Auteur du tout premier but compté par les 67’s d’Ottawa dans le nouveau « Centre municipal » le 29 décembre 1967, Pierre Jarry est revenu en ville pour effectuer la mise en jeu protocolaire 50 ans plus tard. Le Montréalais a été le premier joueur du club à être repêché en première ronde dans la LNH.

Pierre Jarry de retour en ville

Il a été la première véritable vedette des 50 premières années des 67’s d’Ottawa.

Ce n’est pas pour rien que l’équipe  a demandé à Pierre Jarry de revenir en ville vendredi soir afin de procéder à la mise en jeu protocolaire du 50e anniversaire du premier match disputé au Centre municipal.

Le 29 décembre 1967, il avait inscrit le tout premier but de l’histoire de la franchise dans un amphithéâtre rempli au maximum de sa capacité.

Le but a été marqué dans une cause perdante. Équipe d’expansion de la Ligue de l’Ontario, les 67’s ne faisaient pas vraiment le poids contre le Canadien junior de Montréal qui alignait les Marc Tardif, Réjean Houle, Gilbert Perreault et Guy Lapointe.

D’ailleurs, Pierre Jarry note que les 67’s n’ont gagné que six matches (sur 54) à leur première année, mais le Montréalais aujourd’hui âgé de 68 ans assure que sa décision de venir à Ottawa a été la meilleure de sa carrière qui s’est poursuivie dans la LNH pendant sept saisons.

« J’avais été approché par le Canadien junior, mais je considérais que j’avais plus de chances de m’établir dans une équipe d’expansion. La première année n’avait pas été facile, mais j’avais marqué 31 de nos 102 buts, puis l’année d’après, j’en ai marqué 41 pour être repêché en première ronde par les Rangers de New York. »

À sa deuxième et dernière saison à Ottawa, Jarry avait inscrit 98 points en 54 matches, bon pour le quatrième rang du classement des compteurs de la ligue derrière Réjean Houle, Marcel Dionne et Darry Sittler.

« C’était le bon choix de venir ici. Le propriétaire, Howard Darwin, était un chic type. Il m’a traité comme si j’étais son propre fils. Et les gens disaient que l’entraîneur-chef Bill Long était un dur, mais je ne m’en suis jamais rendu compte. Je ne parlais pas un mot d’anglais ! »

Pierre Jarry se souvient encore du premier match des 67’s disputé au parc Landsdowne. Des retards dans les travaux de construction avaient forcé l’équipe à jouer ses neuf premiers matches à Hull.

« Il y avait 2000-3000 personnes dans les gradins là-bas. Il y en avait plus de 10 000 à nos premiers matches au Centre municipal. Les messieurs portaient encore leurs chapeaux et les dames portaient leurs plus belles robes ! Le spectacle était plus familial dans le temps. Aujourd’hui, le hockey junior est une grosse business », a ajouté celui qui a amassé 205 points en 344 matches avec quatre équipes de la LNH.

Aujourd’hui, Pierre Jarry gère une agence de marketing avec son épouse Nancy Savoie. Il est aussi agent d’artistes.

« Quand j’étais à Ottawa, les gens disaient que je patinais vite, mais c’est parce que j’avais les cheveux longs et un chandail trop grand. Tu vois, j’avais déjà commencé ma carrière en marketing ! »

Jarry, Yvan Joly et sept autres des 50 meilleurs joueurs de l’histoire du club sélectionnés par Brian Kilrea et ses compagnons de toujours étaient d’ailleurs à la Place TD vendredi pour l’anniversaire du premier match de l’histoire présenté au parc Landsdowne.

Autre temps, autre revers

Exactement cinquante ans après avoir ouvert le « Centre municipal » avec un revers de 4-2 contre le Canadien junior de Montréal, la nouvelle génération des 67’s s’est inclinée 4-3 contre les Generals d’Oshawa. Tye Felhaber, Austin Keating et Sasha Chmelevski ont soulevé les 4340 partisans sur place, mais un but de  Kenny Huether sur une punition controversée a ruiné la soirée de célébrations.