La densification du centre-ville sera portée par le train léger.

Une Terre plus verte en 2019

OPINION / Pour ceux et celles qui sont témoins de l’actualité, on peut dire qu’en cette nouvelle année, le message sur la nécessité d’agir envers l’environnement est maintenant un incontournable au Québec. On le voit, à partir du moment où les citoyens prennent conscience de l’ampleur de l’enjeu des changements climatiques, de nombreuses questions surviennent et un désir de passer à l’action portent les gens. Le pacte, le mouvement zéro déchet et la décroissance économique sont des symptômes de ce changement profonds de mentalités. Poussés par un « positivisme éclairé », nous n’avons pas d’autres choix que d’agir maintenant.

Au-delà des quelques malheureux qui doutent de la véracité de la cause des changements climatiques, la plus grande difficulté vient de cette vague de conservatisme qui veut nous faire croire que le passé est toujours plus rassurant que le futur. Certains politiciens et chroniqueurs nous laissent croire que la protection de l’environnement va obligatoirement à l’encontre du développement de l’économie. Plus concrètement, ils vont nous faire croire que le droit de conduire un V8 est un droit divin et que la construction de nouveaux ponts réglera tous les problèmes de circulation.

Méfiez-vous de ces gens qui n’ont pas le courage de l’innovation.

Face à l’importance de porter des actions décisives pour l’avenir des prochaines générations, nous devons soutenir les investissements qui vont aider à structurer notre territoire à long terme. L’idée du train léger vers l’ouest de Gatineau est un bon exemple d’investissement souhaitable pour la région, même si l’arrivée du train signifie de retirer une voie de circulation aux automobiles.

Au cours de la prochaine année, avec l’arrivée du train léger à Ottawa, tous les doutes sur la pertinence de ce mode de transport se dissiperont lorsque nos collègues de bureau qui habitent en Ontario goûteront aux conforts de ce mode transport.

Au-delà du confort, c’est l’effet structurant du train léger qui assure le développement le centre-ville d’Ottawa qui sera intéressant. La densification du centre-ville sera portée par le train léger.

À Gatineau, soyons ambitieux, certes, il faut assurer le déploiement du train léger jusqu’à Aylmer, mais devrions-nous aussi parler du déploiement du train léger sur le tracé du Rapibus dans le secteur Gatineau.

Par contre, ce faisant, nous nous devons d’être conséquents et concentrer la future densification autour de ces deux axes de transport pour assurer la fréquentation du train léger. Pour ce faire, la Ville de Gatineau devrait être ingénieuse et orienter le marché de la construction avec les leviers économiques à sa disposition.

Dans le même ordre d’idée, il apparaît fondamental que la Ville de Gatineau ainsi que les différents acteurs publics et privés se positionnent politiquement en faveur de la bonification, du maintien des espaces verts. À titre d’exemple, la Fondation David Suzuki propose la mise en place d’une Politique du 1 % pour la protection des milieux naturels en ville qui s’inspire du principe de la Politique d’intégration des arts et de l’architecture. Calculée selon les dépenses en immobilisation publiques et privées actuelles, incluant les infrastructures routières, la Fondation David Suzuki estime que des investissements de l’ordre de 370 millions $ annuellement pourraient être effectués en faveur de la bonification de la nature en ville à l’échelle du Québec.

Ainsi, une telle politique permettrait de renforcer les moyens de financement disponibles liés au verdissement et la protection des milieux naturels en ville et orienter le marché de la construction autour de l’axe futur du train léger de Gatineau.

L'auteur, Benoît Delage, est directeur du Conseil régional de l’environnement et du développement durable de l’Outaouais.