L'Université du Québec en Outaouais

Violences sexuelles à l’UQO: rectifions les faits

OPINION / Il est important de corriger certains faits concernant le fonctionnement du comité consultatif Pour une université sans violence sexuelle de l’Université du Québec en Outaouais.

Ce comité a été créé dans le cadre d’un projet du Plan stratégique de l’UQO 2016-2020. Le projet a été déposé en février 2016, soit bien avant la controverse à propos d’une activité étudiante survenue en septembre 2016. La composition du comité se veut à l’image de la diversité de la communauté universitaire par la présence d’étudiantes, de professeures, de personnes chargées de cours, de représentants des divers corps d’employés ainsi que de représentants des comités de la condition féminine de différents syndicats. La sélection des membres a été faite par appel de candidatures, selon les règles en vigueur à l’UQO, et au total, 26 personnes étaient invitées à participer aux travaux du comité.

Malgré le retrait de certains membres, le comité a tenu sa neuvième rencontre le 13 décembre 2017 avec un ordre du jour bien chargé, dont la programmation des activités pour le trimestre d’hiver 2018. Il s’agit là d’activités concrètes contribuant au développement d’un campus universitaire sans violence sexuelle. 

Il faut préciser que le comité et ses groupes de travail comptent toujours des membres issus du corps professoral, des employés et des étudiants. Les membres présents à cette rencontre ont réitéré leur appui aux travaux du comité et ont insisté sur le fait qu’ils ne partagent pas les reproches formulés par les membres démissionnaires.

L’espace protégé

Depuis sa création, les membres du comité ont convenu de se doter d’un « espace protégé » pour formuler ses avis de sorte que les propos et les points de vue demeureraient confidentiels. Cette façon de faire permet à toutes et à tous d’échanger et de partager librement sur un sujet hautement sensible. De plus, plusieurs membres ont indiqué dès le départ vouloir que leur nom soit tenu confidentiel afin d’éviter d’être interpellés personnellement.

Bien que les membres soient assurés de la confidentialité de leurs propos et points de vue, les recommandations adoptées par le comité sont ensuite rendues publiques. Plusieurs stratégies de communication ont d’ailleurs été mises de l’avant. La confidentialité ne porte donc que sur les points de vue exprimés individuellement ; les représentants syndicaux peuvent à leur gré faire état de ces recommandations à leurs membres.

La beauté d’un groupe comme celui-ci est qu’il permet « d’entendre » la communauté dans toute sa diversité. Ce comité en est un de concertation, au sens noble du terme. Il peut donc s’avérer que ce dernier n’adopte pas intégralement une proposition d’une des parties prenantes. En effet, l’ensemble des propositions soumises sont enrichies et modulées par la rétroaction des membres du comité. C’est la raison d’être de ce projet !

L’UQO est engagée dans la lutte contre les violences sexuelles. L’angle retenu dès le départ par l’institution et présenté à la communauté universitaire est de favoriser le développement d’une culture du respect. Il ne faut pas confondre les enjeux de certains groupes d’intérêts qui y sont présents avec l’objectif ultime du comité qui est de mettre fin aux violences sexuelles sur nos campus.

Ce projet doit ressembler et rassembler les membres de la communauté universitaire de l’UQO dans toute sa diversité et placer la « personne victime de violence à caractère sexuel » au cœur de la réussite du projet.


Sylvie de Grosbois,

Vice-rectrice à l’enseignement et à la recherche, et présidente du comité consultatif Pour une université sans violence sexuelle de l'Université du Québec en Outaouais