Des souvenirs de hockey tapissent la chambre de Danyk Drouin mur à mur à Casselman.

Danyk Drouin, sa destinée de Casselman à Oshawa

L’histoire ne dit pas si ses parents ont voulu provoquer son destin, mais avant même d’avoir six mois, le chemin était déjà tracé pour que Danyk Drouin devienne le premier hockeyeur de Casselman à patiner dans la Ligue de l’Ontario (LHO).

Le jour de sa naissance, le 21 février 2001, un ami de Denis et Chantal Drouin était passé à l’hôpital pour livrer un cadeau au nouveau venu. Sébastien Savage (St-Albert), alors un joueur des 67’s d’Ottawa, leur avait laissé son chandail au dossard #12 signé par tous ses coéquipiers.

Le lendemain, Ian Courville (Embrun), des Olympiques de Hull, faisait la même chose en plus de leur offrir un bâton de hockey frappé du logo du club.

Puis, à l’âge de cinq mois, le petit Danyk se faisait prendre en photo, bien assis dans la coupe Stanley gagnée par Stéphane Yelle de l’Avalanche du Colorado un 9 juin 2001.

Natif de Bourget, Yelle a passé toute sa carrière junior chez les Generals d’Oshawa entre 1991 et 1994. Dix-sept ans plus tard, fallait-il vraiment se surprendre de voir Danyk Drouin donner ses premiers coups de patin avec les Generals à son tour ?

Surtout que Henryk, le frère cadet de Danyk, partage le même jour de fête que... Stéphane Yelle !

C’est le genre de trucs que l’on voit habituellement dans les scriptes de Hollywood. Pour la recrue de 17 ans des Generals, c’est toutefois la vraie vie.

« Quand je regarde ma photo où je suis assis dans la coupe Stanley avec Stéphane Yelle à mes côtés, je me dis qu’il s’est passé quelque chose cette journée-là ! Je joue à la même place que lui aujourd’hui. Ça doit être le destin qui a amené les Generals à me repêcher. Comme lui, c’est à Oshawa que j’essaie de commencer une carrière. »

À cinq mois, Danyk pose dans la coupe Stanley aux côtés de Stéphane Yelle, le l’Avalanche du Colorado.

À six ans, pendant un tournoi de hockey de sa sœur Janyka... à Oshawa, il s’était acheté une casquette pour la faire signer par John Tavares et sa bande. Il la possède encore aujourd’hui et c’est Henryk qui la porte tout le temps. Ça ne s’invente pas.

« J’étais un grand amateur de hockey. Je collectionnais tout. Alors vous comprendrez qu’à mon premier camp chez les Generals à 16 ans, je réalisais un rêve. Je me suis présenté là-bas dans la peau d’un partisan ! Des joueurs revenaient de leurs camps de la LNH. J’avais grandi en les regardant jouer. J’étais émerveillé », a dit celui qui a changé son approche à son deuxième camp cette année.

Il venait de gagner le championnat de la Ligue de hockey junior B de l’Est ontarien avec les Vikings de Casselman. Il avait ajouté 28 livres de muscles durant l’été. Il avait fait du power skating.

« J’ai mis toutes les chances de mon côté cette année. Je voulais faire ma place. Le directeur général m’avait dit d’être prêt et de me présenter au camp avec l’idée de me tailler un poste. »

À 6’1’’ et 175 livres, Drouin a convaincu la direction de le garder à Oshawa. Pour le moment, on lui a confié un rôle de second plan, mais essentiel au sein d’un club bondé de talent. Il fait ses classes dans un quatrième trio. Il a inscrit deux buts en 27 matches.

Danyk Drouin

« Nous avons huit joueurs repêchés dans la LNH et trois autres sur la liste du centre de recrutement. On me demande d’être responsable défensivement, de gagner des mises en jeu et de jouer prudemment. Notre club est talentueux et j’essaie de monter dans l’alignement graduellement. Ils me répètent de ne pas me décourager parce que c’est ma première année et que mon tour va venir en travaillant fort. »

Danyk Drouin a déjà réalisé une partie de son rêve en devenant un General, mais il aimerait encore suivre les traces de Stéphane Yelle.

« Si je devais jouer pour l’Avalanche un jour, ça porterait mon histoire à un autre niveau ! »

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UN CHOIX DE 13e QUI N'A JAMAIS CESSÉ DE RÊVER

Les choix de 13e ronde sont rares à pouvoir percer au hockey junior majeur. Danyk Drouin n’allait cependant pas laisser sa sélection tardive l’empêcher de rêver à faire sa place dans la Ligue de l’Ontario (LHO).

Les Generals d’Oshawa ont repêché 14 joueurs à l’encan des joueurs midgets de 2017. Du groupe, seulement trois ont réussi à gagner des postes avec l’équipe jusqu’à maintenant, mais l’un d’entre eux a déjà été échangé. L’attaquant de Casselman fait partie des heureux élus. Par le fait même, il a déjoué tous les pronostics.

« C’est loin la 13e ronde. Historiquement, peu de joueurs arrivent à se tailler une place avec l’équipe qui les repêche aussi loin, mais dans ma tête, je m’étais toujours dit que c’était possible. J’ai tout donné pour que ça se produise même si ce n’est pas évident pour une recrue de faire sa place dans un club de premier plan », a-t-il dit avant d’affronter les 67’s d’Ottawa deux fois en deux soirs.

Les Generals vont recevoir l’équipe de son patelin vendredi soir et Drouin viendra jouer à la Place TD samedi après-midi.

Il s’agira de la troisième de quatre visites des Generals à Ottawa cette saison. La première fois, Drouin avait dû regarder le match à partir des estrades même si celles-ci étaient remplies de partisans de Casselman venus expressément pour le voir.

Puis, pendant le Championnat mondial junior où quelques joueurs des Generals manquaient à l’appel, il a pu prendre part au deuxième match le 6 janvier.

« J’avais des frissons quand je suis embarqué sur la glace. Quand j’étais jeune, j’allais voir les 67’s. Pour moi, c’était comme la Ligue nationale. Je voulais jouer ici un jour. Je suis rendu là ! »

Deuxièmes dans la division Est de la LHO, les Generals (28-15-2) accusent 10 points de retard sur les 67’s (32-9-4), mais ils n’ont pas encore concédé ce premier rang.

« Nous venons de gagner nos quatre derniers matches après la date limite des transactions. Notre but, c’est de rattraper les 67’s et finir premiers. Nous avons une rivalité intense. J’ai hâte de voir nos deux prochains matches contre eux. »