André Tourigny est bien content de voir ses 67’s d’Ottawa enchaîner les victoires, mais il affirme que son équipe ne joue pas encore à son plein potentiel. Signe que la victoire est contagieuse, ses joueurs étaient tous sur la glace pour s’exercer 10 minutes après l’entraînement officiel de mardi.

Un potentiel «terrifiant» pour les 67’s

Des milliers de petits monstres défileront dans les rues d’Ottawa pour la soirée de l’Halloween mercredi, mais il y a encore plus terrifiant dans la capitale nationale.

En ce dernier soir d’octobre, les 67’s d’Ottawa occupent le 1er rang de la Ligue de l’Ontario (LHO). Ils viennent d’amasser 19 points à leurs 10 derniers matches (fiche de 9-0-1), mais leur entraîneur-chef André Tourigny avance que son club est encore loin de jouer à son plein potentiel.

Voilà une affirmation déroutante pour les 19 autres formations de la LHO, mais avant de partir en peur, André Tourigny a pris soin d’expliquer son raisonnement. Non, il n’est pas tombé sur la tête.

« Quand je dis que nous n’avons pas atteint notre potentiel, les gens font l’association aux résultats. Est-ce qu’on peut améliorer nos résultats ? Non. Nous sommes premiers et nous n’allons pas toujours passer des séquences de 10 matches sans perdre en temps réglementaire. Ce sont nos performances que nous pouvons améliorer. »

André Tourigny est dans la Ligue canadienne depuis trop longtemps pour savoir que les championnats ne se gagnent pas en octobre.

« Chaque année, quand je visionne les matches du mois d’octobre et que je les compare avec ceux du mois de mars, on dirait que ce n’est pas la même ligue. Si nous nous trouvons bons et que nous sommes satisfaits avec ça, nous ne ferons même plus partie de la discussion à la fin de l’année. Tous les clubs vont s’améliorer. Pas juste nous. Nous sommes contents de gagner souvent, mais ce n’est pas comme si nous déclassions tout le monde. Nous ne gagnons pas nos matches 6-1. Nous gagnons par un but. Nous gagnons en prolongation. »

Loin d’être mordu des statistiques, Tourigny a demandé au Droit d’aller vérifier quelques données clés pour démontrer que son club peut prendre du mieux à tous les points de vue.

Données révélatrices

L’attaque des 67’s est sixième dans la LHO. La défensive est cinquième pour les buts alloués. L’unité du désavantage numérique est 10e alors que l’attaque massive est presque dernière (17e) avec un faible taux d’efficacité de 11,7 %.

« Il y a plein d’endroits où nous pouvons être meilleurs. Je n’évalue pas notre équipe selon nos résultats. Je l’évalue selon notre façon de jouer. Ça va bien pour nous, mais nous avons encore du travail à faire. »

Lent départ prévisible

Les attentes étaient élevées envers les 67’s cette saison. Avec une fiche de 12-3-1, on peut dire qu’ils remplissent leur mandat, surtout qu’ils avaient commencé la saison en perdant deux de leurs trois premiers matches par des scores de 7-3 et 5-1. Sans dire qu’il avait vu venir le coup, Tourigny admet qu’il était prévisible que son club ait de la difficulté à sortir des blocs de départ.

« Nous avions 11 joueurs à des camps de la Ligue nationale. Comme coach, c’était la première fois que je vivais ça. Nous n’avons pratiquement pas eu de camp d’entraînement. Nous ne pouvions pas pratiquer notre jeu collectif avec seulement 10 joueurs à notre disposition. Cinq de nos 10 gars du jeu de puissance n’étaient pas là. Nous ne pouvions pas pratiquer notre jeu à cinq contre cinq avec seulement 10 joueurs. Quand la saison est commencée, la majorité de nos gars étaient revenus, mais ils n’avaient aucune cohésion. »

L’autre facteur non négligeable du lent départ des 67’s est attribuable à la nature humaine.

« Pour les vétérans qui étaient ici au camp, leurs chums étaient partis. On ne peut pas dire qu’ils ont eu un camp d’enfer non plus... »

Ce qui compte, c’est que les 67’s forment l’équipe de l’heure dans la LHO en ce moment. Sa séquence victorieuse sera mise à rude épreuve cette semaine avec le plus long voyage de trois matches en trois jours de la saison. Le club s’arrêtera à Windsor jeudi, à Flint vendredi et à Saginaw samedi.

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Cédrick Andrée

ANDRÉE RÉDUIT SES CRITIQUES AU SILENCE

Avant même le dépôt de la rondelle du premier match de la saison, tout le monde savait que les 67’s d’Ottawa avaient de la profondeur avec leurs attaquants et leurs défenseurs.

Quand Kody Clark, qui vient de signer un contrat dans la LNH, patrouille le quatrième trio à l’occasion, c’est qu’il y a du talent mur à mur sur les quatre trios.

Devant le filet, les deux gardiens des 67’s avaient cependant tout à prouver. À 18 ans, Cédrick Andrée sortait d’une année recrue de 13 matches où il avait maintenu une moyenne de 4,69 buts alloués par match et un pourcentage d’arrêt de ,858. Son adjoint, Will Cranley, était une verte recrue de 16 ans.

Candide, le Franco-Ontarien d’Orléans avoue avoir senti la soupe chaude quand il a commencé ses trois premiers matches avec une moyenne de 5,30 et un pourcentage d’efficacité à ,812.

«J’étais stressé. Je venais de connaître un bon camp. Je me demandais pourquoi ça ne marchait plus, soudainement. J’entendais les murmures. Les gens disaient que ça prenait un échange pour aller chercher un autre gardien. Je voulais bien faire. C’était mon rêve de jouer chez nous pour les 67’s.»

Puis, tout a changé après une bonne discussion avec son entraîneur André Tourigny.

Dans les neuf matches suivants, Andrée a toujours mené son équipe à la victoire. Pendant cette séquence active de neuf gains consécutifs, il a accordé en moyenne 2,38 buts par match avec un taux d’efficacité de ,930. Aujourd’hui, ses statistiques totales (2,59 et ,905) sont parmi les meilleures de la ligue.

«Après le troisième match, le coach m’a fait remarquer que je ne semblais plus m’amuser sur la glace. Pendant le camp où tout allait bien, j’étais détendu. Je blaguais. Je m’amusais. Quand la saison a commencé, tout est devenu sérieux. J’avais oublié que le hockey était un jeu. C’était devenu comme un emploi. Je suis revenu à mon approche du camp d’entraînement et ça va mieux depuis.»

Aujourd’hui, André Tourigny dit que le téléphone a cessé de sonner chez les 67’s.

«Nous avions beaucoup d’appels au début. Tout le monde voulait nous offrir un gardien, mais la facture de téléphone vient de descendre là ! Non seulement Cédrick a été bon, mais il a souvent été notre meilleur joueur. Il a été encore meilleur que ses statistiques le disent. Contre London, il a fait face à trois échappées et deux descentes à deux contre un. Il a tout bloqué.»

Avec sa confiance renouvelée, la nervosité d’Andrée a disparu. «C’est l’fun de sentir que tu es un membre important de l’équipe en gagnant des matches où nous accordons juste un but.»

L’ancien de l’école secondaire Béatrice-Desloges devrait garder les buts pendant les trois matches du long voyage de cette semaine. Son adjoint, Will Cranley, sera retenu au Défi mondial des moins de 17 ans.

Pour le remplacer, les 67’s ont fait signer un contrat à Jean-Philippe Tourigny, qui s’alignait avec les Blazers de Kanata dans la Ligue junior A. Oui, c’est le fils du coach ! Il représentera une police d’assurance pendant deux semaines.