Austen Keating (9) a été le premier choix des 67’s d’Ottawa en 2015. Sasha Chmelevski (à l’arrière) s’est joint à lui en janvier 2016 dans l’échange de Travis Konecny. Ils ont vécu des années difficiles avant de faire partie du club qui a récolté 106 points (un record de franchise) en saison régulière.

Quatre ans pour en arriver là

Austen Keating et Sasha Chmelevski sont avec les 67’s d’Ottawa depuis qu’ils sont âgés de 16 ans. Relégués au rang des négligés à leurs trois premières saisons, ils n’avaient pas gagné une seule série éliminatoire.

La donne a changé à leur quatrième saison. Jeudi soir, à la Place TD, les deux inséparables compagnons vont monter sur la grande scène pour lancer la finale de la Ligue de l’Ontario contre le Storm de Guelph.

Devant une foule attendue de plus de 8000 spectateurs, les 67’s tenteront d’ajouter une 13e victoire en autant de matches face à un club qui vient de gagner deux séries de sept matches.

Keating et Chmelevski évoluent dans le même trio complété par l’Ottavien Graeme Clarke. Ils ont attendu quatre ans pour vivre ce grand moment.

«Plus jeune, je n’avais jamais pensé me rendre aussi loin dans les séries parce que je ne saisissais pas comment il était difficile d’y arriver. Aujourd’hui, je réalise à quel point c’est dur d’y parvenir. Il faut apprécier notre parcours. Comme équipe, nous avons mis beaucoup d’efforts pour atteindre la finale. C’est une grosse affaire», a dit Chmelevski, acquis du Sting de Sarnia dans l’échange de Travis Konecny en janvier 2016.

À l’époque, il s’agissait d’un sacrifice qui devait permettre aux 67’s d’aspirer aux grands honneurs en 2019. Nous y voilà. Une partie du pari a été remporté. Il ne reste que quatre autres gains à aller chercher pour compléter la mission.

Premier choix des 67’s en 2015, Austen Keating a vécu les années noires du club. Sa fortune a été inversée cette année et il compte profiter de l’euphorie du moment.

«Ce qui se passe en ce moment n’est pas seulement excitant pour notre équipe, mais pour toute la ville. Nous avons reçu un appui incroyable de nos partisans cette année. À mon arrivée, j’avais entendu parler de l’ambiance qui régnait ici quand les gradins étaient pleins. Je suis content de contribuer à faire revivre cette ambiance. On sent l’amour pour notre équipe revenir.»

Chmelevski et Keating s’entendent tous les deux pour dire que l’arrivée d’André Tourigny et sa bande a été le premier geste qui a relancé l’équipe.

«Quand Jeff Brown est parti, nous avons vécu un choc culturel ! Dès le premier jour du camp, le ton avait changé. Soudainement, on s’entraînait et on avait des séances de vidéos tous les jours. Nous sommes devenus des pros et nous avons commencé à jouer comme des pros», souligne Keating.

Chmelevski n’avait jamais vécu dans un tel environnement avant l’arrivée de Tourigny et compagnie.

«Ces gars-là ont changé la culture du club. Aujourd’hui, nous ne gagnons pas des matches seulement parce que nous avons une bonne équipe. Nous gagnons parce que nous nous sommes investis dans un processus pour nous amener jusqu’en finale. C’est le fruit de deux années de travail», a dit l’espoir des Sharks de San Jose.

La dernière série pour...

Curieusement, Keating devra vaincre l’équipe qu’il adulait dans son enfance pour gagner la coupe Robertson. Natif de Guelph, l’attaquant de 19 ans a dû s’armer de patience pour arriver à la finale de la LHO.

«Nous sommes plusieurs à faire partie de l’équipe depuis trois ou quatre ans. Nous avons échangé quelques gros morceaux en cours de route, mais nous savions que ce jour viendrait. Nous avons grandi comme équipe sur la glace ainsi qu’à l’extérieur. Nous sommes rendus là où nous voulions être. Je n’ai jamais fait partie d’un groupe aussi soudé. Ça explique une partie de nos succès.»

Toujours agent libre, Keating pourrait revenir avec les 67’s à 20 ans, mais gagne ou perd, cette série sera la dernière de la carrière junior de Sasha Chmelevski, Tye Felhaber, Lucas Chiodo, Kyle Maksimovich, Michael DiPietro et potentiellement Noel Hoefenmayer.

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Burnett et le Storm en finale, un mauvais souvenir pour les 67’s

George Burnett est un vieux routier de la Ligue de l’Ontario. Sa carrière d’entraîneur-chef s’étire sur 22 saisons dans le circuit Branch avec des passages à Niagara Falls, Oshawa, Belleville (11 saisons), Hamilton et Guelph où il en est à son deuxième séjour.

Il a fait une saucette dans la LNH quand il a dirigé les Oilers d’Edmonton pendant 35  matches en 1994-95 après avoir gagné la coupe Calder avec les Oilers du Cap-Breton en 1993, mais dans la LHOntario, il n’a qu’un championnat à son actif et il remonte à son premier arrêt à Guelph en 1997-98.

Cette année-là, en finale, son équipe avait eu raison des... 67’s d’Ottawa de Brian Kilrea en cinq matches.

Vingt et un ans plus tard, Burnett retrouvera à nouveau les 67’s en finale de la Coupe Robertson. « Ça fait du bien de revenir à Ottawa dans le cadre d’une finale. En 1998, nous avons vécu de bons moments. Je garde encore des liens avec les joueurs de cette édition championne. Plusieurs sont restés dans la communauté de Guelph. Les 67’s nous avaient malmenés (8-1) dans notre premier match à Ottawa pour ramener la série à 2-1, mais nous avions marqué tardivement dans le quatrième match pour gagner par un but et finir la série chez nous dans un autre duel serré », s’est souvenu Burnett après un arrêt à Belleville mercredi après-midi où son équipe s’est entraînée à mi-chemin entre Guelph et Ottawa.

Très puissant sur papier, mais quatrième dans la conférence de l’ouest en raison d’une épidémie de blessures pendant la saison, le Storm vient de faire tomber les deux meilleurs clubs de sa conférence dans des septièmes matches disputés sur la route.

Il a notamment dû combler ses déficits de 0-3 contre London et 1-3 contre Saginaw.

« J’avais déjà vécu des remontées de 1-3, mais jamais de 0-3. Nos leaders sont forts. Ils ont pris le contrôle de la situation. On pense qu’on peut faire encore mieux. On sait que les 67’s sont reposés, qu’ils nous attendent et qu’ils ont faim, mais on joue pratiquement aux deux jours depuis cinq semaines. À ce temps-ci de l’année, les jeunes aiment mieux jouer des matches que de pratiquer. On joue sur l’adrénaline et ça fonctionne jusqu’à présent. »