L'étude menée à Chelsea nous laisse croire que la création d'un sentier communautaire sur l'ancien chemin de fer aurait des répercussions positives sur la production de GES et sur la santé, le mieux-être et la sécurité de la communauté.

Vers les transports verts de demain

La transition énergétique est à nos portes et nous nous devons de saisir les occasions pour assurer cette transition et diminuer notre dépendance aux énergies fossiles, et plus spécifiquement à la voiture.
C'est dans cette perspective que le Conseil régional de l'environnement et du développement durable de l'Outaouais (CREDDO) a offert d'accompagner la municipalité de Chelsea pour évaluer la volonté de ses résidents à obtenir d'avantages d'infrastructures pour le transport actif, c'est-à-dire pour des déplacements à pied, en vélo, en ski de fond ou autres. Cette démarche visait à démontrer l'impact de ce type d'infrastructure sur la production de gaz à effet de serre (GES), l'adhésion de la population au transport actif et les freins à une telle transition.
L'étude menée à Chelsea nous laisse croire que la création d'un sentier communautaire sur l'ancien chemin de fer aurait des répercussions positives sur la production de GES et sur la santé, le mieux-être et la sécurité de la communauté.
Il en est ressorti que le manque d'infrastructures sécuritaires est le plus grand frein au transport actif à Chelsea, un nouveau sentier faciliterait donc ces déplacements. La ville de Séville en Espagne est un excellent exemple de l'effet positif que peut avoir une infrastructure appropriée sur le transport actif. Entre 2000 et 2015, son taux de déplacement actif est passé de 0,5 à 7,8 % suite à la construction de pistes cyclables physiquement séparées du réseau routier offrant ainsi un lieu sécuritaire pour ses résidents. Développer de tels aménagements est aujourd'hui une nécessité si on veut faciliter le transport actif des travailleurs et des touristes.
Selon le rapport d'inventaire de GES de la municipalité de Chelsea de 2010, la part d'émissions associée au transport routier pour sa population est 37 269 tonnes de CO2 par année. Notre étude démontre que le sentier communautaire permettrait d'éviter le relâchement de près de 1 700 tonnes de CO2 par saison estivale.
Une transition énergétique est inévitable si le Canada et le Québec désirent respecter leurs engagements pris lors de la COP21 à Paris. Dans cette optique, la municipalité de Chelsea, tout comme l'ensemble des acteurs de la région, se doit de trouver des solutions et des alternatives pour réduire la dépendance à la voiture solo.
Créer un sentier pour le transport actif sur l'ancienne voie ferrée à Chelsea est certes une façon concrète de réduire notre dépendance aux hydrocarbures, mais est-ce LA solution pour contrer le problème de la voiture solo ? Certainement pas ! Il faut réformer notre pensée pour assurer une transition vers les modes de transports « verts » de demain et ce, à l'ensemble de la région et de la province.
En parlant de mode de transport vert, avez-vous déjà entendu parler des vélos électriques ? Imaginez-vous montant la côte d'un mille sur la route 105 à 30 km/h, les cheveux dans le vent, et n'avoir à mettre qu'un minimum d'effort ! En tant que résident de Chelsea, il est certain que je considérerai cette option comme alternative à notre deuxième voiture.
Benoît Delage, directeur du Conseil régional de l'environnement et du développement durable de l'Outaouais (CREDDO)