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Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a annoncé plus tôt dans la semaine que les organismes communautaires allaient participer à l'effort de vaccination.
Le ministre de la Santé, Christian Dubé, a annoncé plus tôt dans la semaine que les organismes communautaires allaient participer à l'effort de vaccination.

Vaccination: l’État compte encore sur le travail des groupes communautaires sans leur en donner les moyens

Marie-Andrée Painchaud
Marie-Andrée Painchaud
Coordonnatrice au Regroupement intersectoriel des organismes communautaires de Montréal
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POINT DE VUE / Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Christian Dubé, a affirmé que les groupes communautaires allaient participer à l’effort de vaccination. Avant de faire cette affirmation, a-t-il seulement vérifié si nous disposions des ressources humaines, matérielles, logistiques, informationnelles et financières suffisantes? La réponse est tout simplement non, encore une fois.

Le gouvernement se gargarise de pouvoir compter sur nous, alors que 60 des 70 millions$ d’aide financière pour les groupes en santé et services sociaux, annoncés en août 2020, dorment toujours dans les coffres de Québec. Rien ne nous indique que Québec compte attribuer ces sommes, malgré l’ampleur des besoins exprimés.

Le RIOCM et les regroupements sectoriels montréalais en santé et services sociaux tentent depuis plusieurs semaines de coordonner le volet communautaire de la campagne massive de vaccination avec nos répondants montréalais (CIUSSS et DRSP), en vain. C’est pourtant à deux jours du lancement de la campagne que nous apprenons, à la télévision, que l’on compte sur nous. Le ministre affirmait également en janvier que les travailleurs et travailleuses du communautaire à risque seraient vaccinés en même temps que les travailleurs du réseau de la santé. On attend toujours le plan.

Malgré tout, nous répondrons «présent», parce que nous ne refuserons pas d’aider les personnes en situation de vulnérabilité qui nous solliciteront. Nous le ferons avec cœur, encore une fois, mais à la hauteur de nos moyens faméliques, malgré la fatigue accumulée et l’amertume grandissante envers cette machine politique et administrative aveugle et dysfonctionnelle qu’est devenu notre système public de santé et de services sociaux.