Le défenseur Noel Hoefenmayer a fait apparaître un 11e « X » sur la rampe de l’aréna de la Place TD, au terme de la séance d’entraînement de mardi. Les 67’s présentent une fiche de 11 victoires contre aucune défaite, depuis le début des séries éliminatoires.

Les 67’s veulent en finir

André Tourigny n’a pas besoin de chercher de midi à 14 heures pour un exemple d’une équipe qui a laissé filer une avance de 3-0 dans une série.

À la veille du quatrième match de la finale de l’Est de la LHOntario que ses 67’s d’Ottawa pourraient balayer à Oshawa, il a commandé un léger exercice à la Place TD et à la fin de celui-ci, il a rassemblé ses joueurs pour leur rappeler qu’une autre puissance du circuit Branch cette saison, les Knights de London, s’est fait jouer le tour pas plus tard que lors de la deuxième ronde, par le Storm de Guelph.

La formation des frères Hunter est devenue la cinquième équipe de l’histoire de la ligue à se faire faire ce tour de force, le Storm succédant aux Petes de Peterborough en 2014, aux Spitfires de Windsor en 2005 et 2010, et aux 67’s de 1988. Ironiquement, ces 67’s avaient réussi l’exploit contre ces mêmes Generals. L’actuel entraîneur de ces derniers, Greg Walters, s’en souvient certes très bien, lui qui était un ailier gauche recrue au sein du club alors dirigé par Brian Kilrea.

« On l’a vu avec London, qui avait fini deuxième (en saison régulière). On a vu Niagara qui a gagné les deux premiers matches (contre Oshawa) avant de perdre en six. Il faut s’assurer de gérer nos affaires parce que dans le junior, quand tu as le “momentum” et que tu perds le “momentum”, c’est le jour et la nuit. Il faut s’assurer de rester du bon bord », a commenté Tourigny avant de prendre l’autobus vers Oshawa, lui qui se souvenait aussi d’avoir vu les Remparts de Québec de son ancien patron au Colorado, Patrick Roy, s’incliner 4-3 contre Halifax en 2012 après avoir gagné les trois premiers matches.

L’entraîneur québécois n’a jamais vu une de ses équipes compléter une telle remontée ou en être la victime au cours de ses années dans la LHJMQ, à Rouyn-Noranda et Halifax. Il ne voulait pas entendre parler du record de 12 gains consécutifs détenu par Guelph (à deux occasions, 1995 et 1998) que son équipe pourrait égaler en complétant un troisième balayage consécutif ce printemps.

« On n’y pense pas du tout, c’est le moindre de mes soucis. Les records, c’est pour “après”, pas pour “pendant”. On doit se concentrer sur la tâche, la façon dont on doit jouer, s’assurer d’avoir un bon niveau d’urgence. Le reste, tu ne peux pas contrôler ça. Si tu te concentres là-dessus, tu es mort. Notre “focus » ne sera pas là-dessus », a assuré Tourigny.

Compléter un autre balayage mercredi pourrait valoir une autre semaine ou plus sans match pour les 67’s avant la grande finale, ce que ce dernier considère comme « un bon problème à avoir ».

DiPietro d’accord

Son gardien Mikey DiPietro abonde dans le même sens : « Je ne pense pas qu’on puisse obtenir trop de repos. En séries, tu prends ton repos quand tu le peux. C’est exigeant de jouer à tous les deux jours. Pour nous, c’est une question de garder un esprit de compétition élevé, même chose pour notre éthique de travail. Il ne faut rien tenir pour acquis. On veut chercher à s’améliorer et essayer d’être parfaits. C’est notre mentalité. En séries, tu dois gagner quatre matches, que ce soit les quatre premiers ou que ça se prenne six ou sept parties. Il nous manque une victoire pour avancer et on se concentre là-dessus pour l’instant », note l’espoir des Canucks de Vancouver, qui a une moyenne de 2,37 et un taux d’efficacité de ,911 ce printemps.

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Bélanger a bien fait en relève à Rippon

Alec Bélanger attendait sa chance de se tremper dans le bain des séries éliminatoires depuis longtemps, et il ne l’a pas ratée.

L’entraîneur des 67’s André Tourigny était élogieux mardi matin lorsqu’il s’est fait demander d’évaluer la performance du défenseur recrue de 16 ans quand il a été appelé à remplacer Merrick Rippon à pied levé lors du troisième match de la série, dimanche à Oshawa.

« Il a bien fait ça en “tabarnouche”. Je suis content de lui, ce n’est pas une situation facile, il n’avait pas joué depuis un bout. Il est arrivé dans le match et il a bien exécuté », a souligné Tourigny.

Le 27e et dernier match de la saison recrue de Bélanger, un choix de troisième ronde au repêchage de 2018, avait été disputé à Peterborough le 14 mars dernier. Ça lui a paru une éternité alors qu’il a dit que celui-ci remontait à « il y a deux mois, deux mois et demi », plutôt que cinq semaines en réalité.

« Je me suis senti confortable (dimanche), je savais que je devais jouer de façon simple et être confiant en mes habiletés, a-t-il raconté mardi. Avec l’expérience que j’ai acquise cette année, je me sentais prêt. Les gars m’ont aidé sur le banc aussi... À ma première présence, je pense que j’ai fait une passe après avoir récupéré la rondelle et je suis rentré au banc après avoir joué cinq ou six secondes. »

La patience est une vertu pour un jeune joueur qui se retrouve au sein d’une formation aussi aguerrie que les 67’s. « Je m’y attendais, ça prenait une blessure ou une suspension pour que je joue. Il fallait que je sois prêt. C’est “tough” de tasser un gars de l’alignement, les gars travaillent tellement fort. Je n’avais pas d’attente que ça arriverait, je connaissais mon rôle. Je pense que c’est pourquoi j’ai eu du succès lors du match, je savais quel était mon rôle », a souligné le jeune homme originaire de Barrie, qui avait récolté trois buts et huit points en saison régulière, avec un différentiel de plus-10.

Rippon a patiné en solitaire mardi et son cas est évalué quotidiennement, mais comme son club a une avance confortable, le pilote semblait pencher vers l’option de ne pas hâter son retour au jeu. « La ligne est mince en séries. Si on pousse trop et qu’on le perd pour le reste des séries... On est assurés de jouer quatre autres matches, que ce soit dans cette série-là ou dans la prochaine. On est mieux d’être intelligent dans nos décisions », note-t-il.