Parce qu’il n’était pas prêt à s’engager envers toutes les équipes de la Ligue canadienne de hockey, Marco Rossi a glissé jusqu’au 18e rang du repêchage des joueurs européens, mais les 67’s d’Ottawa ont tenté leur chance en croyant avoir des munitions pour le convaincre de se joindre à eux. Il a été étincelant à ses premiers matches intra-équipe à Ottawa mercredi.

Rossi fera tourner les têtes à Ottawa

Le court passage d’André Tourigny à Halifax lui aura permis de diriger Nico Hischier, premier joueur sélectionné au repêchage de la LNH en 2017. Par la bande, ce stage d’une saison avec les Mooseheads lui aura aussi permis d’attirer Marco Rossi à Ottawa.

Qui est Marco Rossi ? Et bien, il est encore tôt, mais pour l’instant il porte l’étiquette du deuxième meilleur joueur sur la liste des recruteurs de la LNH en vue du repêchage de 2020 derrière le Québécois Alexis Lafrenière.

À 16 ans, il a récolté 51 points en 34 matches dans la Ligue junior élite de la Suisse tout en amassant sept points en 18 matches avec des hommes en deuxième division professionnelle à Zurich.

Repêché au 18e rang de la séance de sélection des joueurs européens de la Ligue canadienne de hockey par les 67’s cet été, l’attaquant autrichien a déjà fait tourner les têtes à l’ouverture officielle du camp de sélection mercredi.

Espoir de premier plan de la LNH, Rossi était bien en Suisse où il était sous contrat avec une équipe professionnelle, mais pour atteindre la meilleure ligue au monde, il estimait qu’un passage en Amérique du Nord pouvait s’avérer bénéfique s’il tombait au bon endroit.

Rossi était disposé à venir au Canada pour s’aligner avec une équipe de hockey junior, mais il avait besoin d’assurance et c’est là que le lien avec Niko Hischier entre en ligne de compte.

« J’ai joué au hockey avec Niko en Suisse et comme c’est Ottawa qui m’avait sélectionné et qu’ils étaient dirigés par André Tourigny, je me suis tourné vers lui pour savoir ce qu’il pensait de lui. Il m’a dit que je pouvais apprendre beaucoup de lui et que c’était un très bon entraîneur. Après avoir étudié la situation longuement, j’étais convaincu qu’Ottawa était l’endroit parfait pour moi. Je ne serais pas allé partout parce que j’étais dans une bonne situation en Suisse chez les professionnels. »

Risque calculé

Les 67’s se considèrent donc chanceux d’avoir pu mettre la main sur un joueur aussi explosif au 18e rang du repêchage européen, mais pour eux, la sélection de l’attaquant de 5’9’’ et 176 livres représentait un risque calculé.

« Les pères de Hischier et Rossi se connaissent. Rossi est représenté par l’agent Serge Payer, qui est aussi l’agent d’un de nos joueurs : Samuel Bitten. Il se trouve que Payer a une relation de très longue date avec notre propriétaire Jeff Hunt et notre directeur général James Boyd. Serge aime ce que nous essayons de faire à Ottawa. À partir de là, nous avons jeté les dés, mais nous aimions nos chances de pouvoir le convaincre de se joindre à nous », a raconté André Tourigny.

Ce dernier a été charmé par son nouveau joueur qui s’est déjà démarqué avec des jeux et des buts spectaculaires dans les deux premiers matches intra-équipe mercredi.

« Tu vois tout de suite qu’il est bon des deux côtés de la rondelle et qu’il peut tout faire à haute vitesse. Ça aurait été facile pour lui de rester en Suisse et de gagner plus d’argent, mais il veut devenir un joueur de hockey et jouer dans la LNH. Les partisans ne doivent pas s’attendre à ce qu’il remplisse le filet immédiatement. Niko Hischier n’avait pas compté à ses cinq premiers matches à Halifax. Il a encore 16 ans. Il va s’adapter au jeu nord-américain. »

Autrichien avec une licence pour jouer en Suisse, Marco Rossi est le fils d’un joueur professionnel en Autriche.

« C’est à cause de lui que j’ai commencé à jouer. J’allais voir ses matches. Je suis tombé en amour avec le sport. »

Qui sait ? Si tout se passe bien cette saison, le destin ramènera peut-être Tourigny et Rossi à Halifax le printemps prochain. Le tournoi de la coupe Memorial se déroulera justement là.

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BITTEN SE VOIT CONTRIBUER DAVANTAGE À L'ATTAQUE

À sa saison recrue avec les 67’s d’Ottawa, Samuel Bitten a surtout été employé dans des missions défensives.

Un an plus tard, à 18 ans, le Franco-Ontarien de Gloucester s’attend à contribuer davantage à l’attaque des siens. Ça tombe bien, car l’entraîneur-chef André Tourigny pense bien avoir les cartes en main pour construire trois trios offensifs.

Samuel Bitten, qui en est à sa deuxième année avec les 67’s d’Ottawa s’attend à contribuer davantage à l’attaque des siens.

Lorsque Le Droit lui a demandé si Bitten pouvait avoir une promotion dans les deux premiers trios, la réponse du coach était déjà bien claire.

« Avec la qualité de nos vétérans et des recrues qui s’en viennent, je ne pense pas que nous aurons un top-6 cette année. Je dirais plutôt que nous aurons un top-9. Il va y avoir le gros trio de Sasha Chmelevski et les deux autres vont se ressembler beaucoup », a avancé Tourigny.

C’était de la musique aux oreilles de Bitten, qui a récolté sept buts et 21 points en 68 matches à sa première année complète avec l’équipe à 17 ans. Il a ajouté trois buts en cinq matches des séries.

« Je suis très à l’aise avec l’idée d’un top-9. Je suis très content d’entendre l’entraîneur parler de ce concept. J’ai joué mon rôle défensif avec fierté l’an dernier. C’est sûr que j’aurais aimé bouger et monter de trio, mais les équipes qui gagnent des championnats, ce sont les équipes qui peuvent te faire mal avec trois bonnes lignes d’attaque », a dit le frère cadet de William Bitten, présent mercredi en attendant d’aller rejoindre les recrues du Canadien de Montréal.

L’attaque des 67’s d’Ottawa promet d’être dynamique cette année avec le retour des vétérans Chmelevski, Tye Felhaber, Kody Clark, Graeme Clarke, Austen Keating, et Mitchell Hoelscher sans compter les jeunes Jack Quinn, Marco Rossi, Cameron Tolnai et Yanic Crête, tous très doués sur le plan offensif.

Mercredi, Bitten était justement aux premières loges en patinant dans le même trio que l’Autrichien Rossi, qui lui a servi deux buts sur des plateaux d’argent dans les premiers matches intra-équipe du camp.

« Il est vraiment bon et très rapide ! Nous avons le même agent, alors je l’ai pris sous mon aile depuis son arrivée. »

Ignoré par les 31 équipes au dernier repêchage de la LNH, Bitten a toutefois reçu une invitation au camp des recrues du Wild du Minnesota.

« Ils m’ont aussi invité à leur camp de développement cet été. Je serai au tournoi des recrues à Traverse City. J’évaluais mes chances d’être sélectionné à 50 % au repêchage. Je suis sorti de là la tête haute et j’ai recommencé à m’entraîner six heures par jour. Ce n’était pas en vain. Le Wild a reconnu mes efforts. »

Le camp des 67’s se poursuit jeudi au Complexe Minto de l’Université d’Ottawa avec un tournoi à trois contre trois.