Samedi, Cédrick Andrée a prouvé qu’il pouvait tenir tête aux meilleures formations junior au pays.

Pleins feux sur Andrée

En fin de compte, ce n’est pas la catastrophe. Le gardien vedette des 67’s d’Ottawa, Michael DiPietro, a bel et bien subi une blessure sérieuse à la cheville droite, durant le match de samedi. Il n’y a pas cependant pas de fracture, jure-t-on.

On croit qu’il pourrait s’agir d’une entorse sévère. Assez sévère pour le tenir à l’écart du jeu durant les deux prochains matches de la finale de la LHOntario, lundi et mercredi, sur la patinoire du Storm de Guelph.

Après ?

Après, on verra.

En séries éliminatoires, on se fait un devoir de ne pas trop donner de renseignements sur les maux du corps et de l’âme. Les 67’s ne feront pas exception à la règle.

Les 8655 fans réunis à la Place TD — une salle comble — qui ont vu le gardien vedette rentrer au vestiaire sans s’appuyer sur sa jambe droite, samedi après-midi, ont compris que ce n’était pas bénin.

Les fans, en fin de journée, avaient quand même deux bonnes raisons de repartir avec le sourire. D’abord, les 67’s ont encore gagné. Ça leur fait 14 victoires consécutives, depuis le début des séries. Ça ne s’était encore jamais vu dans le circuit junior majeur ontarien.

L’équipe dirigée par André Tourigny détient une avance de 2-0 dans la finale. Elle a besoin d’aller chercher deux victoires pour récupérer la coupe J. Ross Robertson.

Les partisans peuvent envisager l’avenir avec optimisme parce que la doublure de DiPietro est en forme.

En relève, samedi, Cédrick Andrée a prouvé — une fois de plus — qu’il pouvait tenir tête aux meilleures formations junior au pays.

Les 67’s tiraient de l’arrière par deux buts, en première période, lorsque DiPietro a quitté la patinoire.

En présence d’Andrée, ils ont réussi à remonter la pente. Le jeune Franco-Ontarien de 18 ans s’est signalé quand ça comptait, en fin de match.

«Ses deux gros arrêts ont fait une grosse différence», croit Tourigny.

L’attaquant Samuel Bitten va encore plus loin :

«Ces deux gros saves ont sauvé la game. Tous les boys sur le banc on sauté de joie. On pense qu’il a gagné la game pour nous.»

Cris et nervosité

Andrée, un athlète d’une rafraîchissante franchise, n’était pas dans le meilleur état d’esprit au moment de sauter sur la patinoire.

«Je ne pense pas que je peux répéter les premiers mots qui m’ont sorti de la bouche», a-t-il indiqué, durant la conférence de presse d’après-match.

«J’ai paniqué un peu. Les nerfs... Dans ces situations, une affaire que j’essaie de faire beaucoup, c’est crier. Souvent, ça m’aide. Aujourd’hui, je me suis dit que ça n’aurait pas l’air trop bon.»

La brigade défensive des 67’s a bien soutenu le gardien de buts numéro deux. Ils ont limité les joueurs du Storm à neuf tirs au but durant le deuxième tiers.

Au troisième tiers, Andrée a fait face à un club désespéré. Il a réussi son premier arrêt-clé aux dépens d’un ancien marqueur de 30 buts, le Russe Pavel Gogolev, en plongeant sur sa droite. Il restait alors sept minutes à écouler au match.

Pour le deuxième arrêt, il a frustré un marqueur de 50 buts, le capitaine Isaac Ratcliffe, en plongeant sur sa gauche. Il restait un peu moins de deux minutes au tableau.

«En deuxième période, j’avais affronté des tirs de routine, qui provenaient d’assez loin. En troisième, c’était mon tour. J’imagine que j’ai été un peu chanceux», commente celui qui a été bien récompensé. La foule s’est spontanément mise à scander son nom.

«Au début, j’ai souri. Après, je me suis rappelé que je devais garder les yeux sur la rondelle...»

+

LOURDE PERTE POUR LE STORM

Nick Suzuki a été blanchi, samedi. Même s’il a décoché sept lancers vers le filet des 67’s, l’espoir du Canadien de Montréal n’a pas été capable de participer au pointage.

Sa séquence de 13 parties consécutives avec au moins un point est terminée. Son entraîneur ne peut tout simplement pas lui en vouloir.

« Nous avons besoin de voir d’autres joueurs produire, a déclaré George Burnett après le match de samedi. Nous avons marqué 300 buts, cette saison. Un nombre inquiétant de joueurs qui ont participé à nos succès à l’attaque n’obtiennent tout simplement pas de chances de marquer en ce moment. Suzuki et Isaac Ratcliffe ne peuvent pas tout faire seuls. Ils ont besoin de soutien ! »

Les choses pourraient se compliquer pour le Storm, puisqu’un attaquant qui fait partie de son noyau offensif n’a pas été capable de compléter le match de samedi.

Nate Schnarr, un espoir des Coyotes de l’Arizona, a reçu le bâton d’un coéquipier dans un œil, au deuxième tiers. Un thérapeute lui a montré le chemin du vestiaire. On ne l’a plus revu.

« Son œil est fermé. Il n’a pas été capable de jouer en troisième période parce qu’il n’y voyait rien », explique Burnett, au sujet du droitier de six pieds et trois pouces qui a récolté 102 points en saison régulière.

« La blessure n’a pas l’air trop sérieuse, mais il faut attendre que l’enflure diminue. Nous allons évaluer sa condition dimanche ou lundi. Il aurait pu nous être utile, aujourd’hui, mais les blessures aux yeux sont délicates. Les yeux sont bien plus importants, dans la vie, que le hockey. Nous allons nous croiser les doigts. Si les dommages ne sont pas trop importants, il pourra nous revenir d’ici la fin de la série. »

Depuis le début de la finale, Burnett se plaint que son équipe ne gagne pas suffisamment de mises en jeu.