André Tourigny n’a que 44 ans, mais il compte déjà 13 années d’expérience comme entraîneur-chef dans la Ligue canadienne de hockey. En 2008, il avait gagné ses 12 premiers matches des séries avec les Huskies de Rouyn-Noranda, mais il s’était incliné en cinq matches en finale contre les Olympiques de Gatineau. Il compte partager cette leçon avec ses joueurs des 67’s avant la finale de la semaine prochaine.

Tourigny et la leçon de 2008

À part deux matches en prolongation et un duel où ils ont dû effacer un déficit de deux buts après deux périodes, les 67’s d’Ottawa ont aisément franchi les trois premières rondes des séries éliminatoires de la Ligue de l’Ontario (LHO).

Jusqu’ici, ils ont pulvérisé leurs trois premiers adversaires en marquant 67 buts en seulement 12 matches. Là-dessus, ils ont affronté deux des meilleurs gardiens d’âge junior au monde : le Finlandais Ukko-Pekka Luukkonen et l’Américain Kyle Keyser. Le premier a été médaillé d’or au Championnat du monde junior et élu gardien par excellence de la LHO vendredi. Le second a été médaillé d’argent. Ils étaient #1 et #2 pour le meilleur pourcentage d’arrêt de la LHO cette saison.

Mais avant de penser que la finale sera une autre brise pour ses 67’s, l’entraîneur-chef André Tourigny compte puiser dans ses souvenirs de 2008 pour expliquer à ses joueurs qu’une fiche parfaite de 12-0 ne lui avait pas permis de soulever le gros trophée dans la LHJMQ.

À cette époque, ses Huskies de Rouyn-Noranda s’étaient butés aux Olympiques de Gatineau de Claude Giroux. Ceux-ci avaient surpris les champions de la saison régulière en seulement cinq matches, dont plusieurs n’ont pas été serrés...

Bref, Tourigny se fout des records. Ce qu’il veut, c’est gagner 16 matches des séries pour la première fois de sa carrière. En 13 ans dans la Ligue canadienne de hockey junior, ses équipes n’ont jamais gagné plus de 13 matches des séries.

« Je veux partager mon histoire de 2008 avec les joueurs pour leur montrer que 12 victoires de suite n’assurent pas un championnat », dit-il.

En même temps, Tourigny trouve que ses 67’s de 2019 et ses Huskies de 2008 sont deux équipes totalement différentes.

« Les Huskies avaient beaucoup de potentiel. Nous avions du caractère, mais nous n’étions pas arrivés en finale de la bonne façon. Nous gagnions des matches de 8-6 en ne jouant pas nécessairement du grand hockey. En finale, nous avions affronté de l’adversité et nous n’avions pas vraiment bien réagi. »

La situation est distincte avec les 67’s, soutient-il.

« Nous avons connu un match difficile à Oshawa mercredi, mais en général, depuis le début des séries, nous jouons de la bonne façon et nous n’avons pas à ramener nos joueurs sur le bon chemin. Nous avons du succès. Les joueurs restent humbles. Nous sommes là où nous voulons être dans notre préparation. Les records ? Ils m’importent peu. Ça va être plaisant à contempler après. Quand tout sera fini, on pourra se dire que nous avons eu beaucoup de plaisir durant cette saison. Pour le moment, notre concentration est portée uniquement sur le prochain match. »

La finale devrait débuter à la Place TD mercredi ou jeudi prochain contre le gagnant de la série Guelph/Saginaw. D’ici là, Tourigny veut s’assurer que sa troupe sera dans une forme optimale pour son plus grand défi.

« Il faut s’assurer d’avoir le bon horaire avec un bon mélange de repos et d’intensité à l’entraînement afin de ne pas perdre notre forme de match. »

Quant à la défaite contre les Olympiques en 2008, Tourigny assure qu’elle continue de lui servir de leçon aujourd’hui.

« Cette défaite m’a servi la semaine dernière, il y a deux semaines et il y a un mois aussi. J’étais avec Mario (Duhamel, son entraîneur-adjoint) en 2008 aussi. Nous sommes bien plus confiants maintenant. À l’époque, nous avions peur de ne pas nous rendre à la finale. Nous étions coincés dans un sprint où nous voulions gagner le prochain match à tout prix, peu importe la manière. Avec notre groupe actuel, nous sommes plus confiants. On pense qu’en jouant de la bonne façon et en amenant notre “A game”, nous allons nous rendre là où nous voulons. »

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LES 67'S AUSSI GAGNANTS À L'EXTÉRIEUR DE LA GLACE

Ils ont 12 victoires en 12 matches des séries éliminatoires. Les 67’s d’Ottawa s’en vont en finale de la Ligue de l’Ontario la semaine prochaine, mais les membres de l’équipe ont pris une pause pour aller aider les gens de la communauté de Fitzroy Harbour vendredi afin de remplir des sacs de sable qui serviront aux sinistrés de la crue des eaux.

«Les gars étaient excités à l’idée de venir aider la communauté qui est derrière nous depuis le début de la saison. C’est à notre tour de redonner, a dit l’entraîneur-chef André Tourigny. Gagner des matches, c’est bien, mais ce n’est qu’une partie du succès. Être de bons citoyens, c’est l’autre partie.»