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Le goût de patiner ?

Vous avez le goût de patiner à Gatineau ? Empruntez les trottoirs.

Pierre Trudel, Gatineau

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Défense de passer la gratte !

OPINION / Dans l’une de ses récentes « capsules linguistiques » à l’antenne de Radio-Canada Première, le chroniqueur Guy Bertrand disait que le mot « gratte », utilisé pour décrire l’objet dont on se sert pour dégager nos balcons et entrées de garage, devait être remplacé par « pousse-neige ».

Le voilà reparti à pontifier à tort et à travers, comme il fait trop souvent, sur des mots bien de chez nous, utilisés couramment, familièrement, correctement, par des dizaines, sinon des centaines de milliers de francophones, qui continueront malgré tout à les utiliser, tout en se disant peut-être, encore une fois, que « c’est donc dommage — je n’ose pas dire « c’est donc de valeur » — à quel point on massacre notre pauvre langue maternelle.

Rien aussi pour rassurer ceux qui vivent là où le français est minoritaire et qui souffrent déjà bien assez d’insécurité linguistique. Ce n’est pas surprenant qu’ils se sentent souvent plus à l’aise de parler anglais, sachant qu’ils n’auront pas à entendre à la CBC un préfet de discipline leur rappeler jour après jour à quel point ils s’expriment mal.

Le mot « gratte » si on le replace, comme il se doit, dans sa famille lexicale, comble un vide entre « la pelle à neige » et la « déneigeuse » ou le « chasse-neige », ces derniers mots étant plutôt associés chez nous à la machinerie lourde servant à dégager les rues. Il est vrai que le mot « gratte » sert aussi à désigner ces grosses machines dans un énoncé comme « la gratte vient de passer », mais le contexte y résout toute ambiguïté. Quant au terme « pousse-neige » proposé par M. Bertrand, il est en principe tout aussi acceptable, mais il est plus long et il a très peu de chance de remplacer « gratte », bien installé dans l’usage commun. 

Il rappelle d’ailleurs le fameux « gaminet » qu’on a inutilement proposé pour remplacer « t-shirt ». La langue naturelle a des raisons que le purisme ne connaît pas.

Certains feront remarquer bien sûr que le mot « gratte » apparaît bien dans leur dictionnaire mais pas dans le sens qu’on lui donne ici. Dans son Multidictionnaire, Marie-Eve de Villiers le qualifie en effet d’ « impropriété » (usage incorrect) dans le sens de « chasse-neige ». Larousse, entre autres définitions, dit que « gratte » peut désigner « égratignure » en Belgique et Le Robert dit bien que « gratte » est utilisé dans le sens de « chasse-neige » au Canada, mais que ce sens est « critiqué ». Antidote, par contre, dit que dans l’usage québécois, ce mot désigne, entre autres, « Une pelle dont la lame large et recourbée permet de pousser la neige ».

Que faut-il en conclure? Que seul Antidote reconnaît et définit précisément, sans jugement de valeur, l’usage de ce mot, tout en le situant géographiquement. Marie-Eva de Villiers se contente de le condamner d’autorité, sans autre forme de procès, comme le font traditionnellement les puristes, et conformément à sa méfiance chronique (comme celle de M. Bertrand d’ailleurs) des usages de chez nous. Le Larousse reconnaît bien le sens particulier que prend le mot « gratte » en Belgique, ce qu’il aurait très bien pu faire pour le sens qu’on lui donne au Canada. Le Robert n’a pu résister à le qualifier de « critiqué » au Canada, tout en fournissant le sens particulier qu’il prend en Belgique, sans toutefois le qualifier lui aussi de « critiqué », comme quoi on est souvent plus tolérant quand il s’agit d’usages européens que canadiens.

Pour illustrer un peu plus mon propos sur le danger des jugements à l’emporte-pièce, voici une autre « perle » de M. Bertrand entendue il y a quelques jours à la radio. Selon lui, on ne devrait plus dire « branlebas de combat » (réservé aux soldats !) ni « sauter aux conclusions », mais plutôt « branlebas général » et « tirer des conclusions ». Il faut vraiment être à court de « fautes » pour s’en prendre à des expressions aussi courantes qu’inoffensives.

Tout cela étant dit, les interventions de M. Bertrand sont très souvent utiles et intéressantes, lorsqu’il s’en tient par exemple à des précisions sur le ou les sens d’un mot (par ex. le mot « contondant » dans une de ses récentes capsules), son origine, son niveau de langue, son espace géographique, les confusions possibles avec un sens anglais bien différent (« adresser un problème »), etc. Il n’y a certes aucun mal à corriger ainsi certaines erreurs, mais avec discernement et à partir de critères explicites et rigoureux. Mais pour cela, il faut d’abord se débarrasser de ses préjugés sur la langue de chez nous, savoir comment fonctionne une langue parlée vivante dans le « vrai monde » et non seulement au sein d’une certaine élite (réelle ou imaginaire), accepter qu’une langue varie dans le temps, dans l’espace et dans la société, et résister à cette attitude prescriptive et intolérante qui a tant marqué notre histoire et culpabilisé des générations de francophones ne faisant pas partie de la sacro-sainte « Société cultivée de Paris ».

L'auteur du texte est Pierre Calvé, linguiste et professeur retraité de Gatineau.

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Guide alimentaire canadien : l’accessibilité tenue pour acquise

OPINION / Depuis plus de 35 ans, le mouvement des cuisines collectives au Québec s’inscrit dans une démarche rassembleuse visant l’atteinte de l’autonomie alimentaire pour l’ensemble des Québécois et Québécoises. Militant pour l’accessibilité universelle à une saine alimentation, le Regroupement des cuisines collectives du Québec pose un regard critique sur le nouveau Guide alimentaire canadien.

Au-delà de l’assiette colorée dont le mouvement faisait déjà la promotion, la place de choix accordée au contexte social de l’alimentation va de pair avec la mission d’éducation populaire que se donnent les cuisines collectives depuis leur implantation. Manger sainement passe d’abord par l’appropriation des aliments que l’on cuisine, partage et savoure ensemble, des valeurs qu’on peut maintenant rattacher au Guide alimentaire. Le progrès est salué, tout comme le portrait plus flexible de l’alimentation quotidienne qu’on y retrouve.

Malgré cette note positive, il existe tout de même une grande faille lorsque l’on adresse un outil universel en gage de référence et de santé. Bien s’alimenter a un coût. Ce détail majeur semble hélas omis dans l’exercice de telles recommandations. L’information s’adresse à l’ensemble des Canadiens et Canadiennes alors que son application est loin d’être accessible à tous, ce que déplore le Regroupement. Les quelque 1400 cuisines collectives à travers la province peuvent témoigner que l’atteinte de l’autonomie alimentaire est loin d’être gagnée, ce pour quoi elles travaillent au quotidien.

Moins de trois semaines après la parution du Guide, les banques alimentaires du Canada publiaient un bilan déplorable de la sécurité alimentaire au pays, dégageant le grand paradoxe derrière la façade d’universalisme des recommandations nutritionnelles de Santé Canada. Alors que l’alimentation est orpheline d’une véritable responsabilité d’état, plus d’un million de Canadiens et Canadiennes ont eu recours aux banques alimentaires en 2016. Au regard de la position économique du pays, le problème ne découle pas d’un manque de richesse, mais bien d’une redistribution déficiente obligeant les organismes communautaires et les initiatives citoyennes à nous sortir la tête de l’eau. Donner les outils nécessaires à la population pour bien s’alimenter est tout à fait louable, mais uniquement dans la mesure où on lui garantit un revenu et un cadre social le lui permettant.

Face à cet enjeu de taille, le Regroupement des cuisines collectives du Québec, avec ses membres et partenaires, a produit en 2017 une Déclaration pour le droit à une saine alimentation. Faisant appel à notre culture progressiste, la déclaration et la pétition l’appuyant revendiquent la mise en place de mesures encadrant l’accès à une saine alimentation pour tous, sans compromis.

À la fois défenderesses de la saine alimentation et témoins de son inaccessibilité, les cuisines collectives saluent l’arrivée du nouveau Guide alimentaire canadien... à condition qu’il soit le point d’ancrage d’une politique alimentaire ne laissant personne derrière.

Le texte est écrit par le regroupement des cuisines collectives du Québec.

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Et les trottoirs ?

Un mardi de février, à la veille d’une tempête de neige, les camions de déneigement de la Ville de Gatineau s’activent à enlever les bancs de neige glacés sur les côtés des rues afin de les élargir. 

Hors depuis la dernière pluie il y a 10 jours, les trottoirs sont de véritables patinoires. 

Pourquoi continuer de favoriser les rues, qui ont été nettoyées plusieurs fois déjà, plutôt que d’entretenir les trottoirs qui, eux, sont dangereux? 

Est-ce que Gatineau considère que les transports actifs et collectifs (il faut bien utiliser les trottoirs pour se rendre aux arrêts d’autobus) l’hiver sont superflus? 

Julie Gilbert, Gatineau


Visage à deux faces

Dans l’affaire de l’extradition de la directrice financière de Huawei, le gouvernement libéral de Justin Trudeau a déclaré haut et fort que le Canada est un pays de droit et qu’il n’y aurait aucune interférence politique dans le système judiciaire. 

Mais on apprend récemment que ce même gouvernement est intervenu afin de protéger SNC-Lavalin, proche ami et contributeur du Parti libéral. 

Peut-on faire confiance à ce gouvernement qui applique ses principes de façon contradictoire et qui les adapte pour servir ses intérêts partisans?

Richard Prégent, Ottawa


Merci à Montfort !

Je souhaite exprimer toute ma reconnaissance aux bons médecins, infirmiers et infirmières, ainsi qu’aux autres membres du personnel de l’hôpital Montfort qui m’ont prodigué des soins avec tant de dévouement et professionnalisme pendant 24 jours. 

Nous sommes chanceux d’avoir un établissement de santé de si haut de gamme à Ottawa.

Marie-Reine Gadouas, Ottawa


Jody, première ministre !

Jody Wilson-Raybould comme première ministre ! Bravo ! Et finissons-en avec les mensonges, l’intégrité d’abord !

Charles Lepoutre, Gatineau