Michael DiPietro affichait un grand sourire à son retour de Sudbury vendredi après-midi. Il a effectué 58 arrêts jeudi dans le duel qu’il a gagné contre Ukko-Pekka Luukonen, qui a alloué trois buts sur les 63 tirs des 67’s.

Deux rondes parfaites pour les 67's

Les 67’s d’Ottawa ont été la première équipe à se qualifier pour le carré d’as de la Ligue de l’Ontario en balayant les honneurs de leurs deux premières séries éliminatoires.

Il était près de minuit jeudi quand Tye Felhaber a inscrit le but vainqueur à mi-chemin de la troisième période de prolongation. Plus le match progressait, plus l’entraîneur-chef André Tourigny sentait venir cette quatrième victoire à Sudbury.

Il avait le luxe de jouer à quatre trios et six défenseurs alors que Cory Stillman, l’entraîneur-chef des Wolves, envoyait toujours les trois mêmes trios sur la patinoire.

« La punition (la seule de la prolongation) a été décernée à un joueur qui n’avait pratiquement pas joué dans les trois périodes de prolongation. Le match s’est joué là. Je regardais mes joueurs. Ils sont en pleine forme. Nous pouvions envoyer nos quatre trios sur la glace. J’aimais nos chances. »

Les 67’s ont joué presque toute la saison avec un seul joueur de 20 ans : Tye Felhaber. Ils ont résisté à la tentation de combler les deux autres postes disponibles jusqu’à la date limite des transactions avant de finalement ajouter Lucas Chiodo et Kyle Maksimovich.

Au préalable, de jeunes joueurs comme Samuel Bitten et Jack Quinn ont obtenu du temps de glace de qualité dans les trois premiers trios du club.

Jeudi soir, ils évoluaient dans le quatrième trio avec Quinn Yule et Tourigny avait tellement confiance en eux que les trois se sont retrouvés sur la glace dans la dernière minute de jeu de la première période de prolongation.

« Ce trio nous a donné toutes les raisons du monde à croire en lui. Ce trio a joué contre celui des frères Pilon. Pendant ce temps-là, nos trois autres lignes fatiguaient leurs deux premières », a raconté Tourigny.

Ce dernier réalise qu’il a le luxe d’avoir quatre trios capables de faire mal à l’adversaire. Avant les matches de vendredi, il avait des joueurs de trois trios différents dans les 10 meilleurs marqueurs des séries de la LHO : Chiodo, Maksimovich, Felhaber et Sasha Chmelevki.

« Je ne sais pas quel est notre troisième trio, mais c’est clair que notre profondeur a été la clé de nos succès pendant toute la saison. Les arrivées tardives de Chiodo et Maksimovich n’ont fait qu’agrémenter le tout. Ils ont gagné ailleurs. Nous savions qu’ils pouvaient faire la différence. Il ne faut pas oublier Mitch Hoelscher qui joue avec eux. Il a dû s’absenter entre la fin de la deuxième période et le début de la troisième période. Quand il est revenu, nous avons tout de suite senti son impact. »

Les 67’s auront maintenant une bonne semaine pour soigner leurs bobos avant d’affronter le gagnant de la série entre Oshawa et Niagara qui est égale 2-2.

Bobos à soigner

« C’était important d’en finir jeudi parce que de la façon que les Wolves ont joué pour sauver leur peau, nous avons souffert. Nous avons des joueurs amochés. La semaine de repos va faire du bien. Pendant que les deux autres clubs vont continuer à se taper dessus pendant au moins deux matches, ils vont bâtir du momentum alors que nous allons soigner nos blessures. »

Le premier carré d’as des 67’s depuis 2012 et le deuxième depuis 2005 va commencer vendredi prochain à la Place TD.

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Michael DiPietro et Ukko-Pekka Luukkonen

UN SENTIMENT DE DÉJÀ-VU POUR DIPIETRO

Il a évité le sujet comme la peste pendant toute la série contre les Wolves de Sudbury, mais après avoir eu le meilleur dans son duel contre l’excellent Ukko-Pekka Luukkonen, Michael DiPietro a dû admettre qu’il avait savouré sa revanche contre le gardien finlandais qui l’avait éliminé en prolongation d’un match des quarts de finale du dernier Championnat mondial junior.

«Je savais que le duel entre lui et moi allait être un angle intéressant pour les médias. Pour moi, ce n’était pas un duel entre nous. C’était un duel entre nos deux clubs, mais en prolongation jeudi, j’ai eu un sentiment de déjà-vu. Il avait gagné au Championnat mondial. Je voulais cette victoire. Tu as beau essayer de ne pas y penser, mais il commençait à être temps que ça finisse !»

À deux, DiPietro et Luukkonen ont effectué 118 arrêts dans le cinquième plus long match de l’histoire de la LHO, une éternité pour l’espoir des Canucks de Vancouver.

«Entre les périodes, je parle très peu. Je reste ma bulle. Je ne mange jamais, mais j’aurais mangé n’importe quoi après la cinquième période ! J’étais fatigué, mais je ne le sentais pas vraiment. L’adrénaline me permettait de continuer. C’est après que j’ai senti la douleur envahir mon corps. Quand Felhaber a compté, j’ai vécu la meilleure sensation au monde. La blague après la deuxième prolongation, c’était que les entraîneurs disaient que la troisième période était notre meilleure. Nous avions compté le but égalisateur en troisième et là, nous nous apprêtions à jouer la troisième période d’un deuxième match !»

Plus que tout, ce match de 58 arrêts aura permis à DiPietro de reprendre pleinement confiance en ses moyens pour la prochaine ronde.

Ce qu’il a vécu avec les Spitfires de Windsor, son échange à Ottawa, Équipe Canada junior et son rappel avec les Canucks, l’a empêché de prendre son élan depuis janvier.

À ce sujet, l’entraîneur-chef André Tourigny s’est montré rassurant. «Ce qui m’a impressionné dans cette série, c’est que Mikey a été capable de faire tous les arrêts clés quand le match était sur la ligne.»