Theresa May, première ministre britannique

Une ultime chance pour les Britanniques

OPINION / Ce mardi 12 mars, les parlementaires britanniques auront une ultime occasion de décider s’ils approuvent le plan de retrait de l’Union européenne proposé par la première ministre Theresa May.

Le moment est dramatique à plusieurs égards: les pronostics des analystes donnent très peu de chance que le projet d’environ 500 pages, soit adopté, car il contiendrait bien peu d’améliorations par rapport au texte fortement rejeté le 15 février dernier.

Il ne restera que 17 jours avant le 29 mars, date fixée par les Britanniques eux-mêmes, dès le 29 mars 2017, pour le départ définitif de leur pays de l’Union européenne. En cas de rejet par les députés du plan proposé, il ne se présente que deux possibilités: une sortie de l’Union européenne sans aucun plan pour les relations futures avec le Continent ou la tenue d’un second référendum pour permettre aux Britanniques de se prononcer eux-mêmes, avec beaucoup plus d’information qu’avant, sur leur avenir au sein ou hors de l’Union européenne.

Mais pour cela il faudrait que les Européens acceptent de reporter de plusieurs mois cette date de sortie. Et sans doute que les Britanniques acceptent de ne pas présenter de candidats aux prochaines élections générales pour les 705 sièges au Parlement européens, les 23 et 26 mai prochains. Car les 73 sièges détenus jusqu’à maintenant par la Grande-Bretagne ont déjà été distribués aux 27 autres pays membres de l’Union européenne et font partie du prochain scrutin à la dimension du Continent.

Les observateurs des deux côtés de la Manche ne manquent pas de souligner l’importance des relations commerciales entre la Grande-Bretagne et l’Union européenne. En effet, les plus récentes données montrent que près de 56% des exportations Britanniques sont destinées aux marchés européens et que l’U E envoie environs 5 % des ses exportations vers la Grande Bretagne.

Un court rappel historique semble bien approprié à ce moment-ci.

Ce samedi 25 mars marquera le 62e anniversaire de la signature du Traité de Rome par les six pays qui formaient alors la Communauté économique européenne, et qui forment toujours le socle ferme de l’Union européenne : l’Allemagne, la France, l’Italie, la Belgique, les Pays-Bas et le Luxembourg. C’est en effet en 1957, quelques 10 années après que les efforts de reconstruction de l’Europe dévastée par la Seconde Guerre mondiale eurent été lancées et appuyées par le Plan Marshall qui injectait des milliards de dollars dans les économies les plus affectées. On en soulignera le 72e anniversaire en juin prochain.

Georges Paquet, Ottawa