 200 mètres et au relais 4 x 100 mètres. Toutefois, une blessure survenue pendant une séance d'entraînement l'a forcé à se retirer de la compétition.
Il s'agissait de la première de plusieurs mauvaises nouvelles pour une délégation canadienne qui a été durement frappée par les blessures et les maladies.
De Grasse espérait avoir la chance de détrôner Bolt à l'épreuve du 100 mètres, mais ce sont les Américains Justin Gatlin et Christian Coleman qui ont privé le Jamaïcain de tous les projecteurs lors de sa dernière course individuelle en carrière.
«Ça été une grande surprise, a déclaré De Grasse. J'ai adoré regarder la course. J'aurais aimé y être, mais il reste que ce fut une grande course», a ajouté le jeune canadien, qui a hâte d'affronter Gatlin et Coleman l'année prochaine.
Triple médaillé aux Jeux olympiques de Londres l'été dernier, De Grasse note que sa rééducation suit son cours.
«Je fais du jogging, beaucoup d'entraînement isométrique et des exercices où je lève les genoux très haut pour redonner de la force à mon ischio-jambier, a expliqué De Grasse. Je passe beaucoup de temps en gymnase, mais je ne fais rien de trop compliqué. Je consacre entre 30 et 60 minutes par jour à travailler le bas du corps, et je me contente de deux ou trois tours de piste.»
En septembre, il envisage retourner à son site principal d'entraînement, à Phoenix, pour préparer une saison occupée qui inclura les Jeux du Commonwealth en avril, où il prévoit participer à une épreuve individuelle et au relais. Il espère également participer aux Championnats NACAC à Toronto - qui mettront en présence des délégations de l'Amérique du Nord, de l'Amérique centrale et des Caraïbes - et a des compétitions de la Ligue de diamant.
Bien que sa blessure l'ait privé d'un dernier duel contre Bolt, De Grasse affirme qu'il n'existe aucune animosité entre les deux sprinteurs. Dans les semaines et les mois précédents le rendez-vous à Londres, il avait été question d'une fin acrimonieuse à leur amitié, mais De Grasse dit que ce n'a pas été le cas.
«Tout va bien, affirme De Grasse. Je sais que les médias disent que nous sommes des ennemis, mais ce n'est pas vrai. Je continue de le respecter, de lui demander comment il va et de lui souhaiter bonne chance.
«Je suis un compétiteur et je ne cherche jamais à être irrespectueux. Je ne suis pas fanfaron ni arrogant, mais c'est sûr que j'essaie toujours de gagner, comme n'importe qui d'autre.»