Alexandre Dupuis est de retour sur les pistes de ski. Le Franco-Ontarien est en Allemagne en vue de ses premières courses internationales depuis 2016.

Alexandre Dupuis retrouve le peloton international

Quatre ans et trois chirurgies aux deux bras plus tard, Alexandre Dupuis renoue enfin avec les meilleurs biathlètes au monde.

Le Franco-Ontarien originaire de Vankleek Hill est en Allemagne en vue de ses premières courses internationales depuis 2016. Il participera dans les prochaines semaines aux championnats européens en Estonie, une étape de la Coupe IBU à Minsk de même que deux autres compétitions.

« Je n’ai jamais eu de doutes que je reviendrais. Je n’ai jamais arrêté de m’entraîner fort », a soutenu Dupuis, mercredi, au bout du fil.

Ce dernier l’avoue, sa patience a quand même été mise à rude épreuve.

Ce retour dans le peloton international à l’âge de 24 ans a pris plus de temps que prévu. Il a finalement obtenu l’invitation tant attendue de Biathlon Canada après les sélections nationales tenues à la fin de l’automne.

« Je peux dire que ça passait ou cassait. Si ça ne fonctionnait pas, j’aurais peut-être repensé à la suite de ma carrière. »

Dupuis était jadis considéré un des beaux espoirs de son sport. Triple médaillé des Jeux du Canada, il avait terminé cinquième à une épreuve individuelle des championnats du monde jeunesse de biathlon en 2014, à Presque Isle, aux États-Unis. À cela s’était ajoutée une médaille d’argent en relais.

Puis en janvier 2016, le biathlète de l’Est ontarien avait terminé 50e aux Mondiaux juniors à Cheile Gradistei, en Roumanie. Il avait ensuite participé à une étape senior de la Coupe IBU en Slovaquie.

Cette sortie allait s’avérer sa dernière sur la scène internationale. Un accident de vélo lors d’un entraînement l’été suivant avec des membres de l’équipe nationale a fait dérailler sa carrière.

Son coude droit a été brisé en cinq morceaux. Celui de gauche a aussi été drôlement amoché. Des ligaments ont été touchés.

Dupuis a eu les deux bras dans le plâtre. Sa mère a dû le nourrir à la cuillère pendant plusieurs semaines.

Ce dernier a pu renouer avec la compétition en janvier 2017. Il a même gagné un premier titre nord-américain deux mois plus tard.

« Mais après ça, c’est devenu plus compliqué », a-t-il reconnu.

Dupuis n’avait pas complètement récupéré de son accident. Il y a eu une autre chirurgie. Ajoutez les médicaments pour l’aider à guérir. Puis il y a eu aussi des malchances en cours de route lors de certaines compétitions.

« Le problème n’était pas avec les bras, mais avec ma forme physique. J’en avais perdu beaucoup en arrêtant pendant plusieurs mois. »

Il reste que son bras gauche n’a jamais retrouvé la même flexibilité. Résultat, le principal intéressé a dû faire modifier sa carabine. « Je ne peux plus tourner ma main vers l’extérieur », a-t-il expliqué.

Alexandre Dupuis ne s’est fixé aucun objectif en vue de ses premières courses en Europe depuis 2016. « La page est vide », a-t-il imagé.

« Ça fait quatre ans que je ne suis pas sur le circuit. Je ne sais plus où je me situe. »

Ce qu’il sait ? Il va savourer chaque moment sur la piste et le champ de tir. « Il y aura un peu d’incertitude, mais ma motivation sera là ! »

Après ces sorties sur le Vieux Continent, ce sera direction vers la maison de ses parents.

Dupuis, qui s’entraîne depuis six ans en Alberta, passera une semaine dans la capitale nationale avant de se rendre à Valcartier, site des championnats canadiens. Il espère se tailler une place au sein de l’équipe nationale senior en vue de la saison 2020-2021.