Opinions

Le pot, un nouveau marché pour les brasseurs?

Il se brasse toutes sortes de choses dans le domaine de la bière... même du cannabis. Eh oui, Molson-Coors se lance dans le pot! La filiale canadienne du brasseur américain a annoncé récemment la création d’une coentreprise avec un autre groupe canadien, The Hydropothecary Corporation (HEXO). Fondé en 2013, HEXO produit du cannabis dans la région de Gatineau et envisage de vendre la drogue à des fins non médicinales dès l’automne. Visiblement, les deux entreprises ont les produits comestibles dans leurs mires.

Molson-Coors deviendra copropriétaire majoritaire de la coentreprise qui sera créée au début de l’automne. L’entreprise américaine suit les traces d’un autre géant de boissons alcoolisées, Constellation Brands. Celle-ci investissait l’an dernier dans Canopy Growth, l’un des plus grands producteurs de cannabis au pays. Dès l’annonce de cette nouvelle, le cours des actions de Molson-Coors et de Constellation Brands augmentait. Ceci donne évidemment l’impression que les actionnaires voient ces incursions dans le domaine du cannabis comme une très bonne initiative.

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Sans partisanerie, soyons francs

L’Outaouais a besoin de meneurs, de leaders qui prennent fait et cause en santé et en éducation, pour et au nom de notre développement global. Rappelons-nous qu’en matière des grands projets routiers, nous avons payé largement notre part pour la construction des autoroutes. Et nous voilà, en 2018, avec l’autoroute 50 quasiment à moitié complétée.

Pierre R. Gascon, Gatineau

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Se faire soigner à Gatineau

Je suis complètement d’accord avec les auteurs de l’article, chirurgiens, anesthésiologistes, etc. de l’hôpital de Hull et Gatineau (À la défense des patients de l’Outaouais, Le Droit, 3 août 2018). Il est grand temps que le gouvernement fasse quelque chose pour améliorer la situation de nos hôpitaux. Nous voulons nous faire traiter dans un délai raisonnable, ici, à Gatineau, et pas à Ottawa ou à Montréal.

Madeleine Leroux, Gatineau


Savoir se célébrer !

Le Droit révèle la visée d’implanter le premier musée national en Outaouais, berceau de l’industrie forestière (Les draveurs, ces héros de l’ombre, Le Droit, 28 juillet 2018). Ce musée est un moment à saisir pour célébrer notre reconnaissance envers nos cageux et nos draveurs, qui ont contribué à bâtir l’économie du pays, et cela au péril de leur vie. Ils nous ont laissé maintes histoires comme celles de Jos Montferrand ou de la chasse-galerie. « Vous verrez que la légende, dans quelques années, aura fait de nos cageux des sortes de héros ! », déclarait déjà en 1915 M. l’abbé Froment. « Ça n’avait peur de rien, ni du vent, ni de la tempête, ni des hommes, ni de la bataille. Le métier n’était pas rose, confiait un cageux de 85 ans, avant de mourir. On couchait sur la paille à la belle étoile ; on ne mangeait que de la soupe aux pois, des fèves et du lard ; et, pour faire passer ça, on prenait de l’eau à la rivière avec des gobelets de bouleau, ajoutait-il avec un sourire significatif. L’eau ne manquait jamais ! »

Isabelle Regout, Gatineau


L’Odyssée du quartier du Musée

Tel Ulysse, attaché au mât de son navire afin de ne pas succomber au chant des sirènes, nous, citoyens, ne devons pas nous laisser enjôler par d’irréels mirages de grandeur immobilière. Rattachons-nous plutôt au mât du patrimoine et à nos racines qui sauront nous préserver du naufrage sur les écueils du développement à outrance.

Sylvain Lemay, Gatineau

Point de vue

Quelle dette nos enfants auront-ils à assumer?

Le budget actuel du Québec est en équilibre, voire en surplus, si l’on tient compte des résultats comptables inscrits dans les Comptes publics du Québec. C’est une situation un peu paradoxale, car en même temps que les comptes courants sont équilibrés, la dette publique continue de croître. Pourquoi? Parce que depuis la réforme fiscale de 1998, les dépenses de capital ne sont plus inscrites au complet dans les dépenses publiques.

Avant 1998, le coût d’une immobilisation corporelle était imputé en entier à l’année d’acquisition, ce qui avait une influence sur l’excédent ou le surplus du gouvernement pour cette année. Depuis la réforme comptable, le coût entier du bien est établi comme un actif et une charge annuelle d’utilisation ou amortissement est imputée durant toute sa durée de vie utile. Seul l’amortissement est passé chaque année à la dépense. Le coût entier de l’immobilisation n’aura donc une influence sur l’excédent ou le déficit budgétaire qu’au fur et à mesure de son utilisation. On comprend que cela donne une marge de manœuvre budgétaire importante au gouvernement. 

La situation budgétaire favorable du gouvernement du Québec repose en bonne partie sur cet artifice comptable, certes conforme aux principes généralement reconnus pour le secteur public, mais néanmoins dommageable du point de vue de la dette. 

La dette publique est-elle sous contrôle?

Au 31 mars 2017, la dette brute s’établissait à 203,5 milliards de dollars, soit 51,9 % du PIB. La dette brute correspond à la somme de la dette émise sur les marchés financiers et des passifs nets au titre des régimes de retraite et des avantages sociaux futurs des employés des secteurs public et parapublic, de laquelle est soustrait le solde du Fonds des générations. Elle représentait 53,5 % du PIB au 31 mars 2002 et 55 % à la même date en 2015. Elle semble donc aujourd’hui avoir un peu diminué d’importance. C’est cependant récent et attribuable à une croissance économique forte plutôt qu’à une diminution des besoins d’emprunt du Québec. En effet, le Québec est engagé dans dynamique de dépenses d’investissement annuelles, donc d’emprunts, d’environ 10 milliards de dollars pour les dix prochaines années (Plan québécois des infrastructures).

La Loi sur la réduction de la dette et instituant le Fonds des générations stipule qu’à l’horizon 2025-2026, la dette brute ne pourra excéder 45 % du PIB. Il est clair qu’il ne s’agit là que d’un objectif dont la réalisation ne comporte aucune sanction. On mise sur une croissance économique supérieure à la croissance de la dette pour diminuer le poids de celle-ci. C’est un pari considérable sur l’avenir étant donné que toutes les études effectuées depuis une décennie, même celles du ministère des Finances, indiquent que la démographie va avoir un effet de ralentissement notable sur la croissance économique annuelle, la ramenant à moyen terme dans une fourchette de 1,4 % à 1,7 %. 

Le transfert de la dette dans le temps

En général, la dette publique ne s’éteint pas, elle se refinance. Nombreux sont les gouvernements qui, comme le Québec, ne font d’ailleurs que payer l’intérêt de leur dette ou qui réempruntent à hauteur des remboursements de capital qu’ils viennent d’effectuer. Si la capacité d’emprunt d’un État s’appuie sur la vigueur de son économie, elle repose également sur sa capacité d’engager les générations futures de citoyens et, en ce sens, elle n’a donc aucune limite dans le temps. 

Quand une dette est-elle excessive? Il n’y a pas de chiffre magique quant au ratio souhaitable de la dette par rapport au PIB, par exemple, même si certaines limites peuvent y être fixées. Le caractère supportable de la dette publique est lié à la capacité d’un gouvernement de maintenir le cap actuel de sa politique budgétaire : répondre aux exigences des créanciers et aux engagements des programmes en cours sans modification du régime fiscal en vigueur ni alourdissement du service de la dette. Le problème auquel nous sommes confrontés, c’est que le Québec est déjà fortement endetté et que les Québécois sont déjà très imposés. Tout nouveau déséquilibre majeur de la conjoncture économique risque de montrer que la marge de manœuvre du gouvernement est très réduite sinon insuffisante.

À quand une comptabilité générationnelle?

Ces considérations et questionnements ont mené plusieurs pays à développer des instruments permettant d’apprécier la portée intergénérationnelle de leurs engagements financiers. Connue sous le nom de comptabilité générationnelle, cette méthode vise à mesurer le déséquilibre potentiel entre les générations vivantes et celles à naître du point de vue fiscal. Autrement dit, le maintien indéfini des politiques fiscales et sociales actuelles conduirait-il à un paiement net (taxes et impôts moins transferts reçus) des générations futures plus important que celui des générations actuelles?

La comptabilité générationnelle n’est pas à proprement parler une façon de présenter les données budgétaires qui pourrait servir de substitut aux méthodes traditionnelles. Elle apparaît davantage comme un instrument de prévision complémentaire et, à ce titre, fournit un éclairage additionnel aux décideurs publics lorsque vient le temps d’apprécier les retombées futures de leurs actions. La préoccupation de maintenir un équilibre entre les générations dans la mise en œuvre d’un développement durable, qui est à l’origine de sa conception et de son utilisation, doit interpeller le gouvernement du Québec alors que la dette augmente et que la soutenabilité des finances publiques reste à démontrer. Pour fixer une limite contraignante à l’évolution de la dette publique, encore faut-il être en mesure d’apprécier la situation dans laquelle seront les générations futures de contribuables.

Pierre Cliche, Ex-secrétaire associé du Conseil du trésor et professeur associé à l’ENAP