Samuel Bitten a de la difficulté à répondre à la demande de billets de ses amis qui veulent assister à la finale de la conférence de l’Est de la LHO.

Des 67’s devenus populaires

Le hockey des 67’s d’Ottawa est devenu le meilleur spectacle en ville avec cette première présence en demi-finale de la Ligue de l’Ontario depuis 2012.

À ce compte, les joueurs des 67’s n’ont jamais été aussi populaires auprès de leurs amis, surtout qu’il y aura 12 hockeyeurs de la région de la capitale nationale sur la patinoire quand la série contre les Generals d’Oshawa va se mettre en branle jeudi soir à la Place TD.

Six joueurs des 67’s sont natifs de la région. Six joueurs des Generals aussi. Samuel Bitten n’aurait jamais reçu autant de demandes de billets de la part de ses amis.

« Je suis né ici et j’ai la chance de disputer la finale de conférence devant plein de monde que je connais. J’ai de la misère à satisfaire à la demande ! Nous avons droit à huit billets chacun. Ils partent vite ! Il y a les joueurs d’Ottawa des Generals que les gens veulent voir, mais j’ai aussi des amis dans la ligue qui ont fini de jouer. Ils sont de retour à la maison et ils veulent encore voir du hockey. C’est vraiment excitant ce qui se passe, mais je ne peux pas dire oui à tout le monde ! »

La présence des joueurs locaux comme Tye Felhaber, Jack Quinn, Samuel Bitten, Graeme Clarke, Merrick Rippon et Cédrick Andrée dans la formation qui a récolté le plus de points dans l’histoire des 67’s a créé un engouement certain sur la rue Bank.

Celle de Serron Noel, William Ennis, Giovanni Vallati, Nicolas Mattinen, Mathieu Franche et Danyk Drouin du côté des Generals aussi.

Ces joueurs ont joué ensemble ou croisé le fer tout au long de leur hockey mineur.

Au fil des ans, ils ont développé des amitiés et des affinités, mais pour les prochains matches, celles-ci seront mises de côté.

« Ce ne sont pas mes amis. Je les déteste tous ! Ce sont les séries », a lancé Cédrick Andrée lorsque Le Droit lui a mentionné mardi qu’il allait jouer contre ses « amis. »

Andrée, un ancien Wild de l’Est ontarien, dit que le système du hockey AAA d’Ottawa fait en sorte que tous les joueurs du même âge finissent par se connaître.

« Nous tenons des sessions à l’été. Presque tous les joueurs d’Ottawa qui jouent dans la LHO s’y retrouvent à un moment ou un autre. »

champions trois fois

Merrick Rippon, lui, a gagné trois fois le championnat de la ligue AAA d’Ottawa avec les petits 67’s alors qu’il jouait avec Samuel Bitten, mais aussi Giovanni Vallati et William Ennis.

« Je suis très proche de Will. C’est dur de ne pas l’aimer. C’est tellement un gentil garçon ! Mais j’avoue que ça fait drôle de voir autant de joueurs d’Ottawa dans une autre équipe de la ligue de l’Ontario. J’imagine qu’ils aiment les joueurs de notre région, mais au cours des prochains jours, nous allons essayer de démontrer que nous sommes la véritable équipe d’Ottawa en ayant le dessus. »

Plus âgé, Tye Felhaber a surtout eu à affronter Nicolas Mattinen pendant son hockey mineur.

« Il y a vraiment beaucoup de joueurs d’Ottawa dans la ligue. Ça démontre la qualité du hockey dans la région. Mattinen jouait pour le Wild de l’Est ontarien et leur gardien était Cole Ceci, qui était aussi avec les Generals jusqu’en janvier. Nous avions eu quelques batailles épiques. Mattinen était leur quart-arrière à la ligne bleue. »

Samuel Bitten va toujours se souvenir des trois championnats de Hockey Eastern Ontario avec trois autres joueurs qui vont participer à la prochaine série.

« Une fois, nous avions gagné la médaille de bronze au championnat provincial. Là, on va se retrouver pour la finale de l’Est. Ça va être plaisant. Ça va être compétitif. J’aime beaucoup Will Ennis, mais ça va être intéressant de le rencontrer dans le coin de la patinoire. Ça va être dur pour les deux ! »

Chez les Generals, l’entraîneur-chef Greg Walters avance que la demi-douzaine de joueurs d’Ottawa dans son club n’est pas un hasard. « Ils ont tous quelque chose en commun : du caractère. Ils ont hâte de jouer dans leur ville natale avec l’appui de leurs familles et leurs amis. Ça devrait leur ajouter du momentum pour bien jouer. »

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Ottawa n’est pas Tampa Bay

Premiers au classement général de la Ligue de l’Ontario (LHO), les 67’s sont favoris pour l’emporter sur les Generals dans leur série demi-finale, mais le balayage du Lightning de Tampa Bay par les Blue Jackets de Columbus démontre à quel point la saison régulière ne veut plus rien dire.

Questionné à cet effet mercredi, l’entraîneur-chef André Tourigny a expliqué que la situation des 67’s et du Lightning était fort différente.

«La première ronde des séries représente toujours un piège et c’est souvent la plus difficile, car tout le monde s’attend à ce que l’équipe de tête gagne alors que l’autre équipe n’a rien à perdre. Toute la pression se retrouve du même côté. Rendu à l’étape des demi-finales, c’est différent parce qu’il reste seulement quatre très bons clubs qui ont tous la même pression de gagner.»

Chapeaux de cowboys partout

Le chapeau de cowboy est omniprésent dans l’entourage de la Place TD depuis le début des séries des 67’s. Le logo du club a été agrémenté du chapeau sur les panneaux électroniques, les bénévoles en portent tous en soutien aux joueurs et aux entraîneurs qui ont choisi de se couvrir la tête en signe de ralliement pour la durée des séries. Pourquoi le chapeau de cowboy ?

Le vétéran Sasha Chmelevski a la réponse.

«Nous avons un groupe de joueurs qui jouent ensemble depuis plusieurs années et c’est la première fois que nous avons vraiment une équipe solide pour faire un bout de chemin dans les séries. Celles-ci sont intenses et elles sont difficiles sur le plan physique. Le chapeau de cowboy vient nous rappeler que c’est aussi important de s’amuser pendant cette période cruciale de l’année.»

Keyser le joueur le plus utile

L’histoire ne dit pas si André Tourigny a voulu prendre la même technique que dans la ronde précédente en louangeant le gardien adverse, mais lors d’une téléconférence avec les Generals mercredi, il a qualifié Kyle Keyser du «joueur le plus utile des séries de la LHO jusqu’à présent».

Tourigny n’avait que des éloges à faire sur Ukko-Pekka Luukkonen avant la dernière série contre les Wolves de Sudbury. Il menait la ligue pour les victoires et le pourcentage d’arrêt, mais les 67’s l’ont trompé 20 fois en quatre matches.

Keyser a conservé la meilleure moyenne (2,09) et le meilleur taux d’arrêt (,943) des séries où il a aidé les Generals à vaincre les IceDogs du Niagara même si ceux-ci ont dominé la série 233 à 167 au chapitre des tirs. Les 67’s trouveront-ils la brèche ?