André Tourigny a été entraîneur-chef des deux premières équipes qualifiées pour le tournoi de la coupe Memorial 2019 à Halifax. Pourra-t-il réussir un tour de force en qualifiant aussi ses 67’s d’Ottawa et être lié à trois des quatre équipes du championnat canadien de hockey junior?

La « Coupe Tourigny » à Halifax ?

Un deuxième club s’est qualifié pour le tournoi de la coupe Memorial à Halifax dimanche.

Hôtes du championnat canadien de hockey junior, les Mooseheads étaient déjà assurés de leur place au tournoi, mais en éliminant les Voltigeurs de Drummondville en six matches en demi-finale de la coupe du Président, ils ont automatiquement ouvert la voie à la participation des Huskies de Rouyn-Noranda, l’autre club finaliste.

S’il fallait que les 67’s d’Ottawa se joignent au groupe, les scripteurs de films à Hollywood pourraient s’emparer du scénario tellement il semblait improbable au début de la saison.

La Ligue canadienne de hockey est composée de 60 équipes. Et trois des quatre équipes du plus prestigieux tournoi de hockey seraient liées à un seul homme ? Fiction !

Le dénominateur commun des trois clubs, c’est l’entraîneur-chef des 67’s. André Tourigny a occupé le même poste pendant une saison à Halifax avant de s’amener à Ottawa. Il avait aussi dirigé les Huskies pendant 11 saisons et demie avant de quitter pour la LNH, mais tout en demeurant propriétaire minoritaire et vice-président des opérations hockey jusqu’en 2016.

Sur les réseaux sociaux, les internautes s’agitent. Certains ont créé le mot-clic #CoupeTourigny au lieu d’employer #CoupeMemorial.

Le mouvement fait rire l’homme de hockey de Nicolet.

« On va essayer d’y être, à Halifax, mais nous n’y sommes pas encore et ma tête n’est pas là. Nous vivons de beaux moments ici en ce moment. Nous voulons nous assurer que ça continue pendant la finale. Nous avons une lourde tâche devant nous. Toute l’année, nous avons demandé à nos joueurs de rester dans le moment présent et de garder leur concentration. Je donnerais le mauvais exemple en pensant à la coupe Memorial. »

N’empêche, André Tourigny s’est montré extrêmement fier pour les deux autres organisations avec qui il a travaillé dans la LHJMQ.

« C’est spécial et invraisemblable en même temps. Les Huskies ? Mes enfants ont grandi à Rouyn-Noranda. J’ai des racines profondes là-bas avec toute l’organisation qui est derrière cette machine. Je suis resté attaché à eux quand je suis monté dans la LNH. J’étais là quand ils ont gagné la coupe du Président en 2016. »

Quant aux Mooseheads, Tourigny était en place pour la première année de la reconstruction quand ils ont repêché Benoît-Olivier Groulx, Jared McIsaac, Alexis Gravel et Raphaël Lavoie dans les deux premières rondes du repêchage de 2016.

« J’ai aussi dirigé les Jocktan Chainey, Walter Flower, Arnaud Durandeau et Ben Higgins. Nous avions la plus jeune équipe de la ligue et nous pensions que nous aurions le club pour tout gagner cette année. C’est vraiment l’fun de les voir en finale. J’ai aimé diriger ces gars-là. »

Et pourtant, Tourigny a laissé les Mooseheads après seulement un an pour rentrer à Ottawa, là où était sa famille depuis son congédiement par les Sénateurs d’Ottawa.

« Plusieurs m’avaient traité de fou de laisser une telle équipe pour rentrer à Ottawa. Même ma femme et mes enfants ! À l’époque, on ne savait pas trop ce que réservait l’avenir des 67’s, mais j’avais passé une année loin de ma famille pendant des années charnières qui ne reviendraient plus. Il fallait que je revienne. Finalement, nous sommes en finale nous aussi. J’ai été à la bonne place aux bons moments dans ma carrière. »

Adversaire inconnu

Bien sûr, l’entraîneur-chef des 67’s aimerait participer à la #CoupeTourigny, mais il lui manque encore quatre victoires pour s’inviter. L’autre série entre Guelph et Saginaw va se décider dans un septième match lundi soir.

La finale va commencer à Ottawa mercredi et vendredi si Saginaw l’emporte, ou jeudi et samedi si Guelph complète sa remontée.

+

MARIO POULIOT RECONNAISSANT

Mario Pouliot a remporté la coupe du Président et la coupe Memorial avec le Titan d’Acadie-Bathurst la saison dernière. Cette année, il a été l’entraîneur-chef et le directeur général de l’année en menant ses Huskies de Rouyn-Noranda à une hallucinante fiche de 59-8-1.

Il sera de retour au tournoi de la coupe Memorial d’Halifax au mois de mai. S’il peut goûter à ces expériences aujourd’hui, Pouliot affirme qu’il doit beaucoup à celui qui lui a accordé sa première chance dans la LHJMQ.

En 2009-10, André Tourigny est venu le chercher chez les Gaulois du collège Antoine-Girouard afin qu’il devienne son adjoint chez les Huskies.

«Ça faisait 12 ans que j’étais entraîneur-chef dans le midget AAA. J’avais le sentiment d’avoir fait le tour du jardin et j’étais curieux de voir comment un autre entraîneur-chef pouvait gérer son équipe dans toutes sortes de situations. J’avais eu un contact avec une équipe, mais André avait eu vent que je cherchais un nouveau défi. Il venait de perdre Mario Duhamel (devenu entraîneur-chef à Drummondville). Je ne pouvais pas mieux tomber.»

Mario Pouliot a fait un an et demi avec Tourigny avant d’avoir son premier job d’entraîneur-chef dans le circuit Courteau avec le Drakkar de Baie-Comeau, mais quand il a été congédié pendant la saison 2012-13, Tourigny est à nouveau venu le chercher jusqu’à ce qu’il obtienne sa deuxième chance avec le Titan d’Acadie-Bathurst.

«André m’a ouvert la porte et je lui en serai toujours reconnaissant. C’est lui qui a redressé l’organisation des Huskies. Quand il est parti, Gilles Bouchard a continué de prendre soin du programme et c’est à mon tour d’assurer la continuité de la vision d’André. Il a établi un programme de première qualité à Rouyn-Noranda. C’est un petit marché, mais André gérait l’équipe comme si c’en était un gros.»

Devenu un entraîneur établi et redouté dans la LHJMQ, Pouliot dit avoir ajouté à son bagage au contact de Tourigny.

«Je voulais apprendre à devenir meilleur. Je voulais sortir de ma zone de confort. Je ne serais pas allé n’importe où. Avec André, j’ai pu apprendre énormément.»

Bon pour le fils aussi

Tourigny n’a pas seulement été bon pour la carrière de Pouliot, mais aussi la carrière de son fils.

Âgé de 28 ans, Raphaël Pouliot a joué dans la LHJMQ, mais il est devenu recruteur pour le compte des Golden Knights de Vegas dans la LNH il y a trois ans.

Avant d’obtenir cette promotion, André Tourigny l’avait nommé recruteur-chef des Huskies en 2014. À l’époque, Raphaël n’avait que de 23 ans.

Les Huskies ont gagné une coupe du Président en 2016 avec les joueurs qu’il avait recrutés. Même aujourd’hui, trois quarts des joueurs des Huskies de Mario Pouliot ont été repêchés par son fils!

«André a été bon pour notre famille. J’étais parti quand il a nommé mon fils recruteur-chef. Il fallait avoir du cran pour le nommer à cette position à un si jeune âge.»

Mais avant de penser à de potentielles retrouvailles à la coupe Memorial, Pouliot avance que sa concentration reste sur la coupe du Président pour l’instant.

«Notre premier objectif était d’atteindre la finale. Là, nous voulons la coupe du Président.»