Portant son chandail des 67’s d’Ottawa midget AAA sur cette photo croquée en 2016, William Bitten (à gauche) aurait aimé jouer avec son frère Samuel dans l’équipe de sa ville natale, mais le sort en a voulu autrement. Ils ont rendez-vous au premier tour des séries éliminatoires de la Ligue de l’Ontario à compter de jeudi.

Un duel à finir entre les frères Bitten

Une série éliminatoire entre deux frères, c’est toujours particulier.

En 2013, Étienne Boutet des Olympiques de Gatineau s’était montré plutôt raide avec son cadet Jasmin en allant jusqu’à couper tous les ponts avec lui pendant la durée de la série où les Gatinois avaient surpris l’Océanic de Rimouski malgré un écart de 28 points au classement.

Cinq ans plus tard, la région va vivre une autre série similaire alors que les 67’s d’Ottawa de Samuel Bitten seront les négligés contre les Bulldogs de Hamilton de William Bitten. Le club de la ville d’acier a remporté le championnat de sa conférence dans la Ligue de l’Ontario. Les 67’s ont pris le huitième rang, mais l’écart entre les deux clubs est de 24 points, moins que celui qui séparait les Olympiques de Benoît Groulx à celui de l’Océanic de Serge Beausoleil en 2013.

Les jeunes 67’s pourront-ils renverser un club qui a misé sa dernière chemise pour remporter un championnat ce printemps ? Chose certaine, les Bitten n’ont pas l’intention de s’ignorer pendant les prochains jours. Ils espéraient tous les deux ce duel entre frangins.

À sa dernière année chez les juniors, William Bitten avait les yeux rivés sur le classement en fin de saison dans l’espoir de croiser Samuel avant de passer chez les professionnels. L’aîné a signé un pacte de trois saisons avec le Canadien de Montréal récemment.

« Je voulais jouer contre les 67’s. Nous avons gagné nos cinq matches contre eux cette année. Mon frère et moi, nous sommes très proches. Notre objectif ultime était de jouer ensemble dans la même équipe. Ça n’a pas fonctionné. Les 67’s auraient pu me repêcher, mais ils ne l’ont pas fait (ils ont plutôt sélectionné Travis Barron), alors pour moi, c’est une motivation supplémentaire », a dit celui qui a pris le quatrième rang des marqueurs des Bulldogs avec 64 points en 62 matches.

Pour Samuel, qui concède deux ans à William, cet affrontement contre les Bulldogs semble surréel. Garçon, son aîné avait été sa première idole alors que William pulvérisait les gardiens du hockey mineur de la région d’Ottawa.

« Quand j’étais jeune, je ne ratais jamais un match de William. Il était impressionnant. De pouvoir jouer au moins quatre autres matches contre lui, c’est excitant. Nous avons toujours été en compétition dans tous les sports. Quand on se battait dans le sous-sol chez nous, c’est toujours lui qui gagnait. Regardez-moi ce visage. Vous voyez bien que ç’a mal tourné pour moi ! Par contre, je suis le meilleur joueur de badminton », a dit le fils de deux athlètes olympiques dans ce sport de raquette.

L’anecdote de l’aîné

« Je vais lui donner au moins ça. C’est vrai qu’il me bat au badminton », a admis William, qui avait une autre anecdote par rapport à son premier affrontement sur la glace de la Place TD contre Samuel cette saison.

« Nos entraîneurs nous avaient délégués pour la mise en jeu initiale. Samuel l’avait gagné. Il était bien fier, mais 10-15 secondes plus tard, j’ai compté notre premier but. Il était moins fier de commencer son match à moins un ! »

William voudra maintenant remporter une première ronde éliminatoire en carrière dans la LHO, mais il souhaite aussi du succès à son cadet. « Je demeure protecteur. Je n’aime pas quand il se fait brasser. Les séries, c’est cependant plus sérieux et je pense que nous allons arrêter de nous parler pendant les réchauffements. Pour moi, ça va être cool de jouer cette série à la maison devant mes parents et mes amis. Je pense que mes parents seront déchirés, mais ils savent que Samuel a du temps devant lui. Ils vont se ranger de mon côté. C’est ma dernière année dans la ligue ! »

Samuel, qui joue un rôle défensif à son année recrue, compte tout faire pour jouer les trouble-fête devant les Bulldogs. « Je regarde tous leurs matches quand nous ne jouons pas. J’ai appris quelques trucs au fil de la saison... »

UNE SAISON ENTIÈRE POUR PRÉPARER LES SÉRIES

Dans un dernier événement avant de consacrer toute leur concentration aux séries éliminatoires, les 67’s d’Ottawa ont tenu leur gala annuel pour honorer leurs joueurs les plus méritoires mardi soir dans un salon de la Place TD.

Arborant la crinière blonde en signe de solidarité, les joueurs sortaient du lot parmi la foule constituée de membres de l’organisation, de bénévoles et des familles d’accueil.

Mercredi, l’équipe mettra le cap sur Hamilton où elle affrontera les Bulldogs vendredi et dimanche. Les deux matches locaux des 67’s seront présentés mardi et mercredi de la semaine suivante, malheureusement en même temps que les matches des Olympiques à Guertin contre les Tigres de Victoriaville.

Le directeur général du club, James Boyd, s’est fait philosophe à la veille du duel contre les champions de la conférence de l’Est de la LHO.

« André (Tourigny) et son personnel n’ont pas dirigé l’équipe en fonction des résultats en saison régulière. Ils ont utilisé la saison afin de préparer l’équipe aux séries éliminatoires et c’est là que nous sommes rendus. Une chose est sûre, c’est que nous avons une équipe au sommet de sa forme. Nos nombreuses remontées en sont la preuve. Notre rendement à la fin des séquences de trois matches en trois jours aussi. Nous avons une équipe difficile à affronter et ça ne changera pas dans la prochaine série. »

En attaque, le premier trio des 67’s n’aura rien à envier à celui des Bulldogs. Meilleur compteur, meilleur attaquant et joueur le plus utile à l’équipe au gala de mercredi, Sasha Chmelevski a formé un trio du tonnerre avec Tye Felhaber et le capitaine Travis Barron en fin de saison. Ensemble, ils ont récolté 203 points. C’est seulement 10 points de moins que le trio de Robert Thomas, Brandon Saigon et Matthew Strome des Bulldogs.

Le problème, c’est que ces derniers peuvent répartir leur attaque  sur trois trios contre deux pour les 67’s.

Recrue de l’année, Mitchell Hoelscher pivote le deuxième trio des 67’s. Will Bitten, deuxième centre des Bulldogs, en a marqué le double alors qu’il a retrouvé ses deux compagnons de trio de l’époque où il jouait à Flint (Ryan Moore et Nicolas Caamano)  pendant la dernière période des transactions. Ils ont tous récolté plus de 55 points cette année.

Gagnant du nouveau prix « Sean Monahan » qui récompense le joueur d’équipe par excellence, Travis Barron était émotif en recevant son prix mercredi soir.

« Je viens de vivre les quatre plus belles années de ma vie. J’aime cette équipe. Faisons un long bout de chemin dans les séries », a-t-il dit sans pouvoir retenir ses larmes.

Les entraîneurs de la LHO ont aussi décerné à l’espoir de l’Avalanche du Colorado les titres du plus grand travailleur et du joueur qui donne les meilleures mises en échec dans un sondage.

Un des bons espoirs du prochain repêchage de la LNH, Kevin Bahl a reçu le titre du meilleur défenseur. Noel Hoefenmayer a été reconnu pour son engagement communautaire. Kevin Bahl et le gardien recrue Cédrick Andrée ont quant à eux été honorés pour leur excellence académique.