Le Franco-Ontarien Alphonse Ouimette part pour l’Allemagne où il participera à une étape de la Coupe du monde de patinage de vitesse au sein de l’équipe canadienne.

Alphonse Ouimette obtient enfin sa chance

Un autre nom s’ajoute à la liste des athlètes locaux à surveiller sur la scène internationale. Alphonse Ouimette donnera ses premiers coups de lame sur le circuit de la Coupe du monde, la semaine prochaine, en Allemagne.

Ce patineur de vitesse qui se spécialise en courte piste a grandi à 80 km au sud d’Ottawa. Plus précisément à Spencerville, une communauté rurale dont la population oscille entre 500 et 600 personnes.

L’athlète franco-ontarien a été nommé lundi au sein de l’équipe canadienne qui se rendra à Dresde, du 6 au 8 février. Il se retrouvera notamment aux côtés des Charles Hamelin, Steven Dubois et Kim Boutin.

Tout ça à l’âge de 24 ans, après avoir attendu patiemment son tour ces derniers hivers.

« Je suis un peu en retard sur les autres. Je n’ai pas d’expérience internationale », avoue Ouimette.

Son histoire est différente des autres, mais tout aussi intéressante. Il a effectué ses débuts à l’âge de 11 ans à Brockville.

« Il n’y a pas grand-chose à Spencerville, rappelle-t-il.

«Mon père m’a demandé si je voulais essayer le patinage de vitesse. Ça ne me tentait pas au début. Mais dès mon premier entraînement, j’ai aimé ça.»

Papa Gérald aussi. Ce dernier, qui est natif de Kapuskasing, patine encore aujourd’hui tout comme le reste de la famille, de maman Trudy aux sœurs Marieka et Sarah.

Alphonse Ouimette a tellement adoré patiner qu’il a délaissé le nid familial avant la fin de l’école secondaire. D’abord vers la région de Toronto où il a poursuivi ses études et sa carrière sportive. Il y a eu ensuite un hiver à Salt Lake City avant d’aboutir à Montréal depuis maintenant six ans où il partage son temps entre les bancs de l’université Concordia et l’aréna Maurice-Richard, domicile de l’équipe nationale.

«C’est super, ici. Je peux m’entraîner avec les meilleurs chaque jour avec les Pascal Dion, Charles Hamelin et Steven Dubois. Si je patine en compétition comme je le fais à l’entraînement, je vais avoir une bonne performance en Coupe du monde.»

Parlons justement de ses débuts en sol européen prévus dans une semaine.

«C’est une surprise. Je ne m’attendais pas à ça», affirme Ouimette.

Il avait raté en septembre sa qualification en vue des courses de la Coupe du monde par un maigre rang au classement.

«C’était une énorme déception. J’avais eu un peu de malchance. Je m’étais alors dit que c’était fini, se rappelle-t-il.

«Mais depuis, un patineur s’est blessé, un autre a pris sa retraite.»

La porte s’est donc ouverte pour l’intrus franco-ontarien au sein de l’équipe dominée par les rapides patineurs québécois.

Des athlètes qu’il connaît bien. Certains ont concouru contre lui en 2015 aux Jeux du Canada à Prince George.

Alphonse Ouimette avait notamment terminé quatrième derrière un triplé québécois au 1000 m.

Trois ans auparavant, il avait raté une bonne partie de sa saison en raison d’une fracture au tibia droit. Il se souvient encore très bien de la date et de l’endroit.

«Le 8 décembre à ma fête ! Un beau cadeau ! C’était ma première compétition junior à Toronto. Ça s’est passé dès la première course. J’ai été impliqué dans une chute à trois personnes. Malheureusement, c’est moi qui me suis retrouvé avec une jambe cassée.»

La jambe n’a jamais été aussi solide depuis cet accident survenu il y a déjà sept ans.

Ouimette a une pensée ces jours-ci pour les membres de la formation canadienne féminine qui l’ont aidé dans son développement.

«Je dis souvent que c’est grâce à l’équipe des filles si je suis rendu là. J’ai passé la saison dernière à m’entraîner beaucoup avec elles. L’entraîneur-chef Frédéric Blackburn m’avait contacté. Il voulait un gars pour tirer les filles un peu plus vite. Fred m’a permis de m’améliorer techniquement en me faisant faire des tours et des tours et des tours ! Il a eu confiance en moi.»

À Dresde, Alphonse Ouimette prendra le départ de deux épreuves au 1500 m, la distance sur laquelle il excelle.