Selon René Coignaud, «en devenant Action Gatineau, Projet Gatineau a décidé d’utiliser la division et les règles de financement indument avantageuses accordées aux partis à son avantage plutôt que de rassembler».

Zéro parti plutôt que deux

OPINION / Tout le monde, à commencer par Action Gatineau, semble oublier que le parti politique municipal est né de Projet Gatineau. Ce mouvement citoyen remplissait les fonctions d’idéation et de débats. Sans la partisanerie qui rebute profondément les Gatinois. Malgré que les idées demeurent, le parti sert d’abord et avant tout à faire élire ses candidats: le moyen est devenu la fin. Il offre un cocon d’appui à ses élus qui compteront toujours sur des cheerleaders pour la seule raison qu’ils font partie de la bande, sans égard à leur performance. Ça n’incite pas à l’excellence.

La logique la plus élémentaire veut que les élus d’Action Gatineau auraient les mêmes idées s’ils étaient candidats indépendants et qu’ils pourraient travailler ensemble de la même manière au conseil. La preuve en est que certains indépendants travaillent généralement en collaboration avec le maire et ont un apport précieux au conseil. Paradoxalement, pour Action Gatineau, porter les couleurs du parti prime sur les idées et les aptitudes. À titre d’exemple, seule la partisanerie la plus étroite justifiait de vouloir priver le conseil des contributions de MM. Daniel Champagne et Gilles Carpentier pour un deuxième mandat à la faveur de candidatures faibles.

Ainsi, Action Gatineau est la pire nuisance aux idées d’Action Gatineau.

Premièrement, les Gatinois, à juste titre rebutés par la partisanerie, rejettent des candidatures du parti qui leurs plairaient si elles étaient indépendantes. Résultat: moins d’élus en faveur des idées d’Action Gatineau.

Deuxièmement, personne n’incite les indépendants à se prononcer et sur les idées de la plateforme d’Action Gatineau. Résultat: aucune possibilité de demander des comptes par la suite et ultimement moins d’appuis pour les idées d’Action Gatineau.

Troisièmement, en garantissant aux autres élus qu’ils seront combattus sans égard à leur performance et à leur collaboration, Action Gatineau nourrit artificiellement la division. Esssayez donc pour voir de dire à un collègue au travail de vous aider pour un projet tout en l’assurant de votre détermination à lui faire perdre son emploi! C’est un puissant frein à l’avancement de leurs idées.

Action Gatineau se vante d’être une équipe. En 2013 comme en 2017, les Gatinois leurs ont rappelé, en votant pour seulement 4 et 5 membres, que la seule équipe doit être les 19 membres du conseil, sur un pied d’égalité, en collégialité. En devenant Action Gatineau, Projet Gatineau a décidé d’utiliser la division et les règles de financement indument avantageuses accordées aux partis à son avantage plutôt que de rassembler. Cette stratégie cynique menace de mener à la création d’un second parti beaucoup moins porté sur les idées que le ressentiment et l’opportunisme le plus désolant. Par nécessité et à contre coeur, Action Gatineau a dû faire preuve d’ouverture envers les indépendants, au plus grand bénéfice des Gatinois. Avant de provoquer l’élection de réactionnaires, Action Gatineau doit redevenir Projet Gatineau.

L'auteur est René Coignaud, candidat indépendant dans Hull-Wright en 2017.