Olivier Lafrenière, Zack Dorval, Patrick White et Mathieu Foget forment un rare quatuor de joueurs aux racines francophones chez les 67's d'Ottawa cette saison.

La French Connexion des 67's

Ils sont quatre. Ils jouent tous des rôles différents. Un bloque des lancers. Un prépare la table à celui qui compte des buts et l'autre a la tâche ingrate d'utiliser ses épaules afin de créer de l'espace pour ses coéquipiers sur la patinoire.
Ces quatre joueurs des 67's d'Ottawa ont toutefois une chose en commun. Ils partagent la même langue maternelle. Olivier Lafrenière et Zack Dorval sont des Franco-Ontariens purs et durs. Lafrenière est né à Newmarket, mais ses parents viennent de Rouyn-Noranda. Dorval est né à Hearst, un fief francophone du nord de l'Ontario.
Patrick White et Mathieu Foget ont des pères anglophones, mais leurs mères sont francophones et les deux attaquants du secteur Orléans ont fait leurs études à l'école secondaire Louis-Riel.
Ensemble, ils forment la « French Connection » des 67's d'Ottawa. Au fil des ans, les 67's ont aligné leurs parts de hockeyeurs francophones, mais ils n'ont jamais été regroupés en si grand nombre qu'en ce moment.
Seul le gardien recrue Lafrenière a été un choix au repêchage du club. Dorval et White ont été acquis par voie de transaction alors que Foget s'est joint à l'équipe en janvier à titre d'agent libre après avoir pris la décision de quitter le collège Merrimack de la NCAA pour rentrer à la maison.
Pour l'entraîneur-chef et DG Jeff Brown, l'ajout d'une poignée de joueurs francophones chez les 67's est le fruit d'un heureux hasard, mais l'ancien des Nordiques de Québec a fait plaisir à ses deux « francos » pure laine en les réunissant en janvier.
« J'ai vraiment des conversations intéressantes avec Zack depuis qu'il est arrivé ici, confirme Lafrenière. Pendant mon hockey mineur dans la région de Toronto, je n'ai pas souvent eu des coéquipiers francophones. J'étais donc excité quand j'ai su que Patrick White parlait français pendant le camp d'entraînement. Maintenant, j'ai aussi Zack et Mathieu, quoique Mathieu ne parle pas souvent en français. »
Du pain doré
Lafrenière note que Dorval et lui ont un « accent différent des autres », mais qu'ils ont aussi d'autres contrastes avec leurs coéquipiers. Un exemple ?
« Certaines de nos différences sont d'ordre alimentaire, note Dorval. Olivier me disait justement aujourd'hui qu'il aimait manger du pain doré avant ses matches ! C'est drôle parce que moi aussi, je faisais cela à Hearst. »
Chez les Dorval, tout se passe en français à la maison. D'ailleurs, ses parents connaissent ceux du Magicien franco-ontarien Claude Giroux, lui aussi natif de Hearst avant de déménager à Orléans à l'adolescence.
« Mes parents ont demandé conseil à ceux de Claude avant que je commence à jouer dans la Ligue de l'Ontario. À Hearst, nous sommes plutôt isolés. J'ai dû déménager à Kapuskasing pour jouer mon hockey midget AAA », ajoute l'attaquant d'énergie des 67's.
Ce que Lafrenière et Dorval aiment le plus dans le vestiaire, c'est d'enseigner des mots utiles à leurs coéquipiers russes : Leo Lazarev et Artur Tyanulin.
« On leur donne des trucs pour rire de nos camarades anglophones parce qu'ils rient déjà assez souvent de nous ! », lance Dorval à la blague.
Dorval et Lafrenière sont également de fervents admirateurs de la série de films des Boys et du film culte Slapshot même si le « Denis Lemieux » des 67's le trouve plus drôle en anglais. « Quand j'étais jeune, on regardait toujours ce film dans l'autobus », poursuit Dorval.
Meilleur franc-tireur chez les 67's avec 18 buts, Patrick White est débarqué à Ottawa à 20 ans cette saison. Il a toutefois été gâté à Sarnia pendant les trois premières années de sa carrière où il a joué avec Alexandre Renaud et Taylor Dupuis. « C'est le fun de pouvoir se parler en français. En même temps, devant le groupe, je m'en tiens à l'anglais pour ne pas qu'il pense qu'on parle contre lui. »
Quant au fabricant de jeu Foget, il parle surtout la langue de Molière avec sa mère et ses grands-parents. « Je ne pratique pas trop, mais le français m'a déjà été très utile et ça va me servir plus tard. À Merrimack, aux États-Unis, c'était la première fois de ma vie que j'étudiais en anglais. »
Défaite contre les Petes
Le quatuor franco-ontarien n'a pas pu faire grand-chose mercredi soir à la Place TD. Contre un gardien en grande forme, seul White a récolté un point dans une défaite de 3-1 où les 67's ont dominé les Petes de Peterborough 27-16 dans les tirs au but. Scott Smith a été intraitable pendant que Lafrenière a cédé deux fois. Le dernier but a été compté dans un filet désert.