Le légendaire Brian Kilrea a des bons mots à l’endroit de son successeur à la barre des 67’s d’Ottawa, André Tourigny.

Tourigny impressionne Kilrea

Légende vivante dans la capitale nationale, Brian Kilrea en a vu des éditions dominantes des 67’s d’Ottawa.

Le membre du Temple de la renommée du hockey pour ses 1194 victoires dans les rangs juniors en 35 ans derrière le banc, un record qui n’est pas près d’être égalé, se réjouit évidemment de voir le club qu’il aide toujours au niveau du dépistage regagner ses lettres de noblesse cette saison et surtout ce printemps, alors que la troupe dirigée par André Tourigny attend de connaître l’identité de son adversaire en finale de l’Est en séries de la LHOntario.

Doté d’une mémoire d’éléphant encore à 84 ans, « Killer » dresse même un parallèle entre les 67’s de 2018-2019 et ceux de 1976-1977 qui ont remporté le premier de ses trois championnats de la LHOntario (mais pas la coupe Memorial, gagnée en 1984 et 1999).

« Les jeunes de cette année me rappellent cette équipe qui comptait le trio de Bobby Smith, Tim Higgins et Steve Payne en plus d’un jeune Yvan Joly et d’autres piliers comme Steve Marengere et Doug Wilson comme pilier à la ligne bleue. La rondelle circulait aisément avec cette équipe et c’est la même chose cette année. André mise sur quatre trios et tout le monde se passe bien la rondelle. Parfois, ils se la passent même trop, laissant passer de bonnes chances de lancer », faisait remarquer Kilrea en entrevue avec Le Droit lundi.

« Le programme de conditionnement physique qu’il (Tourigny) a établi fonctionne également, parce qu’ils sont capables de jouer très longtemps », a-t-il ajouté au sujet du club qui a éliminé les Wolves de Sudbury avec un quatrième gain consécutif jeudi dernier, celui-ci enregistré en troisième période de prolongation.

« Je peux aussi dire qu’André travaille très fort. Il ne se contente pas de coacher, il vient faire des tournées de dépistage avec nous très souvent, aussi. Il veut voir les joueurs qui sont considérés par (le DG) James Boyd », souligne-t-il plus tard.

Kilrea a pris sa retraite comme entraîneur il y a maintenant 10 ans, après la saison 2008-2009. Il est ensuite demeuré dans le giron de l’équipe, d’abord comme directeur général, puis comme simple consultant, effectuant des voyages à travers la ville et la province avec son ancien adjoint Bert O’Brien. Il demeure l’éminence grise de l’équipe, ayant son mot à dire lors du repêchage.

Mais n’allez pas penser qu’il est une « grand-mère » qui essaie de dire à Tourigny comment diriger son club.

« “Killer” est encore très sharp, il a un excellent œil pour le talent, note Tourigny. Il a toujours de bonnes histoires à raconter quand on jase de hockey. Mais on ne parle pas vraiment de la façon qu’on joue. Il met surtout l’accent sur nos joueurs. Tu vois qu’il a les 67’s à cœur, mais il ne cherche pas constamment à revenir dans le passé. »

Deuxième entraîneur francophone des 67’s après Léo Boivin, leur premier pilote à qui Kilrea avait succédé en 1974-1975, Tourigny mentionne qu’il ne s’est jamais senti intimidé de marcher dans les traces d’une telle légende, et de le côtoyer régulièrement par surcroît.

« “Killer” n’est pas un gars comme ça, il est tellement facile d’approche, dit celui qui en est à sa deuxième saison à Ottawa, après 11 saisons à Rouyn-Noranda et une à Halifax, de même que trois saisons comme adjoint dans la LNH, avec l’Avalanche (deux) et les Sénateurs. Il m’a rendu ça très facile, ça n’a jamais été compliqué. »

Tourigny souligne que Kilrea n’a pas changé sa « recette gagnante » après une victoire des 67’s, soit de siroter une Molson Ex et fumer un bon cigare. Il a déjà eu l’occasion de le faire huit fois ce printemps, et il ne manque donc que huit autres victoires pour permettre aux 67’s et à Brian Kilrea d’atteindre un cinquième tournoi de la coupe Memorial.

Un affrontement contre Les Generals ?

Les Generals d’Oshawa affrontaient les IceDogs de Niagara lundi soir et une victoire leur permettrait d’accéder à la finale de l’Est contre les 67’s qui débutera jeudi à la Place TD. Les Generals ont eu plusieurs affrontements mémorables contre les formations de Brian Kilrea, « mais il va être difficile de les détester si on les affronte vu qu’ils sont dirigés par Greg Walters », a noté Kilrea au sujet de son ancien protégé à la fin des années 1980.

Les 67’s ont tenu leur camp de développement en fin de semaine dernière et après celui-ci, ils ont annoncé la mise sous contrat pour la saison prochaine du défenseur Jack Mathier, leur choix de première ronde, ainsi que les attaquants Jack Beck et Brenden Sirizzotti, des choix de deuxième ronde.