De retour à sa résidence des Hautes-Plaines de Gatineau depuis trois semaines, Alain Vigneault cherche à appuyer ses Flyers du mieux qu’il le peut.
De retour à sa résidence des Hautes-Plaines de Gatineau depuis trois semaines, Alain Vigneault cherche à appuyer ses Flyers du mieux qu’il le peut.

Alain Vigneault encourage ses proches

Fils de médecin, Alain Vigneault a beaucoup d’admiration pour les travailleurs du domaine de la santé.

Il en a d’autant plus à l’heure actuelle alors que sa conjointe Monica Cotton et sa sœur Nicole sont sur les premières lignes de la lutte contre la pandémie de la COVID-19, la première étant infirmière à l’urgence de l’hôpital Général d’Ottawa alors que la seconde travaille pour Santé Québec dans un rôle de gestion.

De retour à sa résidence des Hautes-Plaines de Gatineau depuis trois semaines, l’entraîneur-chef des Flyers de Philadelphie cherche donc à les appuyer du mieux qu’il le peut.

«Monica a les deux pieds dedans et elle trouve que ses patrons ont fait tout un travail au niveau de la logistique et du triage quand les ambulances arrivent. Elle se sent bien en sécurité, bien protégée pour faire son travail quand des cas (de coronavirus) arrivent à l’urgence. Et celle-ci n’est pas débordée alors qu’on y retrouve moins de monde que normalement», a confié Vigneault en entrevue avec Le Droit cette semaine.

Pour ce qui est de sa sœur (épouse de l’ancien Olympique Jean Poulin), «Nicole a travaillé sept jours sur sept à la santé publique lors des trois premières semaines après que ça (la pandémie) a décollé. Je suis allé en Floride (au début de la pause dans la LNH) et je ‘l’achalais’ en lui disant, ‘Bienvenue dans mon monde, là tu sais ce que c’est de travailler tous les jours’. Depuis deux-trois semaines, elle peut prendre une journée de congé par semaine, elle travaille excessivement fort, de bonne heure le matin jusqu’à tard le soir. Elle est impliquée au niveau des décisions techniques, sur le terrain, que le CISSO doit prendre. Ceux qui sont là-dedans, ce n’est pas une tâche facile, ils ont tout mon respect.»


« Il y a des gens qui ont de plus sérieux problèmes que nous (dans la LNH), mais je pense que le sport va être une façon de ramener la vie quotidienne à une certaine normalité. »
Alain Vigneault

L’ancien entraîneur des Olympiques, du Canadien, des Canucks et des Rangers (entre autres) se fait également du souci pour ses parents âgés de 86 et 84 ans, son père Maurice et sa mère Loraine, qui sont tous les deux à la résidence du Domaine des Trembles. «Ils ont dû être séparés d’étage il y a trois mois parce que mon père ne pouvait plus s’occuper de ma mère alors que son Alzheimer a progressé. Mon père s’ennuie à mort, mais il a encore toute sa tête. Il a même appris récemment à me répondre quand je l’appelle sur son iPad pour faire du ‘FaceTime’. Avant, c’était Nicole ou mon autre sœur Sonia (l’actrice) qui faisait ça pour lui, mais il a appris comment peser sur le ‘piton’ vert», lance Vigneault en riant. «Ils sont bien là-bas, ils sont bien traités», ajoute-t-il.

En plus de s’assurer que ses proches, dont ses deux filles qui habitent à Montréal, gardent un bon moral dans les circonstances, Vigneault participe à un programme mis sur pied par les Flyers pour encourager des personnes âgées d’une résidence de Philadelphie en effectuant des appels téléphoniques pour leur parler et les écouter.

«Quand les Flyers m’ont parlé de ce programme, quelques personnes de mon groupe (d’entraîneurs) ont parlé de le faire. On s’est dit que si on pouvait aider, même si c’est d’une façon minuscule, on voulait le faire», a-t-il mentionné lors d’une conférence téléphonique avec les médias de la Ville de l’amitié fraternelle.

L’homme de hockey de 58 ans est optimiste que la LNH pourra reprendre ses activités pour terminer la présente saison et couronner un champion de la coupe Stanley. «Il y a des gens qui ont de plus sérieux problèmes que nous (dans la LNH), mais je pense que le sport va être une façon de ramener la vie quotidienne à une certaine normalité. Pas juste le hockey, mais le golf, le football, le basket-ball. Ça va redonner de l’énergie aux gens. Ce sera ça notre part pour aider la société à repartir», pense Vigneault, qui n’a qu’une connaissance (le propriétaire des Rangers James Dolan, qui a été infecté par le coronavirus.

L'entraîneur-chef des Flyers, Alain Vigneault est confiant que son équipe pourrait se tailler une place dans les séries à la reprise de la saison.

LES FLYERS AURONT DES CHANCES «SI ÇA REPART»

Alain Vigneault blague qu’il est prêt pour les séries, ayant laissé pousser sa barbe pendant la pandémie.

Bien malin qui peut dire exactement quand le « détail » aura lieu, sous quelle forme et si les derniers matches de la saison régulière auront lieu auparavant.

La bonne nouvelle pour l’entraîneur gatinois, c’est que ses Flyers sont assurés d’y participer s’il y en a bel et bien, eux qui étaient l’équipe de l’heure dans la LNH avant la pause avec neuf victoires à leurs 10 dernières sorties, ce qui leur avait permis de s’approcher à un point du premier rang de la division Métropolitaine détenu par les Capitals de Washington avec un dossier de 41-21-7 bon pour 89 points.

« Et notre seule défaite était contre Boston dans ce qui avait été un excellent match de hockey (revers de 2-0), notre dernier avant la pause, a-t-il souligné. Depuis le 1er novembre, nous avons une des trois meilleures fiches de la ligue, avec Boston et Tampa Bay. J’avais parlé en arrivant au début de l’année qu’il fallait que nos joueurs s’améliorent individuellement pour aider l’équipe à atteindre son plein potentiel, et ils l’ont fait. Je suis satisfait alors que les clubs qui s’améliorent au fil de l’année ont la chance de participer aux séries et de jouer pour la coupe Stanley. On est dans cette ‘gang’ là, on a progressé individuellement et collectivement et si ça repart, on va avoir une chance. »

Comme tout le monde à travers la ligue, Vigneault écoute les directives des dirigeants de la ligue et il attend de voir ce qu’ils vont décréter avant d’arrêter des plans définitifs pour un éventuel camp d’entraînement d’environ deux semaines.

« Tout le monde va être dans le même bateau. Il y a bien des étapes à venir avant ça, mais je suis de ceux qui souhaitent finir la saison. On va laisser la ligue prendre les décisions qu’ils ont à prendre. Pour l’instant, je suis ici et j’attends l’ouverture des terrains de golf ou la reprise, celui des deux qui va venir en premier », blague-t-il.

Finaliste pour la coupe Stanley à deux reprises, avec les Canucks en 2011 et les Rangers en 2014, sait que toutes les équipes vont naviguer en terrain inconnu à la reprise des activités. « J’ai un personnel avec de l’expérience (incluant Michel Therrien, autre ancien du Canadien). J’ai confiance qu’on pourra revenir au point où nous étions pour se donner une chance », note-t-il.

Dans notre édition de demain : Alain Vigneault parle de Claude Giroux et Louis Robitaille.