Originaire de Gatineau, Marc-André Barriault (à droite) s’est incliné par décision partagée contre le Polonais Krzysztof Jotko, samedi soir, au Rogers Place d’Edmonton.

2e défaite de Barriault : « J’ai peut-être trop réfléchi »

Sa réaction au milieu de l’octogone après l’annonce du verdict des juges disait tout. Marc-André Barriault avait sûrement l’impression d’être plongé dans le film Le jour de la marmotte à son deuxième combat en carrière en UFC.

L’athlète originaire de Gatineau s’est incliné par décision partagée contre le Polonais Krzysztof Jotko, samedi soir, au Rogers Place d’Edmonton. Il s’agit d’un deuxième revers de suite pour l’ancien double champion chez TKO.

Barriault avait été battu en mai par l’Américain Andrew Sanchez par décision unanime à Ottawa.

« Il y a un paquet de choses qui m’est passé par la tête. C’était surtout de la déception, a-t-il relaté au sujet du moment où Jotko a été déclaré vainqueur. Je me suis dit : pas encore les maudits juges, même si on ne peut jamais dire ça. Je savais le combat était serré. Mes coaches me le disaient. Mais il semble que j’ai été l’agresseur, que je suis celui qui a causé du dommage. Je lui ai fait une belle coupure au visage. J’ai aussi fait deux amenées au sol, même si je n’ai pas pu le terminer. »

Barriault disait avoir encore appris beaucoup à cette deuxième sortie dans une cage de l’UFC. Ce dernier a rappelé que c’était « un deuxième gars du top-20 » qu’il affrontait en autant de combats dans le circuit majeur.

« Je comprends mieux maintenant pourquoi on dit que l’expérience ne s’achète pas », a-t-il soutenu, dimanche, au lendemain de son revers.

Jotko a livré deux fois plus de combats que lui chez les pros. Il montre maintenant une fiche de 8-4 chez l’UFC.

« Le fait que c’est encore une décision, que mes deux adversaires n’ont pas pu trouver une façon de me mettre hors de combat montre que j’ai ma raison d’être ici (...) Encore une fois, ce fut une expérience enrichissante malgré tout. Je pense que j’ai un peu trop réfléchi à la technique et la stratégie dans ce combat-ci au lieu de l’appliquer. J’ai un peu trop observé. Je me suis enlevé du temps et des opportunités pour gagner ce combat. »

Reste à voir la suite des choses.

Le contrat qui le lie à l’UFC prévoit un minimum de quatre combats. La puissante organisation d’arts martiaux mixtes a parfois la gâchette rapide avec ces recrues.

L’arrivée de Barriault était fort attendue. L’athlète âgé de 29 ans détenait deux titres chez TKO et voguait sur une séquence de huit victoires de suite.

Ses nouveaux patrons lui avaient réservé une place sur la carte principale lors de chacun de ses deux premiers combats, dont samedi à Edmonton.

Son ami et agent Stéphane Patry a déjà discuté avec les dirigeants de l’UFC dans les dernières heures.

« Je lui ai demandé d’aller chercher leur pouls. Ils ont dit avoir aimé encore ce qu’ils ont vu, mais ils sont en même temps impatients de voir ce que j’ai dans le corps. Ce que j’ai fait chez TKO, c’est une chose. Mais je ne l’ai pas encore montré dans l’UFC. »

Marc-André Barriault s’attend à se retrouver sur une carte préliminaire à son prochain combat. Il aimerait renouer avec l’action en octobre.

Et il aura maintenant cette pression de gagner. Ça, il le sait.

« Je ne veux pas être juste le gars qui va donner un bon spectacle, mais qui ne gagne pas. Je veux vivre de ça. Je vais regarder avec mon coach les possibilités qui s’offrent à moi », a-t-il dit au sujet du choix de son prochain adversaire.

Pas question toutefois de se laisser abattre par le récent résultat.

« J’avais vécu tellement sur un high dans la dernière année. Là, je me retrouve à vivre l’autre côté de la médaille. Beaucoup de gens s’écraseraient. Pas moi. J’ai un bon caractère. C’est ma force. »