Tye Felhaber et ses coéquipiers des 67’s d’Ottawa ont reçu un accueil triomphal à leur retour à la Place TD jeudi midi, au lendemain de leur troisième coup de balai consécutif dans les séries de la Ligue de l’Ontario.

Felhaber: 80 matches, 70 buts

À 20 ans et à sa cinquième saison dans la Ligue de l’Ontario, tout ce qu’a touché Tye Felhaber s’est transformé en or.

Jamais repêché dans la LNH, l’attaquant natif de Pembroke a marqué 59 buts en saison régulière pour recevoir un alléchant contrat de trois ans des Stars de Dallas.

Dans les séries éliminatoires, il vient d’en ajouter 11 pour atteindre le prodigieux plateau de 70 buts en 80 matches pour l’ensemble de sa dernière saison junior.

Il avait mis fin à la série contre les Wolves de Sudbury en comptant le but gagnant en prolongation il y a deux semaines.

Mercredi soir, à Oshawa, il a égalé la marque 1-1 dans la dernière minute de jeu avant de bonifier son exploit avec le but de la victoire dès la 20e seconde de la prolongation.

Après avoir marqué deux des buts les plus importants de l’histoire moderne des 67’s, Felhaber a été un des derniers à sortir de l’autobus pour être acclamé par un comité d’accueil à la Place TD jeudi midi. Sa production à un rythme soutenu a rapidement fait oublier sa première ronde des séries où il avait été blanchi par les Bulldogs de Hamilton.

« La première ronde a servi à me lancer un appel de réveil. Toute l’année, j’avais aidé l’équipe à gagner en comptant des buts. Pour aller loin dans les séries, il fallait que j’arrive à reproduire mes succès de la saison. Il fallait que je hausse mon jeu d’un cran et que j’embrasse l’occasion de me salir les mains. »

Des 11 buts de Felhaber à ses huit derniers matches, cinq ont été comptés sur l’attaque massive, dont ses deux derniers contre les Generals d’Oshawa mercredi.

« En fin de match, notre banc a repris vie quand ils ont expédié une rondelle dans les gradins. J’avais confiance de marquer le but égalisateur. Encore plus quand nous sommes tombés à cinq contre trois. Je me disais que si j’avais une ligne de tir, j’allais compter. Quand nous avons créé l’égalité et que nous sommes rentrés au vestiaire avant la prolongation, nous savions qu’il nous restait 42 secondes dans le deuxième avantage numérique. Encore là, je savais que c’était suffisant pour nous permettre d’en finir rapidement. »

Felhaber a marqué les deux buts qui ont mené à l’élimination des Generals, mais il pense que n’importe lequel de ses coéquipiers aurait pu le faire à sa place.

« J’ai reçu une excellente passe de Kyle Maksimovich sur le but gagnant, mais chacun de nous est capable de marquer le gros but. »

Les 67’s misent sur trois prolifiques trios et Felhaber pense que ça joue à leur avantage.

« Nos quatre trios ont rempli leurs rôles parfaitement jusqu’ici. Quand un trio ne fonctionne pas, les autres prennent le relais. C’est pour ça que nous avons autant de succès. C’est une réaction en chaîne. Il ne faut pas oublier nos défenseurs qui font un excellent travail de transition pour récupérer des rondelles et nous les apporter rapidement, sans oublier Mikey (DiPietro) qui fait de gros arrêts. C’est tout un effort d’équipe. »

Après la première ronde éliminatoire, l’entraîneur-chef André Tourigny avait mentionné qu’il ne fallait pas s’attendre à ce que Felhaber continue de fournir un but par match à ce temps-ci de l’année.

Sauf que... Felhaber a fait plus depuis deux rondes !

« Je n’étais nullement inquiet. Je croyais même que c’était une bonne chose parce que ça voulait dire qu’il y avait un paquet de buts qui s’en venaient ! Alex Ovechkin ne marque pas à tous les matches, mais il lui arrive d’en compter cinq en trois matches.

Opération sacs de sable

Felhaber espère que sa touche magique pourra servir la cause des résidants de Constance Bay vendredi parce que toute l’équipe des 67’s va profiter de sa journée de congé pour venir en aide aux sinistrés de cette région. Les sacs de sable qu’ils toucheront pourraient prévenir le pire.

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Les 67’s ont déjoué tous les pronostics et surpassé leurs attentes

Premiers de l’histoire à accéder à la finale de la coupe Robertson en balayant les trois séries de sa conférence, les 67’s ont confondu plusieurs sceptiques cette saison.

Malgré un talent évident et l’engouement de leurs partisans à la conclusion du camp d’entraînement, il est difficile de se souvenir qu’en septembre, le seul objectif fixé par l’entraîneur-chef André Tourigny était d’avoir l’avantage de la patinoire au premier tour des séries éliminatoires !

Les 67’s savaient qu’ils avaient une bonne petite équipe, mais ils ne faisaient pas partie des favoris pour tout rafler. Ils n’avaient pas gagné une seule ronde des séries depuis 2012. Depuis, ils avaient visité la cave du classement plus souvent qu’à leur tour.

Mais les 67’s ont commencé l’année en lion en alignant des séries de victoires pour la terminer avec 106 points, le plus haut total de son histoire de 51 ans. Les voilà maintenant rendus en finale après 12 victoires consécutives.

« Nous avions tout à prouver en début de saison. La majorité de nos joueurs n’avaient jamais gagné une série avant. Notre défenseur Hudson Wilson me disait que c’était la première fois de sa carrière qu’il jouait dans une équipe gagnante. Notre potentiel était là. Savoir l’exploiter, c’est une autre histoire. »

Tourigny ajoute que ses leaders ont su garder leur humilité malgré tous les succès.

« Ceux qui n’ont jamais goûté à autant de succès ne savent pas toujours comment se comporter quand ça arrive. Nos leaders se sont comportés comme des pros et je suis très fier d’eux. Ils ont démontré leur fierté de porter le logo des 67’s. »

Les 67’s ont progressé énormément en six mois et Tourigny pointe aussi vers l’environnement créé par son organisation.

« Le processus quotidien. L’OSEG a tout mis en place. Entraîneurs d’habiletés, nutritionniste, spécialiste du conditionnement physique, psychologue sportif. Tout était là pour que nos joueurs s’améliorent. [...] À la période des transactions, nous n’avons pas tout chamboulé. Nous avons fait trois additions sans céder de joueurs de notre équipe. C’est ce que les vétérans voulaient éviter. »