André Tourigny a rencontré les médias avec son défenseur Hudson Wilson mercredi afin de mettre la table pour le match d’ouverture des 67’s d’Ottawa vendredi à la Place TD. ­

Les 67’s reprennent la recette Kilrea

Un vent d’optimisme souffle sur les 67’s d’Ottawa cet automne.

Il était temps. Autrefois considérée comme un modèle à suivre dans la Ligue de l’Ontario (LHO), l’organisation a perdu de son lustre depuis que le légendaire Brian Kilrea a laissé sa place derrière le banc. L’équipe n’a pas gagné une ronde éliminatoire depuis 2012.

Après six années de vache maigre et les multiples sacrifices qui ont accompagné deux cycles de reconstruction, tout semble être en place pour recréer la magie des années de Killer.

Les 67’s ont connu un calendrier préparatoire parfait de cinq victoires. Dix de leurs joueurs ont pris part à des camps de la LNH. Neuf seront de retour pour le match d’ouverture à la Place TD vendredi soir. Dans sa reconstruction, l’équipe a fait le plein de choix au repêchage. Douze des 22 joueurs de l’édition 2018-19 ont été sélectionnés dans les deux premières rondes de la LHO. Il y a donc du talent brut au pouce carré dans le vestiaire des 67’s.

« Nous sentons l’enthousiasme de nos partisans et des médias envers notre club. Nous en sommes fiers. Notre travail consistera à préserver cette excitation toute l’année tout en gardant nos joueurs bien concentrés sur leurs tâches », a lancé l’entraîneur-chef André Tourigny, qui en sera à sa deuxième année chez les 67’s.

S’il demeure prudent par rapport au dossier de 5-0 de son club en matches hors-concours, Tourigny ne cache pas ses ambitions.

L’avantage de la glace
« Il faut faire attention avec les matches préparatoires qui ne veulent rien dire. Il y a deux ans, l’Avalanche du Colorado avait cumulé une fiche de 6-0 en matches pré-saison et ils avaient pris le dernier rang de la LNH ! Mais ce que nous voulons, c’est d’avoir l’avantage de la patinoire au premier tour des séries éliminatoires. »

Les 67’s viseront donc une place dans le top-4 de la conférence de l’Est.

André Tourigny adore la constitution de son équipe. Il possède une attaque rapide capable de réaliser des jeux à haute vitesse. Il a enfin des défenseurs d’expérience et même si le point d’interrogation demeure devant son filet, il a une confiance inébranlable envers son duo de Cédrick Andrée (18 ans) et Will Cranley (16 ans).

En plus, son directeur général James Boyd a des choix au repêchage plein les poches. Si le club manque de munitions, il aura le loisir d’aller en trouver ailleurs.

« Nous avons cinq choix de deuxième ronde en 2019. Nous avons 20 choix dans les trois premières rondes des quatre prochains repêchages. L’idée, c’est de revenir à la recette de Brian Kilrea et d’avoir une équipe compétitive toutes les saisons. Il faudra résister à la tentation à tout miser sur une seule saison. Il faudra utiliser nos choix au repêchage à bon escient et foncer au bon moment. Tu ne peux jamais avoir trop de choix, mais tu ne peux pas repêcher trop de joueurs non plus. Il faudra garder un équilibre pour viser l’avantage de la glace tous les printemps. »

Noyau solide
Sans avoir nommé son capitaine, Tourigny souligne qu’il aura l’embarras du choix. Mercredi, il a dû nommer 12 joueurs quand il a parlé de son groupe de leaders.

« Nous avons 10 joueurs qui ont participé à des camps pros. C’est un bon indicateur de la force de notre club et nous avons beaucoup de leadership dans ce groupe-là. Cette année, les 67’s doivent retrouver le sommet de la hiérarchie du hockey junior. Nous voulons que la fièvre revienne à Ottawa. »

Des marqueurs naturels
Les 67’s pourraient compter des buts à profusion cette saison avec les Sasha Chmelevski, Tye Felhaber, Kody Clark, Austen Keating, Marco Rossi, Samuel Bitten, Graeme Clarke, Mitchell Hoelscher et Jack Quinn.

Pour la première fois en trois ans, Tourigny pourra compter sur un défenseur de 19 ou 20 ans à la ligne bleue avec Noel Hoefenmayer et Hudson Wilson qui seront ses défenseurs les plus expérimentés.

« Ça va faire toute une différence. L’an dernier, pour rivaliser contre les meilleurs trios adverses, il fallait miser sur la chance ou une performance sans faille de nos jeunes défenseurs ! »

Merrick Rippon, Kevin Bahl et Nikita Okhotyuk ne seront pas faciles à affronter non plus.

Avec ce groupe, André Tourigny aura le droit de rêver de retourner à Halifax par la grande porte au tournoi de la Coupe Memorial.

Des joueurs qui cognent à la porte de la LNH

Signe évident du talent dans l’alignement des 67’s d’Ottawa cette saison, près de la moitié de leurs joueurs ont participé à des camps d’entraînement de clubs de la LNH.

Des 10 heureux élus, cinq ont été repêchés et cinq ont été invités. Or, seulement deux ont été sélectionnés dans les deux premières rondes du circuit Bettman.

Ce qui est vraiment encourageant chez les 67’s, c’est que leurs plus jeunes joueurs risquent d’avoir un impact supérieur. Comme Sean Monahan, Tyler Toffoli et Logan Couture, ils pourraient être réclamés beaucoup plus tôt.

Le défenseur Nikita Okhotyuk et l’attaquant Graeme Clarke font partie des 60 meilleurs espoirs du repêchage 2019 alors que Marco Rossi et Jack Quinn sont déjà identifiés parmi les 10-15 meilleurs joueurs de l’encan de 2020.

André Tourigny s’enflamme lorsqu’il parle de la relève des 67’s.

«Rossi, c’est une valeur sûre. Il est déjà un joueur d’impact chez nous. Il va faire lever les partisans de leurs sièges.»

Jack Quinn a 17 ans, mais comme il est né à la fin septembre, il devra attendre à 2020 avant d’être sélectionné. Natif de la région d’Ottawa, il a été la recrue par excellence de la Ligue centrale junior A à 16 ans.

«Quinner, c’est un Michell Marner. Il contrôle le jeu. Il est encore plus rapide, plus fort et plus confiant que l’an dernier. Vous allez l’aimer celui-là.»

Mitch Marner hein ? Sachez qu’il a été le quatrième joueur repêché dans la LNH en 2015 par les Leafs de Toronto.

Graeme Clarke est un autre produit local qui a participé à la médaille d’or de l’équipe canadienne à la Classique Hlinka-Gretzky.

«C’est un tireur d’élite. Un compteur naturel.»

Et on le compare à qui, lui?

«À Brock Boeser», dit Tourigny.

Boeser était en voie de devenir la recrue par excellence de la LNH avec les Canucks de Vancouver l’an dernier avant qu’une blessure ne mette fin à sa saison prématurément.

Enfin, Okhotyuk est le prototype du défenseur russe sans véritable faiblesse. «Il peut tout faire et il est très fort physiquement.»

Franchement, les 67’s seront beaux à regarder cette saison.