L’entraîneur-chef des 67’s d’Ottawa, André Tourigny, donne des instructions à ses joueurs à la veille du quatrième match de la finale de la Ligue de l’Ontario à Guelph mercredi. Après 14 victoires de suite en séries, son club s’est incliné 7-2 lundi contre le Storm.

Les 67’s ont la mémoire courte

Il fallait s’y attendre. À un moment ou un autre des séries éliminatoires, les 67’s d’Ottawa allaient trébucher. C’est arrivé lundi soir à Guelph où ils ont même déboulé quelques marches en encaissant une sévère correction de 7-2.

En provoquant la tempête parfaite sous les yeux de ses partisans du Centre Sleeman, le Storm aurait-il réussi à changer le momentum de la série afin qu’elle bascule à nouveau en sa faveur ?

Les 67’s ont balayé leurs trois premiers adversaires sur leur passage, mais pour la première fois des séries, ils rencontrent de la résistance en finale contre le Storm, un club qui n’a pas été intimidé par l’élite de la Ligue de l’Ontario en effectuant de spectaculaires remontées contre les Knights de London et le Spirit de Saginaw.

Douze heures après avoir digéré son premier échec des séries, l’entraîneur-chef André Tourigny demeurait inébranlable. Dans son esprit, il est clair que le doute n’a pas été semé chez ses joueurs.

« J’ai été rassuré par la réaction, l’attitude et le comportement des joueurs ce matin à l’entraînement et pendant nos rencontres. Ce qui a fait la clé de nos succès cette saison, c’est que les joueurs ont rapidement tourné la page dans les bons comme dans les mauvais moments. L’objectif n’est pas de battre des records en gagnant 16 matches de suite. L’objectif, c’est de gagner un championnat. Déjà d’en avoir gagné 14 de suite, c’était surprenant. Il faut passer à autre chose et poursuivre notre chemin. »

Dans le fond, Tourigny semblait même soulagé de ne plus avoir à se faire questionner sur les records sur une base quotidienne. Il n’a jamais été un partisan de cette discussion alimentée par les médias.

Trop de respect ?

Tourigny et son équipe d’entraîneurs ont un seul objectif en tête : un championnat. Pour y arriver, leurs joueurs doivent rester dans le moment présent sans se laisser emporter par leurs succès ou leurs échecs.

« Nous ne pouvons pas toujours jouer à la perfection pendant 16 matches de suite et c’est normal. D’ailleurs, n’avons pas toujours connu de bons matches depuis le début de séries. La différence, c’est que nous avions toujours trouvé une façon de gagner avant. Guelph est assurément la meilleure opposition que nous avons eue jusqu’à maintenant. C’est un club que nous respectons peut-être un peu trop. Il faudra changer notre approche. Nous savons que nous affrontons un bon club, mais nous en avons un bon aussi. »

Avant d’être limités à deux buts lundi, les 67’s marquaient en moyenne 5,57 buts par match depuis le déclenchement des séries.

Le Storm a réussi à contenir ses visiteurs à 20 tirs dans le dernier duel. Encore là, Tourigny connaît les sources de ce problème.

« Le Storm a été en possession de la rondelle plus souvent que nous. Ils ont gagné plus de batailles. Nous avons un peu trop ouvert le jeu en zone neutre. Ce sont des choses que nous pouvons corriger. »

Où ça, la fatigue ?

En séries, on dit toujours qu’une équipe n’est pas en danger tant qu’elle ne perd pas à domicile. Le Storm a gagné six de ses huit matches devant ses partisans. Les 67’s pourraient leur donner un coup dur en rebondissant pour leur infliger une défaite au Centre Sleeman et prendre une avance de 3-1 dans la série mercredi.

N’empêche, le Storm est coriace. Malgré la fatigue accumulée de ses deux dernières séries de sept matches, il a sauvé sa peau avec une victoire éclatante dans le troisième match. André Tourigny n’a pas été surpris de voir la troupe de George Burnett s’accrocher malgré sa situation de vulnérabilité.

« Ils ont atteint leur vitesse de croisière. Ils ont l’habitude de jouer à un rythme soutenu. Ils l’ont fait contre les deux clubs mieux classés qu’eux dans leur conférence. Ils ne sont pas dépaysés contre nous en finale. »

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Kevin Bahl encore au rancart

Privés de leur général blessé au bas du corps depuis le début de la série finale, les 67’s ont été en mesure de gagner leurs deux premiers matches à domicile, mais l’absence de Kevin Bahl s’est fait sentir davantage dans le premier match à l’étranger lundi.

L’entraîneur-chef André Tourigny s’attend à revoir Kevin Bahl durant la série finale, mais il faudrait oublier un retour dans le quatrième match mercredi. « Il n’est pas encore prêt. Il doit consulter un spécialiste mercredi. Nous aimerions compter sur lui, surtout à Guelph, où nous n’avons pas le dernier changement. Sans Kevin, notre jeu en unité de cinq doit être beaucoup plus serré », a indiqué l’entraîneur-chef.

Sans l’espoir des Coyotes de l’Arizona dans leur alignement, les 67’s ont alloué une moyenne de 37 tirs par match au Storm. Bien sûr, leurs adversaires comptent sur une redoutable attaque menée par Nick Suzuki, mais les gardiens des 67’s n’ont jamais vu autant de tirs sur une base régulière durant la saison ou les trois premières rondes éliminatoires.

Le défenseur Noel Hoefenmayer doit prendre les bouchées doubles en l’absence de Bahl, mais lundi soir, il a cumulé un différentiel de moins-5. Rappelons qu’aux yeux de Tourigny, Bahl avait été son joueur le plus utile des trois premières rondes.

Oublier : « mon père est plus fort que le tien »

Les esprits ont commencé à s’échauffer dans le troisième duel de la finale où quelques coups en bas de la ceinture ont été échangés entre les deux camps. Après le match, le vétéran Austen Keating a avancé que son club avait perdu son sang-froid dans la guerre verbale entre les coups de sifflet.

« Côté mental, nous n’étions pas à la bonne place. Le Storm nous est rentré dans la tête durant le match. Ç’a paru dans nos punitions. Ils ont un bon jeu de puissance. Il sera important de leur en donner le moins possible dans le prochain match. » Cette saison, André Tourigny a répété que son club n’était pas bon dans les jeux verbaux. Il le pense encore.

« Quand t’embarques dans ça, c’est que ta concentration n’est pas à la bonne place. Je nous ai trouvés nerveux lundi. Nos joueurs savent ce qu’ils ont à faire. Ils n’ont pas à être nerveux. S’ils s’acquittent de leurs tâches, tout va bien aller. Quand tu te laisses emporter parce que l’adversaire dit ou ce que tes parents, ta famille pension, les partisans ou ce que les médias sociaux disent, tu perds ta concentration. Tu ne peux pas contrôler ça. Ce que nous pouvons contrôler, c’est l’exécution de notre plan de match en fonction de nos habiletés. Il faut y revenir. »