Cédrick Andrée est devenu le quatrième gardien de l’histoire des 67’s d’Ottawa à atteindre le plateau des 30 victoires le week-end dernier après Jim Ralph, Levente Szuper et Petr Mrazek. Il aimerait maintenant devancer les chiffres magiques de Mrazek et Szuper dans les prochaines semaines.

Andrée entre dans l’histoire des 67’s

Début décembre, quand les 67’s d’Ottawa ont fait l’acquisition du gardien le mieux réputé de la Ligue de l’Ontario (LHO), Cédrick Andrée s’est mis à faire des calculs.

Le gardien d’Orléans menait la ligue avec 23 victoires. Tous les jours, dans le couloir menant au vestiaire de son équipe, il passait devant un tableau inspirant : celui des gardiens qui ont déjà signé des saisons de 30 victoires dans l’histoire de la franchise.

Le Franco-Ontarien de 18 ans voulait ajouter son nom à la courte liste, mais allait-il avoir le temps de s’y rendre avec l’arrivée de Michael DiPietro ? Il restait encore 30 matches à la saison des 67’s à ce moment-là, mais il était clair que le nouveau venu obtiendrait la majorité des départs.

Sauf que...

Le destin a bien fait les choses pour Andrée. DiPietro a passé près d’un mois avec Équipe Canada junior. Puis, la semaine dernière, un appel inattendu des Canucks de Vancouver lui a pavé la voie pour atteindre le plateau des 30 victoires avec encore cinq semaines au calendrier de la saison.

« Je suis vraiment fier d’y être parvenu. Maintenant que c’est fait, je veux monter sur ce tableau. Jim Ralph a déjà gagné 38 matches. Ça va être difficile à faire cette année, mais nous aurons un bon club l’an prochain aussi. J’aurai deux chances pour y arriver. Ça serait un sentiment de fierté incroyable d’atteindre le plateau de 30 victoires deux fois comme lui et Petr Mrazek l’ont fait. »

Choix de 12e ronde des 67’s en 2016, Andrée pense qu’une bonne étoile l’a suivi depuis ce temps.

« J’ai été chanceux d’être repêché par l’équipe de chez nous. Il n’y avait pas beaucoup de jeunes espoirs dans l’organisation quand je suis arrivé. J’ai pu faire ma place ici, puis quand Michael est arrivé, il a dû retourner chez lui à Windsor pendant quelques jours. Après, il est parti avec Équipe Canada et maintenant, il y a eu ce rappel avec les Canucks. J’ai fini par jouer plus que je pensais et je suis arrivé à 30 victoires plus rapidement que prévu », a dit celui qui mène toujours la ligue au chapitre des victoires.

Trente gains, c’est énorme. Au point où Andrée ne se souvient que de certaines victoires.

« Honnêtement, je me souviens de chacune de mes sept défaites ! J’en fais des cauchemars. Les victoires, c’est drôle, je n’en retiens que quelques-unes comme celles par blanchissage ! »

Considéré petit à 5’10’’ selon les standards des gardiens d’aujourd’hui, Andrée aura travaillé comme un forcené pour compenser les espaces qu’il ne peut pas couvrir devant son filet.

Tout a commencé par une année au Connecticut à 16 ans alors qu’il a choisi de joindre le prep school The Gunnery. Au lieu de disputer une deuxième année midget AAA avec les Sénateurs d’Ottawa, il préféré affronter des joueurs plus vieux que lui.

« J’avais le choix d’être gardien substitut dans le junior A ou être le numéro un dans un prep school à sept heures de chez nous. Là-bas, j’ai joué 30 de nos 32 matches et quand je revenais à Ottawa pendant nos pauses, j’appelais la direction pour voir si je pouvais venir m’entraîner avec l’équipe. Je pense que ça les avait surpris. »

À l’époque, Jeff Brown était l’entraîneur-chef du club, mais Andrée est tombé dans l’œil des nouveaux entraîneurs à son deuxième camp. À un point tel qu’ils l’ont gardé dans un ménage à trois pendant la moitié de la dernière saison.

Il s’est accroché. Il a persévéré. Ses entraîneurs trouvaient qu’il était souvent le meilleur des trois gardiens dans les entraînements. Aujourd’hui, il mène la ligue avec 30 victoires même si Michael DiPietro est son partenaire.

Mais celui-ci est à Vancouver jusqu’à nouvel ordre. Ça aussi, c’est quasiment irréel pour Andrée.

« Ça m’a fait bizarre de le voir avec les Canucks lundi soir. C’est le premier gars que je connais qui joue dans la LNH. Cette ligue semble tellement loin, mais en même temps, elle me semble si proche en ce moment ! »

+

Le gardien des 67's Michael DiPietro a fait ses débuts dans la LNH contre les Sharks de San Jose.

DÉBUTS DANS LA LNH POUR DIPIETRO ET MACEWEN

Deux visages familiers des amateurs de hockey junior de la région d’Ottawa-Gatineau ont lancé leurs carrières dans la LNH simultanément lundi soir avec les Canucks de Vancouver.

Si Zack MacEwen, ancienne vedette des Olympiques, a pu sortir de ce premier match avec un premier point, le gardien Michael DiPietro conservera un goût amer de sa première expérience dans le circuit Bettman.

Rappelé d’urgence en raison de la blessure au gardien Thatcher Demko, puis lancé dans la gueule du loup quand le gardien numéro un Jacob Markstrom a ressenti des raideurs pendant l’entraînement matinal, le gardien des 67’s n’avait aucune marge de manœuvre pour affronter la puissante attaque des Sharks de San Jose.

Comme si ce n’était déjà pas assez énervant de disputer un premier match en carrière à l’âge de 19 ans, DiPietro n’avait personne pour le remplacer en cas d’échec.

Les Sharks ont profité de son inexpérience pour vaincre les Canucks 7-2. Ils ont marqué sur leurs deux premiers tirs au but et ils menaient déjà 3-0 avec seulement cinq tirs dans les 10 premières minutes de jeu. Rien pour aider à la confiance du quatrième plus jeune gardien à obtenir un départ dans la LNH après Rick DiPietro, Dan Blackburn, Marc-André Fleury et Jonathan Bernier.

Rapidement, le rêve de DiPietro s’est transformé en cauchemar, mais il a bien tenté de masquer sa déception après un match où il a été déjoué sept fois sur 24 tirs.

« Je viens de plonger dans l’adversité, mais c’est correct. Je vais pouvoir m’en servir pour améliorer mon jeu et ma personne. Obtenir ce départ, ça demeure un rêve qui est devenu réalité même si j’aurais préféré faire un arrêt avant de céder un but. Je me suis senti mieux, plus le match avançait », a-t-il expliqué aux médias de Vancouver après la défaite.

Les Canucks ont fait l’acquisition du vétéran Marek Mazanec mardi afin de venir leur donner un coup de main. Le gardien de 27 ans était dans la filiale des Rangers de New York, mais il a déjà joué 31 matches dans la LNH avec les Predators de Nashville entre 2013 et 2017.

Point pour MacEwen

De son côté, Zack MacEwen a fait une entrée remarquée alors que l’entraîneur-chef Travis Green l’avait placé à la droite de Bo Horvat dans le premier trio pour amorcer le match. Il s’est toutefois retrouvé sur la patinoire pour le deuxième but des Sharks à sa deuxième présence sur la patinoire. Rapidement, il a été placé dans le quatrième trio et il a été l’attaquant le moins utilisé par les Canucks avec neuf minutes et 45 secondes de temps de jeu.

Il a néanmoins obtenu la passe primaire sur le but du défenseur Derrick Pouliot en fin de match.

À sa deuxième année chez les professionnels, l’attaquant de 22 ans connaissait une très bonne saison dans la Ligue américaine où il avait récolté 42 points en 49 matches avec les Comets de Utica.

« Ce n’est pas le résultat que nous voulions, mais ce fut un soulagement pour moi d’obtenir une mention d’aide en fin de match, surtout avec ma famille qui était sur place », a dit le sympathique hockeyeur de l’Île-du-Prince-Édouard.