À l'aube du début du camp d'entrainement, plusieurs questions demeurent sans réponse chez les 67's.

Une saison prometteuse en vue

Quarante joueurs vont sauter sur la patinoire du Complexe Minto de l’Université d’Ottawa pour lancer le camp d’entraînement des 67’s d’Ottawa mercredi. Récent médaillé d’or avec l’équipe canadienne des moins de 18 ans à la Classique Hlinka-Gretzky, l’entraîneur-chef André Tourigny avait déjà commencé à recevoir ses joueurs dimanche pour la journée des tests médicaux. Des tests de conditionnement physique et des activités pour développer l’esprit d’équipe étaient à l’horaire mardi, mais les vrais tests vont commencer mercredi avec deux matches intra-équipe à 9 h et 15 h. Plus jeune formation de la Ligue de l’Ontario (LHO) la saison dernière, les 67’s ont fixé de grandes attentes cette saison avec le retour potentiel de 19 vétérans, dont neuf qui participeront à des camps de la LNH d’ici peu. C’est énorme. Avec autant de vétérans et des recrues prometteuses comme leur choix de première ronde Cameron Tolnai et l’arrivée du dynamique attaquant autrichien Marco Rossi, la direction risque d’avoir des décisions difficiles à prendre d’ici peu. André Tourigny pense avoir les éléments pour viser le championnat de la conférence ou, à tout le moins, obtenir l’avantage de la glace au premier tour des séries éliminatoires (un top-4). Les 67’s n’ont pas gagné une ronde éliminatoire depuis 2012, mais l’équipe peut se montrer enthousiaste à la veille de son prochain camp d’entraînement. Voici donc cinq questions qui retiendront l’attention d’ici le début de la saison régulière le 21 septembre prochain.

1) Qui remplacera Travis Barron à titre de capitaine ?

Les 67’s n’ont invité que deux joueurs de 20 ans à leur camp d’entraînement : le prolifique Tye Falhaber et l’énergique Shaw Boomhower. En principe, le capitaine Travis Barron pourrait revenir disputer une cinquième saison avec les 67’s à 20 ans, mais André Tourigny ne compte pas là-dessus. Quand les 67’s ont été éliminés au premier tour des séries l’an dernier, Barron est allé gagner la coupe Kelly dans la East Coast Hockey League  avec le club-école de l’Avalanche du Colorado. Sa prochaine étape, c’est de jouer chez les professionnels à temps plein. « Six joueurs font partie d’un comité de leadership que nous avons mis en place. Je suis certain que nous aurons un capitaine et des adjoints là-dedans. Nous n’attendons pas Travis. Il a été un des meilleurs joueurs de notre ligue l’an dernier. J’espère pour lui qu’il va rester en haut. Je serais très excité de le ravoir pour nous, mais les chances sont vraiment faibles. »

2) Qui sera le gardien numéro un ?

Les 67’s débordent d’attaquants et de défenseurs talentueux, mais ils n’ont pas de profondeur devant le filet. Le Franco-Ontarien Cédrick Andrée aura la chance de montrer qu’il a l’étoffe d’un gardien numéro un à sa deuxième saison avec l’équipe, mais il n’a pas joué beaucoup l’an dernier. Les trois autres gardiens au camp ont 16 ou 17 ans. Repêché en deuxième ronde cet été, Will Cranley est favori pour obtenir le poste de second, mais si les 67’s  décident qu’ils ont besoin d’un gardien, ils ont toutes les munitions au monde pour aller en chercher un. Ils ont trop de bons joueurs établis et possèdent plusieurs hauts choix au repêchage.

3) Combien de recrues feront l’équipe ?

Avec 11 attaquants et sept défenseurs qui peuvent revenir avec l’équipe, les vétérans seront difficiles à déloger, mais Cameron Tolnai a été le sixième joueur sélectionné dans la LHO cet été après une récolte de 29 buts et 76 points en 34 matches au niveau midget AAA. L’Autrichien Marco Rossi a amassé 51 points en 34 matches à 16 ans dans la meilleure ligue junior de la Suisse et Jack Quinn, deuxième choix du club en 2017, a été la recrue par excellence de la Ligue centrale junior A l’an dernier. Il faudra les intégrer à l’équipe. Cinq défenseurs du club participeront à des camps de la LNH. Ça laisse peu de place aux recrues, mais celles-ci pourront toujours forcer la direction à considérer l’échange d’un vétéran afin d’assurer un équilibre dans la rotation défensive. « Nous aimons beaucoup nos vétérans. En même temps, nous voulons que nos recrues volent leurs jobs. Ça nous placerait devant des décisions très difficiles », a dit Tourigny.

4) Pourrait-il y avoir deux duos de frères avec l’équipe ?

Les 67’s ont repêché des jumeaux cet été en mettant la main sur les frères Tolnai. Si Cameron semble assuré d’un poste en vertu de la sélection au premier tour, c’est beaucoup moins évident pour son frère Davis, un gardien repêché en 15e et dernière ronde. Les 67’s ont aussi repêché le jeune frère de leur attaquant vedette Sasha Chmelevski. Nicholas est un Américain repêché en 13e ronde. « Il y a trois joueurs de 16 ans là-dedans. Mathématiquement, les chances sont faibles. Ce n’est pas une priorité de rassembler des frères », a reconnu Tourigny.

5) Les 67’s pourraient-ils piger dans le bassin de joueurs de la LHJMQ ?

L’an dernier, les 67’s ont utilisé leurs contacts dans la LHJMQ pour aller chercher le gardien de 20 ans Olivier Tremblay, soumis au ballottage par les Huskies de Rouyn-Noranda. Il n’avait pas trouvé preneur dans le circuit Courteau, mais les 67’s avaient besoin d’un gardien d’expérience. « On connaît une couple de personnes dans cette ligue-là, lance celui qui a longtemps dirigé les Huskies, puis les Mooseheads de Halifax. C’est encore une bonne possibilité cette année ! »

*Boni) Combien de joueurs francophones feront partie de l’équipe ?

Les Franco-Ontariens Samuel Bitten, Merrick Rippon et Cédrick Andrée sont de retour. Le défenseur Alec Bélanger (né à Québec) et l’attaquant Yanic Crête (L’Orignal) ont tous les deux été sélectionnés en troisième ronde cette année et ne peuvent pas être écartés de l’équation. Le défenseur ottavien David Lafrance, ajouté au repêchage des moins de 18 ans, partira d’un peu plus loin.